AU DUC DE NEMOURS
Dijon, 19 décembre \'o6i.
Monseigneur, depuis mes lettres escriptes, est arryvé Thomme quej'avois envoyé pour avoir descharge, telle qu'il a[)parlient pour l'artillerie que demandiés, pour laquelle m'avoyt esté envoyé ung brevet. Je vous envoyé le double des lectres que le Roy et la Royne m'escripvent, par où ilz me man, dent vous donner encoircs deux canons et la suitte
de pouldres et de bouUetz, si tost que me manderez en avoir besoing. Par quoy il vous plaira me mander si vous en aurez afiaire. Hz sont jà embarquez, comme vaus pourra faire entendre le commissaire Fillon, qu'avés envoyé par deçà pour cest eflect. Hz ne partiront point qu'il ne vous plaise le commander, et seront tousjoursen ung jour et demy à Villefranche, où vous estes à présent, à ce que m'a dict le gentilhomme présent porteur.
Monseigneur, je prie Dieu vous donner en sancté très bonne et longue vie.
De Dijon, ce xix* décembre 1362.
Bibl. Nat. — Fonds français. — Ma. 463 i, f, 69. — Minute.
lOi. AU DUC DE NEMOURS
Dijon, 17 féviier lo6:i.
Monseigneur, j*ay receu les lectres du Roy et de la Royne (1) que m'avés envoyées, ensemble les vostres par lesquelles me demandés quatre canons, chose qui n est en ma puissance, car y n'en y a plus que deux à Chàlon, lesquelzj'ay ordonné estre délivrez au cappitaine Faitin porteur. Il y avoyt deux grandes coulevrynes (jue je fais partir avec tout réquippage et muiiicions que je pourray tirer pour aller reprandre lo chastcau de Girolles (2), duquel
(l) Dal.'-ea de lîlois, 3 fôvrior. (Ms. 4(i3S, f. 14 el 90.)
(2j Girolles (Youue), à 7 kil. d'.Vvallon.
iU CORRESPONDANCE
les ennomys se sont emparez, qui est en TAuxoys en ce gouvernement ; et y ont mys environ troys cens liommes. C'est ung grant cliasteau près Avalon bien tornoyé de foussez, et commancent les ennemys à nous faire la guerre fort et ferme de ce cousté là, ou ilz se renforcent tous les jours. Hz ont prinsAntrain(l) et Saint-Lienard, qui sont sur le bout de cedict gouvernement, et fortiffient ledict Antrain tant qu'ilz peuvent. Hz avoient jà prins ung aultre chasteau que j'ay reprins. Ce que je vous en mande est affin que vous congnoissiés le besoing d'artillerye que j'ay par deçà pour dompter les villes et places qui se prenent d'elles mesmes, aultremant il fauldroit tout laisser perdre; et de se despourveoir davantage d'artillerye, il vauldroyt bien mieulx que le Roy me levast ma charge, remectant le pays entre leurs mains. Quant aux bouUetz à canons, vous avés heu tout ce qui est en ma puissance. Je vous en envoyay doiz le XIX' décembre par le derrenier envoi mil boulletz à canons et cinq cens de bastardes et moyennes, sans ce que vous emmenâtes au commancement. Et comme je vous ay jà mandé par cy devant, il y a des boulletz entre les mains de marchant, que j'avoys faict faire , quant j'estoys dans l'armée. J'ay dict audict Fafm qu'il se retirast vers luy pour en lever jusques à cinq ou six cens. Je prendray telle municion de Cliàlon pour les tirer, avec protestacion que s'il en vient inconvénient d'en estre deschargé, comme je l'ay fort bien faict entendre par cy-devant à Leurs Majestez. Le marchant a
(1) EûtraiDS (Nièvre), à 23 kil. de Clamecy.
