A MM. DE RECOURT ET POPON
Dijon, Ur août I060.
Messieurs, j'ay receu voz lectres; quant à ce que me mandés qu'il y en a qui vous pressent pour le recouvrement de plusieurs choses qu'ilz ont perdues durant les troubles, je ne saurois guières bien que vous respondre à cella, sinon que vous entendez trop mieulx ce qui est de justice et qui vous est attribué par voz commissions que je ne vous saurois dire; ausquelles j'obtempéreray tousjours très voluntiers suyvant le vouloir du Roy, vous ayant dernièrement , quant me vinstes trouver pour entendre comme toutes choses estoient passées durant lesdictes troubles, faict entendre bien au long ce que j'en sçavois. Sur quoy m'aviés [déclaré] voulloir faire procès-verbal de mon dire pour onvoior au Roy; lequel à ceste occasion je vous donnay par escript; et estime que de ceste heure en aurez peu advertir Sa Majesté, affin qu elle en commande à vous et ià moy ce qu'il luy plaira. Et touchant de communi(jucr mon susdict dire, c'est chose que je seray tousjours très aise que tout le monde sache, non seullement de colla mais de toutes mes actions, qui peult estre sont incogneuos de beaucoup de gens de bien, à la diminution de la louange qui m'en appertient. Rien vous diray-je que vostre appoinctement à l'endroict dudict Villominot, qui est d'advortir Sa Majesté, m'a semblé estre de justice et sage-
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ment accommodé selon le lem[)s. Je remcct touUefois à vostre discrétion de à luy ou à aultres le comnuini(iuer. Car quant vous me dcmanderés ce qui est advenu durant les troubles, je vous diray ou escrii)ray tousjours comme si nous estions à la présence de ce temps là à la vraye vérité, mesme de ce que j'ay faict mectre à exécution, suyvant les pouvoirs et commandementz que j'en ay par escript de Sadicte Majesté; lesquelles choses je ne vouldrois divulguer à aultres que à vous qui estes ses conseilliors , synon par son commandement. Par quoy je remcctz à vostre discrétion de considérer s'il y a rien à mon susdict dire qui vienne, à présent que nous sommes en tranquilité , pour estre ramenée en jeu ou tenir secret, sans en advertyr Sa Majesté ; la vollunté de laquelle je metiendray fort heureux de veoir exécuter durant ma char^îe tant en voz commissions que aultres choses qu elle désire. Messieurs, je prie Dieu, etc.
Dijon, le premier jour d'aoust 1565.
Hibl. Nat. — Fonds français.— Ms. -ifiST, f. 27. — Minute.
112 A MM. ne RECOURT ET POPON
Arc-9ur-Tillo (1), 27 aoùl 1575.
Messieurs, sur les propos que nous eusmes dernièrement par ensemble du faict de vos commissions des xxiiii^ jour d'aoust 15Gi et 18 may 15G5, j'ay adverty le Roy de ce qui m'a semblé en impor-
(1; A 13 kil. .le Dijou. Tavaues y possi^dail un chàleau.
ter à son estât et eu de luy plein advertissement de savoiilunté, qui est que pour éviter la renaissance de la haine et aigreur que Sa Majesté a mis peine d'abolir entre ses subjectz, il ne veult que vous procédiez à l'exécution desdictes lettres et m'ordonne de le vous mander selon les lettres qu'il vous en escrit. Et pour ceste cause vous faisant la response que j'avoye différée sur vos interpellations jusques j'eusse entendu ce que luy plairoyt m'en ordonner, je vous envoyé cestes avec les lettres de Sadicte Majesté, selon lesquelles il me semble que devez laisser en paix toutz les particuliers qui ont esté recerchez devant vous à cause des choses advenues pendant les troubles, sans plus remuer ceste affayre, de creinte qu'il ne sorte inconvénient où vous ne sçauriez remédier. S'il y a qiielcun qui soyt hors de son bien et maison contre l'édict de la paix, ce que je ne pense estre en Bourgongne,m'en advertissant, je vous donneray moyen d'y pourvoyr sans figure de procez, de sorte que le Roy sera bien obéy ; mais au demeurant, le remuement des querelles que Ton baptise excez, pilleries, saccagementz et bruslementz, de ce qui est advenu pendant les troubles, tant d'une part que d'aullre, est contre la paix publicque- et contre l'intention du Roy, selon laquelle j'estime que, pour vos prudences, vous laisserez là ceste poursuyte. Je vous prie me fayre responce par ce porteur et luy donner certilTication de la réception des lettres du Roy. Qui est l'endroit, Messieurs, etc.
D'Arc-8ur-Tille, près Dijon, ce xxvii» aousl 1565.
llibl. Nal. — Fond» françaii. — M». 4637, f. 34. — Mmuie.