‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 122 sur 226 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Dijon, JO octobre 1563.

Sire, je viens de recepvoir des lettres des commissaires qui vous a pieu envoler par deçà pour redit de paciffication, estans à Mascon, par lesquelles ilz me font instance de désarmer la ville dudict Mascon. Mais je leur ay mandé ne le pouvoir faire, d'autant que ceste ville de frontière qui concerne fj^randement vostre estât, et ne suis délibéré d'y toucher, s'il ne vous plait bien expressément me le commander; voulant bien advertir Vostre Majesté, que encoires que ne fût plus question de Lyon, que vous n'avez ville en Bourgongne, s'il en mésadvenoit, qui nous portast plus de dommage, estant cituée sur la rivière de Sône, à cinq lieues de celle de Loire, lieu propre pour faire ung magazin et retraicte à ceux qui voudroient entrer dans la France du costé d'Orléans; lesquelz ilz peuvent facillement venir, tant de la Savoie, delà Conté que des Suisses de Berne; la descente desquelz il est fort facille, comme l'on le peut veoir dernièrement à leur venue. Le semblable peut l'on connoistre du costé de la Conté, à la venue de Palleville (Pohveiler), les gens duquel se rendirent en ung jour maistres du pais de Bresse jusques audict Mascon. Et d'avantage sy ledict Lion estoit assailly, vous sçavez de combien elle luy pourroit nuyre, aussy aider tant pour la susdicte rivière comme pour les courses qui se pourroient faire jusques au Roone. Je vous

en ay bien voulu escripre ces particularitez, estimant que lesdicts commissaires vous en advertiront, qui peut estre ne congnoissent pas Timportance de ce faict, affm qu'il vous plaise le considérer avant que m'en commander vostre voulunté, à quoy néanmoins je ne faudray très umblement obéyr. Hz m'ont demandé pareillement mon opinion touchans quelques enterremens de ceux de la nouvelle religion, à quoy je n'ay esté d'advis de toucher, alendu que la permission qu'ilz demandent ne leur est concédée par vostre édit, lequel je metz toutes les peines, qu'il m'est possible de faire ensuyvre au contantementde deux parties ; considérant bien que si l'on emplie pour Tune des parties, l'autre voudra user de mesme et sera tousjours pour remuer, ce qui seroit puis après malaisé à rabiller.

Au demeurant. Sire, aiant envoie à Monsieur de Vergy ung double de vostre dernière ratiffication pour la neutralité, je n'en ay eu encoires responce, et ay esté adverty ces jours passez que luy et le conseil de ladicte Conté ont envoie en Flandres, trouvant estrange ces motz qui sont dans la première ratiffication, que les protestations demeurent saufves respectivement aux deux parties, pour sçavoir comment ilz se doibvent gouverner; et encoires que j'estime qu'il en souviendra bien à Messieurs de vostre Clonseil de ce qui en fut faict à Folembray, au traictè de ladicte neutralité, sur les remonstrances faicles par les Estatz de ce pais; toutesfois pour ce que les papiers pourroient estre difficilhîs à trouver, alfm que sy leur mcssagier qui reviendra de Flandre venoit à leur ambassadeur,

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