Les Anglais épellent ordinaii^ement /fa/'/ey
2. C'est ce que confirme Saint-Simon : (c Lui et son père [Harlay le premier président et son fils] s"étoient figurés être parents du comte d'Oxford parce qu'il sappeloit Hai'ley. Jamais race si glorieuse, et glorieuse en tous points, jamais tant de fausse humilité. » Ed. Boislisle, XIV, p. 878. L'éditeur ajoute en note : « Ces Harley, en effet, portaient les mêmes armes, et se disaient aussi originaires de Franche-Comté, comme ceux de Paris ».
3. Il s'agit d'Achille P'' de Harlay, iSSô-iôig, premier président du Parlement de Paris de i582 à 1616, qui après la journée des Barricades fut mis à la Bastille par les Ligueurs pour sa fidélité à la cause royale; libéré moyennant rançon, il s'empressa de rejoindre le parlement royaliste à Tours, où il servit la cause de Henri IV. Voltaire met en scène quelquesuns de ces événements dans les livres IV et V de la Henviade.
4. Achille III de Harlay, comte de Beaumonl et seigneur de Grosbois, premier président du Parlement de Paris le i3 novembre 1689, démissionnaire en 1707, mort le 28 juillet 17 12. Voltaire ne fait pas souvent allusion aux souvenirs de sa J)remière jeunesse : ce passage n'en est que plus
Iî6 CORRESPONDANCE DE VOLTAIRE.
tlie oracle and the first président of our Parliament, I should be wanling to my duty if I durst net trouble y' lordsbip about it and beg the favour of waiting upon you bcfore the book cornes out.
I expect to know when I may Avait upon y' lordsbip.
I am witb much respect, my Lord,
Y"^ Lordship's most humble, most obedient faithfuU servant,
Voltaire.
In Maiden lane,
at the white whigg,
Covent Garden,
intéressant. Il signifie simplement, croyons-nous, que la demeure du père Arouet était tout proche de l'hôtel de la Présidence (aujourd'hui Ilôlel de la Préfecture de Police). Il n"y avait en effet que la rue de Jérusalem à traverser. A côté de l'Hôtel de la Présidence, à droite en allant du côté du Quai des Orfèvres, se trouvait la maison où naquit Boileau. <( En face de cette maison — et par conséquent presque en face de l'Hôtel de la Présidence — et dans le corps de bâtiment qui avance en angle au point d'intersection des deux rues [Jérusalem et Nazareth] se trouvait un assez vaste appartement dont la pièce principale divisée en arcades était remarquable par un haut plafond à voussures. C'était la demeure des Trésoriers de la Cour des Comptes. C'est là aussi que logeait Messire François Arouet, nommé trésorier le lo septembre i696. » E. Labat, archiviste de la Préfecture de Police, Hôtel de la Présidence, actuellement Hôtel de la Préfecture de Police, Paris. 1844, p. 9,5. Le titulaire de l'office de « payeur des gages et receveur des épices » ne mourut qu'en 1701, mais dès 1696 en effet François Arouet était son commis ou représentant. J.-J. Guiffrey, Bullet. de la Soc. de Vllist. de Paris, 1876, p. 44- Voltaire se trompait donc de deux ans (et non pas de sept, comme on l'a dit) quand il écrivait le vers connu de son Epître à Boileau : Dans la cour du Palais je naquis ton yoisin. Mais il fut bien pendant dix ans le voisin de M. de Harlay, et il n'est pas impossible que l'enfant ait plus d'une fois rendu visite au Premier Président.
Milord,
Quoique je sois un voyageur inconnu à votre Seigneurie, le nom de Harlay est depuis des siècles si glorieux parmi nous autres Français, et la branche de votre maison établie en France est si fière de l'honneur d'être proche parente de la vôtre qu'il faut que vous me pardonniez la liberté que je prends de vous envoyer cette lettre.
J'ai écrit et imprimé ici un ouvrage intitulé la Henriade dans lequel un Harlay de votre maison joue le rôle le plus noble, et qui mérite d'être connu de vous.
Pour moi, comme j'ai été en quelque sorte élevé dans la maison de Achille de Harlay, de son vivant oracle et premier président de notre Parlement, je manquerais à mon devoir si je n'osais pas importuner votre Seigneurie de cet ouvrage et la prier de me permetti'e de me présenter chez vous avant la publication.
J'espère savoir quand il me sera permis de me présenter chez votre Seigneurie.
Je suis avec le plus grand respect, Milord,
De votre Seigneurie le très humble, très obéissant et fidèle serviteur,
Voltaire.
Maiden Lane, à la Perruque blanche, Covent Garden.
LETTRE hU.