‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 124 sur 226 · A M. DE MONPEROUX · texte numérisé non relu

A M. DE MONPEROUX

Dijon, 28 octobre 1563.

Monsieur mon cousin, j'ay receu voz lettres, et ayant entendu les tumultes advenus en la ville de Mascon les ungs contre les aultres, j'ay dépesché une commission au faict du port des armes, laquelle je vous prie faire publier et exécuter de poinct en poinct pour éviter les sédicions et faire obéyr le peuple, suyvant la volunté du Roy, ce que je vous recommande sur toute chose. Au demeurant, quant aux bledz que l'on a laissé passer, cncoires que Von ne leur debvoit permectre si légièrement tant pour

(1) Charles IX lui r<^pon<lit do Chantilly, le Î9 octobre : MAoon, lui disait-il, ne sera pas désarmé, malgré lea instances des commis^iaires. Qii.inl aux diflicullés (jue font ceux du comté de Houruo^îiie de ratilicr la neulraliU'', A cause dos proleslalions dont elle fail mention, on peut répondre qu'il n'a pas été pourvu il l'indemnité dos sujets du roi dans le duché; ceux-ci ont supporté des charges extraordinaires, dont les habitants du comté ont été tout à fail exempts. Il est bien naturel qu'il leur échappe quelque proleslalion. (Ms. KOii, f. 3i }

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rauctorité du Roy et de ses gouverneurs comme pour les calomnyes de ceulx qui conduisent lesdictes greynes, disantz qu'elles viennent de Bresse; car elles ont esté prinses en ce pays et menées par une petite rivière qui entre dans la Saône audict pays de Bresse. Il n'est besoing en plus parler à Messieurs les commissaires; mais je prie cy après prendre bien garde d'en laisser passer, s'ilz n'ont permission expresse de moy. Car je sçay la commodité ou incommodité du pays ; lequel infinyes foys par le passé est, à l'occasion de ceulx de Lyon, tumbé en nécessité et famyne si merveilleuse que la moityé du peuple ne mangeoit qu'herbes ; et davantage est pays de frontière qui ne veult estre desgarny. Je vous prie tenir la main aux susdicts sieurs commissaires en sorte que le Roy soit obéy et qu'il n'ayt occasion de se pleindre ; car ilz en escripvent tous les jours à la court. Quant aux articles que m'avés envoyez, je les trouve bien raisonnables, et m'esbays bien fort comme Messieurs les commissaires n'y ont ordonné. Qui est l'endroyt, etc.

De Dijon, ce xxviiie octobre 15G3.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 4634, f. 104. — Minute.

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