MANUSCRITS ORIGINAUX. XXVII
existaient déjà quand Carra a lu notre lettre pour en publier le début. C'est le texte de la Rei'iie Rétrospective qu'on retrouvera chez Desnoiresterres ' qui Ta préféré à celui de Beuchol comme plus complet, et chez Moland qui Ta imité sur ce point. De ce côté donc rien qui nous ait ouvert le moindre jour sur l'histoire de nos lettres depuis 1789.
Voici peut-être une indication qui nous mènera plus loin. Un cei'tain nombre de nos lettres — exactement 10 — portent en haut, à travers Fen-tête. la mention suivante, écrite au crayon : Académie française. Quest-ce que cela signifie? M. INIario Roques me donne, je crois, le mot de l'énigme. Ces lettres ont dû faire partie d'une collection où les autographes étaient disposés suivant la qualité ou la fonction de leurs auteurs. En ce cas on aurait rassemblé quelques lettres originales de membres de l'Académie française. Il est à noter que l'unique lettre de Diderot qui se trouve dans le manuscrit 3i porte en tête et au crayon la même mention -, et la coïncidence devient plus curieuse encore quand on remarque que cette lettre de Diderot est adressée au Secrétaire de la I^Iaison du Roi. II semble qu'un marchand d'autographes se soit procuré d'une façon ou de l'autre une liasse de documents ayant appartenu aux
moitié du siècle. Florimond était employé de la Maison de Louis XV et non de Louis XVI, comme le dit la Revue Rétrospective. Sur la liste des gardes et commis des Archives de la Bastille de 1716 à 1789 donnée par JI. Funck-Brentano, Catal. des Mss. de VArsenal, t. IX, p. XII, de Florimond Tient le deuxième des cinq « commis >> et le troisième des quatre « gardes ». Il dut donc débuter de très bonne heure dans le siècle. M. Franklin, Les anciennes bibliothèques de Paris, t. II, p. 3oi, nous dit d'autre part ; « Nous voyons par une note du major Chevalier... qu'il y avait aux Petits-Pères un dépôt de papiers de la maison du roi. Ce dépôt eut pour archiviste un nommé de Florimond, qui fut également archiviste de la Bastille et secrétaire de la lieutenance de police. A Florimond succéda un nommé Charlier. Le dépôt datait de 1710. » Enfin il y a àlaBib. Nat. (fr. laâai) un recueil d'extraits de pièces officielles dont quelques-uns ont été pris par Florimond; or tout semble se rapporter à une date antérieure au milieu de 1725.