‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 79 sur 162 · Daus Racine, Mithridate dit à Monime · texte numérisé non relu

Daus Racine, Mithridate dit à Monime

N'était-il pas plus noble, et plus digne de vous, De joindre à ce devoir votre propre suffrage... Et de me rassurer, en flattant ma douleur, Contre la défiance attachée au Tnatheur"?

Mithridate, II, iv, 674-578.

2. Yoltaire est plein de réminiscences de Racine : il y a dans ce passage comme un écho lointain de quelques beaux vers d'Androniaque {lY, i, 1117-1121).

3. On est un peu surpris de cette restriction. Mais elle s'accorde assez bien avec le ton de la lettre, qui est d"une grande tristesse. Que s'est-il donc passé depuis le début de mai où Voltaire écrivait de Calais des lettres pleines de fermeté et de courage? Pourquoi cet abattement? On peut hasarder une explication. Depuis le départ de Voltaire il s'était produit en France un grand changement. Le duc de Bourbon avait dû quitter le pouvoir le 1 1 juin : Voltaire s'en fût facilement consolé. Mais cette retraite avait eu des conséquences

THIERIOT A VOLTAIUfJ".

i6 août 1726.

.... Ce scélérat d'abbé Desfontaines veut toujours me

(a) Voltaire à Thieriot, 2 janvier 1789, Mol, t. XXXV, p. 91, 1. ioo5. A partir de II a fait du temps je suis le texte légèrement différent donné par le Mcruolrc sur la satire à l'occasion d'un libelle de l'abbé Des fontaines, Moland, t. X.\1II, p. 63, n. 2, et le Mémoire du Sieur de Voltaire, Moland, ibid., p. 89.

plus fâcheuses pour lui. La retraite de Son Altesse Sérénissime avait compromis le crédit de la reine qui lui devait son mariage. Or Marie Leczinska sétait certainement plus intéressée à l'auteur de Mnriamne que son auguste époux. Chose plus grave, Mme de Prie, protectrice déclarée de Voltaire, avait perdu toute espèce de pouvoir ; elle aussi avait dû partir en exil. Enfin (( le second premier ministre » Pâris-Duverney, à qui Voltaire devait les fondements de sa fortune financière, avait dû le 12 juin donner sa démission de secrétaire des commandements de la Reine, et partir le i4 pour sa terre de Flèche en Barrois, en attendant quon le mît un peu plus tard à la Bastille. Voltaire en apprenant tous ces bouleversements dut faire d'amères réflexions : il était déjà assez dur dètre pour le moment en exil; mais l'avenir paraissait encore plus sombre que le présent. Il est probable qu'il quitta Paris bien plus découragé qu'il ne l'avait été trois mois auparavant quand on lui ouvrit les portes de la Bastille. Voir aussi p. 55. n. i.

I. Voici, croyons-nous, la plus ancienne lettre de Thieriot qui nous ait été conservée, et encore n'est-ce qu'un fragment. Les lettres de Thieriot à Voltaire, publiées par M. Caussy. Rev. d'IIist. Litt. de la France. 1908, appartiennent à une époque très postérieure. — La lettre 29, du 26 octobre 1726, est une réponse à notre lettre de Thieriot, et nous permet de deviner en partie ce qu'avait dit celui-ci. Il annonçait à Voltaire qu'il avait fait de grands progrès en anglais et lui demandait de lui indiquer des livres anglais qu'il pourrait traduire en français. Il l'engageait à ne pas écrire trop librement à l'abbé Desfontaines, homme peu sûr : c'est à cette partie de la lettre que se rattache notre fragment. Il lui rappelait quelque aventure romanesque de sa vie passée et le priait de lui envoyer les vers qu'il

brouiller avec vous'; il dit que vous ne lui avez jamais parlé de moi qu'en termes outrageants...

Il n'a que quatre cents livres de rente de chez lui; et il gagne par an plus de mille écus par ses infidélités et par ses bassesses. Il a fait du temps de Bicêtre un ouvrage contre vous intitulé V Apologie de M. de Voltaire que je l'ai forcé avec bien de la peine à jeter dans le feu. C'est lui qui a fait à Evreux une édition du poème delà Ligue'dans laquelle il a inséré des vers contre M. de la Motte —

avait composés à ce sujet : on sait que toute sa vie Thieriot apprit, récita et colporta des vers de Voltaire. Enfin il prévenait son ami quil était arrivé pour lui (probablement à la maison de la rue de Beaune) une lettre du marquis de Yillars et une autre venant de Turquie.

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