‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 98 sur 162 · Mme de Bolingbroke était une amie de Swift avec qui elle · texte numérisé non relu

Mme de Bolingbroke était une amie de Swift avec qui elle

takcn upon iicrsclf to send y ou one copy of the Henriade. She is desirous to do tliat honour to my book, and I hope the merit of being presented to you by her hands will be a commendation to it. Ilowever, if she bas not done it ah-eady, I désire you

correspondait. On nous saura .peut-être gré de reproduire ici la première lettre de cette correspondance qui est du 1/12 février 1727; on l'a souvent imprimée en Angleterre, mais d'une façon très défectueuse : nous la donnons d'après l'original (Brit. Mus., ms. add. 4800, f^ i34). Cette aimable femme s'y peint au naturel : « De Dawley, ce premier février. — On m'a dit, Monsieur, que vous vous plaignes de n'avoir point reçeu de mes lettres, vous avés tort, je vous trailte comme les divinités qui tiennent conte au.x hommes de leurs intentions; il y a dix ans que j'ay celle de vous écrire; avant que d avoir l'honneur de vous connoistre l'idée que je me faisois de vostre gravité me retenoit; depuis que j'ay eu celuy de voir vostre Révérence je ne me suis pas trouvée assés d'imagination pour Ihazarder. Un certain M^ de Gulivers avoit un peu remis en mouvement cette pauvre imagination sy éteinte par lair de Londre, et par des conversations dont je n'entend que le bruit; je voulu me saisir de ce moment pour vous écrire mais je tombay malade, et je l'ay toujours esté depuis trois mois. Je profite donc. Monsieur, du premier retour de ma santé pour vous remercier de vos reproches, dont je suis très flattée, et pour vous dire un mot de mon amy M'' Guliver. J'aprend avec une grande satisfaction qu'il vient d'eslre traduit en françois, et come mon séjour en Angleterre a beaucoup redoublé mon amitié pour mon pays et pour mes compatriottes, je suis ravie qu'ils puissent participer au plaisir que m'a fait ce bon monsieur et profiter de ses découvertes. Je ne désespère pas même que 12 vaisseaux que la France vient d'armer ne puissent estre destinés a une embassade chés INP^ les Ouynhms : en ce cas je vous proposeray que nous fassions ce voyage. En attendant je scay bon gré a un ouvrier de vostre nation qui pour instruire les dames, lesquelles come vous scavés, Monsieur, font icy un grand usage de leurs évantails, en a fait faire ou touttes les avantures de nostre veridique voyageur sont dépeintes; vous jugés bien quel part il va avoir dans leur conversation, cela fera a la vérité beaucoup de tort a la pluye et au beau tems qui en remplissoient une partie, et en mon particulier je seray

to take oiic eut of thc cargo Avliich is novv at mvlord Lieutenant. I wish you a good hearing' ; if you hâve got it, you want nothing. I hâve not seen M"" Pope this wintcr", but I havc secn the third volume of thc Miscelanea^, and the more I read y"" works, the

privée du very cold et very warm qui sont les seuls mots que jentende. Je conte de vous envoyer de ces évantails par un de vos amis : vous vous en ferés un mérite avec les dames d'Irlande, sy tant est que vous en ayés besoin, ce que je ne croy pas, du moins sy elles pensent come les Françoises. Le seigneur de Dawley, Mr Pope et moy somes icy ocupés a boire, manger, dormir ou ne rien faire, priant Uieu qu'ainsy soit de vous. Revenés ce printems nous revoir. Monsieur; j"attend vostre retour avec impatience pour tuerie bœuf le plus pesant et le cochon le plus gras qui soit dans ma ferme; lun et l'autre seront servis en entier sur l'asiette de vostre Révérence, crainte qu'elle nacuse mon cuisinier de déguisement. Vous brillerés parmy vos chanoines et nous ne serons pas moins empressés a plaire : je le disputeray a tout autre, estant plus que personne du monde vostre très humble et très obéissante servante, L''>' Bolingbroke. »

1. On peut voir dans la correspondance de Swift quel rôle a joué dans sa vie cette surdité intermittente qui ne revenait jamais sans s'accompagner de vives douleurs. L'année précédente, un peu avant de repartir pour l'Irlande, après sa seconde visite à Pope, août 1727, il avait eu un accès très douloureux. Voltaire avait dû le voir dans cet état.

2. Pope avait été très malade à la fin de l'année précédente : on lui conseilla un petit voyage dont il revint plus malade encore, et pour trouver sa mère à deux doigts de la mort. En janvier (ou février) 17-28 il écrit à Swift : « Je n'ai vu Lord B[olingbroke], Lord B[athurst], le docteur [Arbuthnot], Lewis, ni Gay, ni personne autre plus dune fois depuis votre dernière lettre. [La dernière lettre de Swift est du 28 nov./4 déc. 1727]... Lord Bolingbroke pas une fois depuis trois mois. »

3. En juillet 1727 (24 juin/5 juillet) avaient paru deux volumes de Miscellanies par Pope et Swift. Le troisième volume fut publié le 9/20 mars 1728 : Miscellanies. The last volume, London, Printed for B. Motte, at the Middle Temple Gâte, Fleet Street, 1727 (1728 n. s.). C'est un recueil d'environ 70 à 75 courts poèmes dont la plupart étaient inédits, et que

more I am ashamed of mine. I am with respect, esteem and gratitude, S%

Y"" most humble obed. serv.

Voltaire. Suscription :

To the Révérend Mr Swift, Dean of Dublin, Dublin.

TRADUCTION DE LA LETTRE /jô.

Monsieur,

J'ai envoyé l'autre jour une cargaison de sottises françaises à Milord Lieutenant. Milady Bolingbroke s'est chargée de vous envoyer un exemplaire de la Henrlade. Elle désire faire cet honneur à mon ouvrage, et j'espère que le mérite de vous être présenté par ses mains lui servira de recommandation. Cependant, si elle ne l'a pas fait encore, je vous prie d'en prendre un dans la cargaison qui se trouve à présent dans le palais de Milord Lieutenant. Je vous souhaite l'ouïe bonne; si vous l'avez, rien ne vous manque. Je n'ai pas vu M. Pope cet hiver, mais j'ai vu le troisième volume des Miscellanea, et plus je lis vos ouvrages, plus j'ai honte des miens. Je suis avec respect, estime et reconnaissance, Monsieur,

Votre très humble et obéissant serviteur,

Voltaire.

Au Révérend M. Swift, Doyen de Dublin, Dublin.

précède le Tispl Pa6oy; or Marlinus Scriblerus his treatise of Ihe art ofsitiking in poetry.

LETTRE la.

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