XXIV INTRODUCTION
lille. 11 y avait un autre dépôt d'archives de la Maison du Roi, au Louvre même ', et ce n'est, paraît-il, qu'en 1795 et 1796 que les pièces qu'il contenait furent dispersées; tt partie, nous dit-on, fut envoyée aux Archives Nationales, partie alla prendre place dans des colleciions particulières - ». Il n'est pas impossible que nos lettres aient dormi tranquillement au Louvre jusqu'en 179J et 1796. Il est seulement assuré que Ift lettre 7 était à Saint-Louis la Culture puisque Carra l'y a vue et en a publié le commencement, et que par conséquent elle venait de la Bastille. Quant aux 16 autres pièces, on peut ou bien admettre que provenant de la Bastille elles eurent un sort analogue, avec ou sans étape à Saint-Louis la Culture, ou que appartenant au Dépôt du Louvre elles n'en sortirent que six ou sept ans après. Dans les deux derniers cas, ce n'est que plus tard qu'elles auraient été réunies à nouveau ou jointes pour la première fois à la lettre 7.
Peut-on découvrir quelques traces de nos documents entre 1 789 et 1862? Il faut écarter un indice q^ii au premieiabord semble sérieux. En 1829 paraissent les trois volumes de V Histoire de la détention des philosophes et des gens de lettres à la Bastille et à Vincennes, et à la page J » du tome II nous pouvons lire les mêmes phrases de la lettre 7 qu'avait déjà publiées Carra. Dans la préface de ce tome II, l'auteur, J. Delort, nous explique d'où il a tiré les documents qu'il cite, en partie inédits : « Le hasard m'a fait déterrer chez un épicier et dans nos dépôts littéraires beaucoup de documents authentiques... On sait... qu'à la prise de la Bastille, les papiers conservés dans cette forteresse depuis des siècles, furent en partie livrés aux flammes, en partie enlevés par des bourgeois et des artisans de toute espèce ^... » Les gens savent du reste fort
I. Il y en avait mùme un troisième, établi d'abord aux Prémontrés, puis aux Grands-Augustins. De Boislislc, Correspondance des conlrulears genrraux des finances, 187^, t. I, p. ix, n. 2.