‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 5 sur 162 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

ques paragraphes courts et pressants, Tanecclote se teinte d'ironie, les impressions rapides, les souvenirs d'un moment s'ordonnent pour présenter toujours à la France monarchique et catholique de 1733 quelque nouvel aspect de ce même tableau malicieux d'une « nation de philosophes ».

II ne faut pas chercher dans la correspondance que nous éditons le grand intérêt des Lettres Philosophie] ues. Voltaire sera déjà tout Voltaire dans le volume de 1734. Ici il n'est encore bien souvent que l'auteur de la Henriade. Mais c'est que pour le moment il n'a pas de plus beau titre de gloire, et il n'en est pas médiocrement fier. Donner du merveilleux poème une édition digne de lui, voilà sa grande affaire à Londres, et ses lettres nous le laissent voir de reste. En homme pratique il savait mettre à profit son exil. Quand il eut publié son livre, il songea à rentrer en France. Il y rapportait bien d'autres choses qu'un poème épique, mais à lire ses lettres on ne s'en douterait pas toujours. Pour quelques-unes cela sexplique sans peine. S'il écrit à Mlle Bessières qui lui avait vraisemblablement appris la mort de sa sœur, c'est pour lui dire sa tristesse de cette mort, et sous la politesse courtoise de la phrase on sent l'émotion : sa sécheresse se mouille ici d'une larme sincère ^ Mme de Dernières recevra une très fine et charmante lettre, où les reproches se mêlent aux compliments de façon bien délicate -. Mais tout ceci nous reporte vers le passé. Nous avons bien quelques lettres adressées à des Anglais : mais elles sont courtes. Devant Lord Oxford Voltaire s'incline avec une gracieuse l'évérence d'ancien régime^. A Pope^, à Swift ^, il écrit en homme qui sait le rang qu'ils tiennent dans la littérature de leur pays, mais il n'est lui-même ici qu'un homme de lettres. Dans la

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