‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 142 sur 226 · DONNÉE PAR TAVANES A UN DE SES AGENTS SEN ALLANT A LA COUR · texte numérisé non relu

DONNÉE PAR TAVANES A UN DE SES AGENTS SEN ALLANT A LA COUR

[Avril loGTj

Dira à la dame que je sçay bien qu'elle a grand besoing de dissimuUer, mais que ce besoin g n'est point en mon endroict, d'aultant qu'il n'y a personne qui sceuL trouver maulvais, quant elle cmploira ceste occasion pour moy, me Tayant esté de long temps promis, mesmes du temps du roy Henry, aucampd'Amyens, et depuis par elle; et que l'ouverture qui fut faicte de remectre Testât en avant fut pour l'amour de moy. Monsieur le connestable mesmes sçay t bien ce qui luy en manda durant les guerres; qu'elle scet aussi fort bien quant les aultres furent pourveuz combien les gens de bien trouvèrent mauvais qu'il demeurast en arrière. Que tout ce qu'il a jamais espéré de bien, il l'a pensé avoir d'elle, et qui luy eust dict que Tavanes eust deu estre le deuxiesme pour qui elle eust faict, jamais ne l'eust creu, veu ,riionneur (jue de si long temps elle luy a faict, de sorte qu'il ne scet à ceste heure si c'est un songe ou quoy. JMef, si ceste occasion se pert, il n'a plus d'espérance.

Item, dira à monsieur d'Aumalle que je n'ay point envoyé en Suisses pour scavoir des nouvelles, qu'il m'avoit mandé, pour autant (|ue les ambassadeurs La Croix et Bellièvre passarent le jour que je receu î5es lettres, allant en Suisses pour renouvcller l'ai-

liance, lesquelz m'ont dict advertiront de tout seuremant.

Dira qu'il y a bien quelque bruict par deçà de ceulx de Berne et aussi du baron des Adrez, mais ce n'est encoires chose seure.

Luy dira en quel estât et hazard est la citadelle de Cliàlon pour avoir esté remis à vingt hommes pour la garde et point payez.

Item, dira comme tout est passé pour les presches, et ce qu'il a faict audict Ghàlon pour cela.

Sçaura si ledict sieur viendra point icy avant que le Roy viene, et le temps que Sa Majesté pourra estre icy.

Item, dira à monsieur le connestable franchement, en luy baillant mes lettres que s'yl peuU ou veult avoir cela pour l'ung de ses enfans, qu'il ne fault pas mieux, et ne l'ayant que je luy suplie très jiuniblement de faire pour moy en cest endroit; cela ne prcjudiciera rien à Testât de connestable; qu'il ne fist jamais pour serviteur (jui le rocongneut de meilleur cueur.

Item, pourra dire à la Royne, si elle luy mect en avant monsieur le connestable, que monsieur le connestable ne sauroit trouver mauvais cela, veu que de luy mesmes s'y est oflert.

Item, n'en fault point faire parler monsieur le connestable, sy l'on ne congnois que la Ueyne print son excuse là dessus; car d'entreprendre quelque chose sans la volunté de Sa Majesté, ce seroit folie; car l'on se nuh-oil [)lustost qu'aydcr, d'aultaut (]u'cl!o veut ([ue tout viennent d'elle.

Item, sy monsieur d'Auniallc luy demande par

quoy je ne suis aller à Troye, dira que la mort de mou frère eu a esté cause, et aussy que je ne pouvoye abandonner ce peys durant ses Pasques, à cause de Texercice de la religion; que toutes choses s'y sont portées et s'y portent paisiblement. Ce pourra aussy dire à la Iloyne.

Qui passe où sera le sieur de Vantoux qui s'en revient, affin du consulter ensemble, et d'estre mieux instruict.

bibl. Na». — Fonds français. — Ms. /.C30, f. 12. — Miniifo.

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