‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 63 sur 162 · LXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVI INTRODUCTION

pas très éloignée de la nôlre. Ce qui Ton distingue le plus, c'est que les accents y sont beaucoup moins abondants qu'aujourd'hui : mais on pourra se convaincre que Voltaire accentue suivant des règles fort sensées

Si l'on ne s'est aucunement astreint à reproduire son orthographe, on a parfois pris la même liberté à l'égard de sa syntaxe. Nous en avons vu des exemples déjà : il est vrai que là on corrigeait des éditions précédentes qu'on pouvait croire fautives. Mais avec l'autographe sous les yeux on a plus d'une fois procédé avec la même désinvolture. J'ay reccu hier votre lettre du 26 Janvier, écrivait Voltaire à Thieriot, et ce passé indéfini accompagné d'un adverbe de temps aussi déterminé a offusqué quelque puriste : Voltaire imprimé a dû dire Je receus hier. C'est ainsi qu'un passage qui pourrait jeter quelque lumière sur l'histoire encore obscure du remplacement du passé défini par le passé indéfini est maquillé de façon à lui faire rendre un témoignage contraire à celui qu'il portait en soi. Ailleurs Voltaire avait écrit : Il n'y a que vous et Mr de Maisons dans le monde que Je veux qui voiez mes vers, et le passage est encore inédit, mais un éditeur l'avait déjà « corrigé » en vue de l'impression : il ny a que vous et Mr de Maisons dans le monde que Je veu.r pour confîdent[s] de mes vers, dit maintenant Voltaire'. Evidemment on n'a pas voulu le laisser parler ici comme au grand siècle. Mais si cette locution était du xviii" aussi bien que du xvii'^ siècle? Et comment y verrons-nous jamais clair, si nous supprimons ainsi ce qui gêne nos théories?

Parfois les éditeurs n'ont pas compris, et ont laissé bonnement de côté ce qui les embarrassait. Voltaire mentionne quelque part M. de brancas cereste. On n'a pas vu qu'il s'agissait du comte de Brancas-Cereste, et on s'est borné à imprimer M. de Brancas. C'est surtout l'anglais qui tout naturellement a intrigué les éditeurs. Voltaire avait écrit : « If you see Mr de Maisons, tell him I obey his

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