‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 60 sur 162 · TEXTE. LXIII · texte numérisé non relu

TEXTE. LXIII

leui's richesses. Les papiers Thieriot nont pas disparu pour toujours. On sait où se trouve une partie des matériaux qui ont servi à publier Tédition de Kelil. Les originaux qu'ont utilisés Bavoux et François n'ont sans doute pas été détruits. D'ores et déjà un éditeur qui entreprendrait de publier la Correspondance complète de ^'oltaire serait assuré de retrouver 75 pour 100 des originaux. Si Ton veut toute notre pensée, nous ne croyons pas qu'aucune des lettres qui ont été imprimées depuis la mort de Voltaire soit perdue sans retour. Il ne s'agirait que d'explorer méthodiquement et complètement les grandes bibliothèques de France et de l'étranger et de faire appel à tous les particuliers qui, pour une raison ou pour l'autre, ont dans leurs collections ou dans leurs papiers de famille des lettres de Voltaire. Si on leur montrait l'intérêt de cette édition, et la nécessité de la fonder sur les originaux, il s'en trouverait bien peu, croyons-nous, pour ne pas contribuer à cette grande œuvre qui ne peut réussir qu'avec leur collaboration.

Que du reste il y ait profit à vouloir ainsi remonter aux sources, au lieu de s'en tenir au texte traditionnel, c'est ce qui n'est pas douteux. A supposer même un instant que tous les manuscrits originaux soient perdus, il vaudrait encore la peine de s'enquérir des premières éditions pour y découvrir un texte plus pur. Il ne semble pas qu'aucun éditeur des lettres de Voltaire s'en. soit avisé encore. Ils se sont tous copiés les uns les autres, de génération en génération, avec une conscience tranquille. Il n'est donc pas étonnant que le texte ait été en se détériorant : chaque édition ajoute son contingent de fautes au stock de la précédente : une bévue une fois introduite dans une page n'en sort plus '. Naturellement nous ne prétendons pas que le texte de Voltaire ait pris ainsi une physionomie nouvelle : il y aurait là une singulière exagération. Mais il est certain que bien des nuances de sens ou simplement de syntaxe

i. Voii> à ce sujet les articles de M. Charrot, Revue d'Hist. Litt. de la France, 1912, p. 170-200 et CSS-ga.

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