‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 26 sur 162 · MANUSCRITS ORIGINAUX. XXXI · texte numérisé non relu

MANUSCRITS ORIGINAUX. XXXI

devaient être mises au jour public de l'impression, elles feraient peut-être les délices particulières d'un ami de ce grand écrivain, ou du curieux entre les mains duquel elles pourront tomber manuscrites. Ce seul motif nous a engagés à les conserver précieusement*. » Sdyons très reconnaissants à Ruault de nous avoir conservé ces vieux papiers que ses chefs avaient sans hésiter condamnés au feu. On aura remarqué au passage un mot un peu dédaigneux à l'adresse de Beaumarchais, qui pourtant consacra à cette magnifique édition une partie de sa fortune et plusieurs années d'un prodigieux labeur. De Cayrol et le catalogue de la Nationale qualifient Ruault de secrétaire de Condorcet. La vérité c'est qu'il était au service de Beaumarchais — tout comme Condorcet — et qu'il resta chargé « des affaires relatives au débit des Œuvres de Voltaire » jusqu'en mai 1790. A cette date il se retira et fut remplacé par Gudin. Le 26 juillet suivant, Beaumarchais écrit : « M. Ruault ... a pris un parti plus avantageux que celui de régir ma librairie- ». Il semble qu'il y ait eu une pique entre les deux. On notera que le recueil est daté de 1 790 et a été constitué probablement tout aussitôt après la reti^aite de Ruault. Ruault était libraire de son métier, et il est possible qu'il ait bientôt trouvé acquéreur pour sa précieuse collection. En tout cas Auger la connut, car un gi'and nombre des inédits du Supplément de 1808 en vient directement. C'est en 1841 que de Cayrol s'en rendit possesseur; le 12 juin de cette année Dubois lui écrit : « Que je vous félicite de votre trésor. Ruault I Quelle mine opulente I Déjà 690 lettres inédites de Voltaire^! » Voilà bien les amateurs ou les « curieux « que rêvait Ruault en 1790. Naturellement dans la publication de 1857 que nous avons déjà mentionnée, de Cayrol mit largement à profit le recueil Ruault. Nous ne savons s'il y reste des lettres inédites. Nous n'en avons

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