Bib. Nat., ms. fr. 21 996, 1° 7G
3. Moland, 1, 200. Cette lettre n'est assurément pas à sa place dans l'édition , Moland, mais il est difficile de la dater avec précision.
3oO APPENDICE IX.
de i7'25 : il n'y eut réimpression que pour /j6 pages sur (p ^
Mais plus qu Œdipe, plus que Mariamnc, la Hcnriade tient à cœur à Voltaire. Au théâtre il a des rivaux comme Crébillon, qu'on ose lui comparer; et de toute façon il n'est là que le disciple respectueux de Racine et de Corneille. Mais il est sans conteste le grand poète épique de la France. On le croit du moins un peu partout en Eui'ope, et lui le croit plus que personne; On conçoit donc l'irritation de ce successeur de Virgile dont les compatriotes ignorent Y Enéide. Ce n'est pas leur faute, ni celle de Voltaire. Mais le fait est que la Henriade est introuvable en France. La belle édition de Londres est entre les mains de la noblesse d'Angleterre : on a bien tenté d'en faire entrer quelques exemplaires en France, mais ils ont été impitoyablement saisis à Calais-. De temps à autre quelques exemplaires des éditions in-8° et in-i'^ de Londres et de Hollande pénètrent en contrebande : mais le gouvernement perquisitionne et confisque. Un Français de i '-/ic^ qui veut lire la Henriade doit premièrement passer la frontière.
On se rappelle que Voltaire vers la fin de son séjour en Angleteri'c était décidé à remédier à cette absurde situation ^ par un coup hardi. Il s'agissait d'imprimer la Henriade en secret dans quelque coin de Normandie et de faire ensuite entrer l'édition à Paris au petit bonheur. Nous savons qu'une fois débarqué en Finance il mit de l'eau dans son vin, et travailla à autre chose. Mais, rentré dans Paris, il l'cvient obstinément à son idée d'imprimer son poème. Seulement il cherche à mettre des atouts dans son jeu. De privilège ou de permission simple, il n'en faut pas espérer. Le gouvernement, en eût-il l'envie, ne peut se déjuger ainsi.