)ien deux mil boulletz; quant vous en prandrés davantage que les cinq ou sys cens, si faut-il prendre le la pouldre aultre part; car il n y en a point par leça. Vous avez jà eu la pouldre d'Aussonne. La Aoyne me mande que je face besoigner i'astelier duiict Auxonne, mais il n'y a rien de quoy besoigner. ['ay envoyé quérir le rnaistre pour l'envoyer à la }ourt, affin de remonstrer ce qu'il vouldra. Je vous ivoys jà mandé par cy devant que j'avoys ung marché avec des AUemans qui m'avoyent promis fournir 3ent milliers de pouldre, quand j'estoys devant Lyon, ^'oillà sur quoy je m'estoys fondé pour l'armée, et ion sur ce peu de municions qui estoyent en ce pays. Ledict cappitaine Fafm m'a dict que n'aurez point d'argent pour payer les susdictz boulletz au Marchant; je vous asseure qu'aussy n'ayje pas moy, et ay tant employé mes amys que je ne sçay de quel costé me tourner, mesmes qu'il fault trouver de l'argent pour ceulx de Mascon, (jui ont les ennemys qui sont sortiz de Lyon à une lieue d'eulx. J'eusse voluntiers baillé quebiue caution audict marchant; mais mes amys sont de si long temps si engagez qui n'y a plus d'ordre de les y fourrer plus avant; vous voulant bien asseurer. Monseigneur, que je n'ay pas receuung lyart de Sa Majesté pour tous les fraiz(iui ont esté faictz en ce pays, et a on esté contrainct de vivre de rapine ou de crédict. Tout ce discours cy dessus des affaires de cedict pays servira pour vous faire entendre le moyen que j'ay d'en partir. Et quant aux forces, il n'y a que les garnisons de Mascon et de Clbàlon, troys compaignies d'arijuebusiers à cheval, deux cens honnnes de pied et les communes
que j'ay envoyé pour reprendre ledictcbasteau. Cell; est si peu que n'y a moyen d'en tirer de ce pays. '
Monseigneur, s'il vous plaict envoyer par la post< à la Royne, afiin qu elle entende ce que dessus, ca il n'y a point de postes assises par deçà, qui est un< grant mal pour Sa Majesté. i
Monseigneur, je prie à Dieu, etc.
De Dijon, ce xviie febvrier 1562 (1563).
Bibl. Xat. — Fonds français. — Ms. ■iGoi, f. 67. — Minute. '
iOo. A M. DE VILLEFRANÇON '
Dijon, 17 février 1563. ^ ;
Mon frère, Monsieur de Nemours m'a envoyé deî
lectres que le Roy et la Royne m'escripvent, et m'c
aussi escript, suyvant lesquelles lectres il demande
encoires quatre canons, ou deux canons et deux
longues coulevrynes, bouUetz et pouldre à l'esqui-
pollant. Je luy ay accordé de luy faire délivrer le^
deux canons qui sont à Chàlon, ce que je vous prie
faire, avec de la pouldre pour tirer jusques à cinc
ou six cens coups. Il en fault pour cent coups un
millier, qui seroyt pour six cens coups six milliers.
que vous luy ferez aussi délivrer. Quant aux deux
grandes coUevrynes, je vous ay escript par le sieur
de Monconys que je les envoyoys quérir avec l'équip-
page et municions pour aller reprendre le chasteau
de Girolles. Je vous prie les faire tenir prestes pour
harryer, si jà vous ne les avés délivrées à celluy
DE GASPARD DE SAULX-TAVANES iAl
que je vous ay envoyé pour cest effect. S'il est retardé, c/est par faulte de chevaulx; s'il en a aiïaire, il fauldra que kiy en faciès presler quelques-ungs pour tirer lesdictes collevrines, et luy fauldra aussy bailler cent arquebusiers à cbeval pour faire escorte tant à ladicte artillerye que aux municions nécessaires, selon Testât qu'il porte. Vous sçavés que je n'ay point de boulletz à canon. J'avoys dict au porteur qu'il en print de ceulx de Marchant, mais il dict qu'il n'a point d'argent; aussi n'ay-je pas moy. Il ne fault pas délivrer lesdicts canons que Ton ne sçache que les ennemys se soyent retirez de devant Mascon, aultrement ilz se pourroyent perdre. Qui est l'endroict, etc.
De Dijon, ce XYii» febvrier 1562 (1563).
Bibl. Nat. —Fonds français. — Ms. 4038, f. 20. — Minute.