‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 62 sur 162 · TEXTE. LXV · texte numérisé non relu

TEXTE. LXV

trois phrases qui s'en vont. Voici qui est plus grave. Moland termine la lettre 169 par la phrase : « Adieu, mon cher Thieriot, je vous embrasse mille l'ois. » Mais consultez le Recueil de 1808 et vous y verrez que Voltaire se ravisant avait ajouté sept lignes de plus : « My duties to the ladies of your house, if they hâve not quite forgot me. I am myghtily glad for your improvement in english. I hope you won't take hereafter the Râpe of the Lock pour une serrure. But reraember that there is no other way to get the true english pronunciation than to come in to England. Farewell, 2 february, 0. S. 1727. » Pourquoi cet amusant post-scriptum est-il tombé? Mystère. Desoer l'a encore reproduit, mais plus personne après lui.

Pourtant, si les premières impressions peuvent ainsi nous aider à corriger le texte reçu, il va de soi que les originaux nous rendront de tout autres services. Tout d'abord ils nous donneront, sans conteste possible, l'orthographe de Voltaire. Fidèles à une tradition dès longtemps établie, les éditeurs ont en général modifié cette orthographe pour la rendre conforme à celle qui avait cours de leur temps. Nous ne prétendons pas que cette pratique n'ait en bien des cas sa raison d'être. Mais elle fait certainement disparaître des lettres de Voltaire un trait qui en complète la physionomie. Et elle expose à des méprises. On serait moins disposé par exemple à voir dans encor pour encore dans les vers du xvii" et du xviii^ siècle une <;< licence poétique » si l'on observait que dans des lettres familières, écrites au courant de la plume. Voltaire orthographie régulièrement encor. Tout le monde sait que c'est Voltaire qui plus que personne a contribué à faire mettre d'accord l'orthographe avec la prononciation dans certains mots qui se terminaient autrefois en oi, ois, oit et qui s'écrivent aujourd'hui comme ils se prononcent par ai, ais, ait. Mais quand cette idée lui est-elle venue, voilà ce que les éditions de sa Correspondance ne nous apprennent pas. Il peut être intéressant de constater que de 1726 à 1729 il écrit toujours oi comme ses contemporains. En général, du reste, son orthographe n'est

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