AU CHANCELIER DE LIIOIMTAL
Dijon, 13 oclobro lo63.
Monseigneur, je me cuydois aider de l'edit du Roy sur la vendition du bien des esclésiasticques pour acomoder une meschante maison que j'ay (1), et pour cest elfect avois vendu à vil pris une terre au pays du roy catholicque et une autre au bailliage d'Auxois, et le surplus des deniers pris à grand intérestz; mais j'ay esté sy mal traicté et ont estes mises les choses tant en longueur par le moien de la faveur que ont heu les chanoynes de Lengres aux prolongations qui leur ont estées baillées en faisant les enchères, que je suis contrainct d'en demeurer court; et pour ce que cella concerne le service du Roy, il m'a semblé vous en devoir advertir. Car sy bien pour ceste fois Sa Majesté y gaigne quelques deniers, je vous puis asseurer qu'il y perdra d'alleurs pour l'estonnement que beaucoup de gens ont me veoir frustré de mon intention, veu le crédit que j'ay par deçà; lesquelz se desgoutent entièrement de emploier argent au susdict bien de l'Eglise; et sans lesdictes prolongations, l'enchère fut demeurée sur eulx d'autant qu'ilz n'avoient point d'argent. Mais ce qui en a esté faict a esté pour leur donner
(1) «Croyant la paix de durée, il (Tavanes) se met à bàlir le château de Puilly, à deux lieues près de I.aogres, à quoy il emploie son
bon niesuage , s'exercile à la chasse » {Mé77ioircs de Tavanes^
au. 1563.)
DE GASPARD DE SAULX-TAVANES i6o
temps. J'en ay envoie des mémoires à Pélissier pour les vous montrer ensemble les procès-verbaux.
Monseigneur, etc.
De Dijon, ce xiii» octobre 1563.
Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 4634, f. 31.— Minulo.