‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 33 sur 162 · MANUSCRITS ORIGINAUX. XXXVII · texte numérisé non relu

MANUSCRITS ORIGINAUX. XXXVII

mais il n'a pas Fair de soupçonner que c'est VAthenseum lui-mùme qui, grâce à M. Sieveking, en avait dès 1892 offert la primeur à ses lecteurs.

Les quelques détails que M. Hetlier avait donnés sur le manuscrit piquèrent vivement ma curiosité. Il y était question de corrections, qui semblaient être de la main de Voltaire. INIais dans la lettre, telle quelle était publiée, je ne ti'ouvais pas trace de ces corrections. On suggérait en outre que notre fragment pourrait bien n'être que le brouillon de la lettre qui fut envo3'ée à Thieriot : « Il est extrêmement probable que ce document n'est jamais sorti d'Angleterre ». ^lais Voltaire avait-il donc besoin de faire un brouillon pour écrire au plus intime de ses amis? Il y avait là un petit mystère que je cherchai à éclaircir. Un point me paraissait assuré. Le fragment Sieveking était bien le manuscrit dont Warburton avait en lySi extrait deux citations : seulement, au cours des années, il s'était allégé du premier feuillet. D'autre part il ne semblait pas douteux que Warburton, le confident littéraire de Pope et l'éditeur de ses œuvres, ne tint notre lettre, comme bien d'autres papiers, de Pope lui-même. Pourquoi Pope avait-il entre les mains une lettre de Voltaire à Thieriot? Sans doute pai'ce que l'auteur de Y Essai sur la critique y était magnifiquement loué. De qui Pope tenait-il la lettre? C'est là que commençait la difficulté. Une explication se présenta à moi qu'il est inutile de mentionner ici, car ce n'était pas la bonne. On trouvera, si on le désire, mes doutes et mes conjectures dans un article de la Revue d'Histoire Littéraire de la France '.

Plus tard j'eus connaissance de l'article de VAthenpeum-. J'y retrouvai sur le manuscrit identiquement les indications données par M. Hettier, avec cette différence quil s'agissait cette fois de « nombreuses corrections » et qu'on avançait que ces confections pourraient bien ne pas

2. Par une mention de M. Lanson, dans son édition des Lettres philosophiques, t. II, p. 2O8.

Page 1