‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 133 sur 226 · AU ROI (I · texte numérisé non relu

AU ROI (I

Dijon, 10 août 1564.

Sire, ceulx de ceste ville envoyent devers Vostre Majesté parce qu'ilz ont entendu que aucuns de la religion prétendue réformée font de rechief poursuitte contre le maire, de certaine commission qui fut décernée, sont plus de dix moys, en vostre conseil pour respondre aux charges que l'on luy vouloit mectre sus, combien qu'il se présenta en vostredict conseil en ceste ville, offrant se purger des susdictes charges, en présence de ceulx de ladicte religion; lesquelz n'en feirent aucune mention jusques environ la Sainct Jehan dernière qu'ilz le feirent adjourner, allii d'empescher d'estre continué (2). Et pleut lors à Vostredicte Majesté m'escripre que

(1) Cf. à celle lellre une autre lettre du maire R^nifzne Martin et des échevins il»i Dijon à Tavaiies, tlalée du uitMue jour. ( Ms. 4636, f. 14.) lié lui demandent sa protection, y)Our faire différer la publication de lettres-patentes favorables ani liupuenots.

(2) Voir ïiur ro fait les lettres du roi et de la reiue-raôre à Tavanes, du 17 juin 15C4. (Ms. 403i, f. 36 cl 113.)

je feisse entendre audict mayre qu'il ne bougeât d'icy, quelque assignacion qu'il eust, que ladicte élection ne fust faicte, pour y employer et y faire ce qu'il debvoit pour le bien de ladicte ville et repos d'icelle. Et advint que en faisant ladicte eslection il fut unanimemant esleu de tout le peuple, sans qu'il y eust ung seul des deux religions qui y contredict. Il est fort homme de bien et s'est faict pouvre en ceste charge. Il tient ceste ville du tout en tranquilité et y est bien empesché à présent à cause de la peste qui y est. Les dessusdicts m'ont supplié vous faire ce mot pour vous remonstrer ce que dessus, vous voulant bien asseurer. Sire, que s'il désempare les choses n'en peuvent que pis aller. A ce que j'entcnd il ne désire que se trouver devant Vostre Majesté, afin que vous congnoissiés la preudhomye de ses calonmiateurs, et ne crainct en toute chose que la despcnce à cause de sa pouvreté parce qu'il ne peult aller que bien accompaigné, de paeur que Ton ne luy face quelque mal parles chemins. Sire, s'il plaisoit à Vostredicte Majesté remeclre cela à une aultrefîoys ou bien luy donner des juges par deçà, il me semble que vous fériés beaucop pour lo bien et police de cesle ville, et pour vostre service. Il tient, s'il vous i)lais()il faire veoir les charges pour les(juelles il est travaillé, cpi'il se trouvera qu'il n'y a chose qui méritte luy donner ceste peine d'aller jus(|ues à vous.

Sire, je prie à Dieu vous donner en sancté très longue (^t très heureuse vie.

Do DijiMi, ce x" jour d'aouî»! 1504.

Sire, de[)uis mes lectres escriptes est avivé une

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commission dépcschée à Crevant, pour faire uno nouvelle élection de maire et eschevins, je ne sçay à quelle poursuite; mais il fault que je vous dye, Sire, de laSainct-Jehan dernière tous les maires et eschevins de ce pais sontesleuz, et ont esté les élections du tout libres, tant pour Tune élection que pour l'autre. Le tout se gouverne en tranquilité, ainsi [que] s'il n'y eust jamais eu troubles; et crains marveilleusementque ce remuement nous admenne quelque malheur, oultre ce que l'on meurt de peste partout. Vostre Majesté pourra considérer comme telles assemblées sont dangereuses, et me semble pour le deu de ma charge vous debvoir avertir de ce que dessus. Il n'y a maire, ny eschevins en Bourgongne, s'ilz font chose oultre le debvoir, que je ne vous envoyé piedz et pointz liez, quant il vous plaira le commander.

Sire, je ne vous mande rien du costé d'Auxerre, sachant que Monseigneur d'Aumalle vous aura adverty de tout.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 463o, f. 15 et 17 (1). — Minute.

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