‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 97 sur 162 · I. Wilhelmine Caroline (1083-1737), iille du margrave de · texte numérisé non relu

I. Wilhelmine Caroline (1083-1737), iille du margrave de

LETTRES. lig

by an English queen". He was assisted by that great Elizabeth'' who was in her âge the glory of her sex^ By Avhom can his memory be so well protected, as by her who resembles so much Elizabeth'' in her personal virtues ?

Your Majesty Avill find in this book, bold impartial truths, morality unstained' with superstition, a spirit of liberty, equally abhorrent of rebeUion and of tyranny, the rights of kings always asserted, and those of mankind never laid aside.

The same spirit in Avhich it is Avritten, gave me the confidence to ofFer it to the virtuous consort of

(a) Ballantyne, by queens of England.

(b) Bal., that famous Elizabeth.

(c) Bal., of her sex and the pattern of sovereigns.

(d) Bal., by her in whom Elizabeth revives.

(e) Bal., sustained, — ce qui est évidemment inadmissible. Peutêtre est-ce chez M. Ballantyne une faute d'impression.

Brandeuburg-Anspach, mariée en 1706 à George-Auguste, prince électoral de Hanovre. A l'avènement de George I", elle suivit son mari en Angleterre et devint princesse de Galles (1714)- En 1717 une rupture se produit entre le prince de Galles et le roi, qui n'avait pas beaucoup plus d'affection pour sa belle-fille que pour son fils : il lappelait cette diablesse madame la princesse. En 17 19 le prince et la princesse de Galles s'établirent à Richmond et y fondèrent une petite cour dissidente. Parmi les jeunes seigneurs qui y fréquentaient se trouvait le comte de Chesterfield, qui sut gagner à la Henriade la protection de î\Ime la Vv'mcesse [Miscellaneous Works of the Earl of Chesterfield... to which are prefixed Memoirs of his life, by M. Maty, 1777. t. I, p. 42) et souscrivit lui-même pour 18 exemplaires. En juin 1727 mourait George P'' : son fils George II lui succéda et la princesse de Galles devint la reine Cai'oline. Elle savait bien le français et se servait même de cette langue dans sa famille, car elle ne sut jamais très bien l'anglais. Elle s'intéressa vraiment à la littérature et aux sciences.

a king', who among so many crowned heads enjoys, almost alone, the inestimable lionour of ruling a free nation, a king who makcs his powcr consist in being beloved, and his glory in being just.

Our Descartes, who was the greatest philosopher in Europe, beforc Sir Isaac NeAvton appeared'\ dedicated his Principles lo tlie celebralcd princess Palatine Elizabeth, not, said he, because slie was a princess, for true johilosophers respect princes, and nevcr flatter them, but because of ail his readcrs she understood him the best, and loved truth the most'.

I beg leave, Madam, (without comparing my self to Descartes) to dedicate the Henriade to Your Majesty, upon the like account, not only as the protectress of ail arts and sciences, but as the best judge of them.

I am wilh that profound respect", which is due

(a) Bal., tliat sincère vénération.

1. George II (1683-1760), roi d'Angleterre depuis le 23 juin 1727. Il ne semble pas qu'il ait pris à Voltaire et à son poème autant d'intérêt que George I*'' ou la reine Caroline.

2. Voir un parallèle de Descartes et de Newton dans les Lettres Philusopliiques, t. II, p. i, et la note de I\I. Lanson, t. II, p. 8, n. I

3. Voir en tète des Principia Philosopliisp, Amstelodami, 1644, l'Épître « Serenissimœ Principi Elisabethœ, Frederici Bohemiic régis, comitis palatini et electoris sacri romani impcrii lîlia; natu maximai », éd. Adam et Tannery, t. VIII p. i ; traduction française, 1647, ibid.,t. IX, p. 20. La phrase mentionnée par Voltaire ne s'y retrouve pas textuellement, mais elle donne bien le sens de l'Épître.

to thc greatest virtue", as well as to the highest rank,

May it please Your Majesty, Yoiir Majesty' s most humble, most dutiful, most obliged servant,

Voltaire.

A la Reine, Madame,

C'est la destinée de Henri IV d'être protégé par une reine d'Angleterre. Il a été secouru par cette grande Elisabeth qui fut de son temps la gloire de son sexe. Par qui sa mémoire peut-elle être si bien protégée que par celle qui ressemble de si près à Elisabeth dans ses vertus privées?

Votre Majesté trouvera dans ce livre des vérités hardies et une moralité que ne tache pas la superstition, un esprit de liberté qui répugne également à la rébellion et à la tyrannie, les droits des i*ois toujours mis en avant, sans que ceux de l'humanité soient jamais écartés.

Le même esprit dans lequel il est écrit m'a donné la hardiesse de l'offrir à la vertueuse épouse d'un roi qui, parmi tant de têtes couronnées, jouit presque seul de l'inestimable honneur de régner sur un peuple libre, et qui fait consister son pouvoir à être aimé et sa gloire à être juste.

Notre Descartes, qui était le plus grand philosophe d'Europe avant que parût Sir Isaac Newton, dédia ses Principes à la célèbre princesse Palatine Elisabeth, non pas, dit-il, parce qu'elle était princesse, car les vrais philosophes respectent les princes et ne les flattent jamais, mais parce que de tous ses lecteurs c'est elle qui le comprenait le mieux et qui aimait le plus la vérité.

(a) Bal., to the highest virtue.

Sans me comparer à Descartes, je vous demande la permission, Madame, de dédier la Henriadc à votre Majestû pour la même raison, non seulement parce que vous êtes la protectrice des arts et des sciences, mais parce que vous êtes la plus capable d'en juger.

Je suis, avec ce profond respect qu'on doit à la plus haute vertu aussi bien qu'au rang le plus élevé, S'il plaît à votre Majesté, De votre Majesté, le très humble, très lîdèle et très obligé serviteur,

Voltaire.

VOLTAIRE A SWIFT "

[Mars 1729.]

I sent thc olher day a cargo of French dullness lo mylord Lieutenant'. Mylady Bollingbrooke" bas

(a) Brit. Mus., add. /l 80;'), f 170, h p. pet. in-Zi". A la quatricme page, au-dessous de la suscription : ■< Af Voltaire », et à coté, transversalement : Mons"^ Voltaii-e — 1727 », et quelques additions et soustractions de sommes d'argent : le tout très probablement de la main de Swift. — Hawkeswortb, t. II, p. 8. — Lucliet donne une traduction, llist. Litt. d<: M. de Voltaire, t. VI, p. 10, qui depuis a passé dans Beuchot, t. LI, p. 177, et dans Moland, 1. 171.

1. John Carteret, plus tard Comte Granville (1690-1763). D'abord secrétaire d'État dans le cabinet de Walpole, il finit par devenir pour le premier ministre un rival désagréable : Walpole, pour se débarrasser de lui, le nomma lord-lieutenant d'Irlande (avril 1724I. A lavènement de George II lord Carteret fut renommé une seconde fois à ce poste (juillet 1727) ; il partit en novembre pour aller ouvrir le nouveau parlement irlandais. A Dublin il vit souvent Swift qui était en Irlande une puissance avec qui il fallait compter et qui par ses pamphlets savait soulever l'opinion publique. Lord Carteret s'entendit du reste très bien avec lui et disait plus tard : « Quand on me demande comment j'ai gouverné l'Irlande, je réponds : j'ai satisfait le Docteur Swift ».

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