Bengesco, Bibliogr., t. I, p. 7, n
2. Vers 1.1 fin de 1728. Cf. 1. 288 à Moncrif, datée à tort janvier 1782 : elle est de janvier 1731.
3. Il y avait contribué lui-même par ses lettres au garde des sceaux et au lieutenant de police : mais ces démarches lui étaient presque imposées par les circonstances.
LA HENRIADE. 3oi
Mais peut-être pouvait-on amener les autorités à fermer les yeux, à faire semblant de ne rien voir. On imprimerait à Paris, mais on daterait de Londres : cela ressemblerait à une édition étrangère introduite par surprise. La responsabilité du gouvernement ne serait aucunement engagée. Nous ne savons quels ressorts Voltaire fit mouvoir, mais il obtint ce qu'il voulait. La Henriadc fut imprimée à Paris dans la seconde moitié de i^So et parut vers novembre ^ chez « Hiérôme Bold Truth, à la Vérité, Londres ». Le 3 février 1731 Voltaire écrivait à Gideville : « Cette nouvelle édition du poème de la Henriade a été faite à Paris par la permission tacite de M. de Chauvelin, le maître des requêtes, et de M. Hérault, sans que INI. le garde des sceaux en sache encore le moindre mot-. » C'est donc plutôt le maître des requêtes que le garde des sceaux qui envoya à l'abbé Bignon, bibliothécaiz^e du roi, le billet suivant ^ :
Monsieur, il n'y a point eu de permission tacite pour la Henriade', mais, comme je sçay que l'auteur en a beaucoup d'exemplaires, je ne manqueray pas de luy faire dire de vous en porter et de remplir d'ailleurs mes engagements avec vous dans toutes les occasions.
Je suis, avec bien du respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,
Ce mercredy matin.
Chauvelin.
Chauvelin, le maître des requêtes, régissait la librairie par délégation du garde des sceaux, un autre Chauvelin. Et il est facile de voir pourquoi l'abbé Bignon s'était adressé à lui. Chaque fois qu'on accorde au sceau un privilège ou une permission simple, la Bibliothèque du roi