MANUSCRITS ORIGINAUX. XXXIX
bury va nous mettre sur la voie. Atterbury, évêque de Rochester, était exilé de son pays depuis 1723 et, avant d'être mis à la Bastille, Voltaire l'avait connu à Paris. L'exilé entretenait une correspondance suivie avec son gendre, Morice. qui était resté en Angleterre avec la fille d'Atterbury. Or voici ce que le gendre écrit au beau-père à la date du 5 mars 1727 : « Le monsieur par qui vous m'avez envoyé votre anneau me l'a remis ainsi que les lettres que vous m'avez adressées. L'une d'elles contenant des extraits d'une lettre de Voltaire a été montrée (je veux dire les extraits) à notre ami de Tv^^ickenham qui naturellement en a été charmé, comme il l'a été de la façon dont on les lui a fait tenir. Il est autant que jamais votre humble serviteur et parle sans cesse de vous en termes de la plus grande amitié et de la plus haute estime ^. » Notre ami de Twickenham n'est autre que Pope qui en effet connaissait très bien Atterbury. Une lettre de Voltaire qu'on prend soin de lui faire lire et dont il se montre charmé a chance de contenir quelque chose de flatteur pour lui. Si c'était notre lettre 29 -? Mais dans ce cas comment était-elle arrivée à Atterbury? Connaissait-il donc Thieriot? Sans
1, The Miscellaneous Works of Bishop Atterbury, t. V, Londres, 1790, p. 90 : « The gentleman by Avhom you sent over your ring delivered that and your letters to me. One of them, containing extracts of a letter of Voltaire's lias (I mean the extracts) been sbown to our Twickenhani friend, wbo could not but be pleased with them, as he was at the manner of their being sent. He is- as much your humble servant as cTcr and constantly speaks of you in terms of the greatest friendship and regard. »
2. Il est facile, en rapprochant les indications que nous donne Voltaire lui-même, d'énumérer les lettres qu'au 5 mars [probablement ; 16 mars n. s.] 1727 il avait déjà envoyées à Thieriot. Les voici toutes : 1 . 5 mai 1726, 1. 19. — 2. 12 août, 1. 26, — 3. iB-aG oct., 1. 29. — h. Lettre contenue dans un paquet renfermant les deux volumes de Gulliver. — 5. Note annonçant ce paquet, envoyée en même temps par la poste, vers le i3 nov. 172G (cf. Appendice X, p. 812). — G. 2-i3 février 1727, 1. 82. Nous avons encore, comme on voit, I, 2, 3 et 6. Il nous m^anque donc 4 et 5, c'est-à-dire un court billet sans importance et une lettre où il était surtout question de Swift. Pope pouvait y être mentionné, mais il est douteux que Voltaire ait trouvé si tôt à ajouter aux effusions de sa lettre du 16-26 octobre, qui reste donc seule à considérer.