‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 168 sur 226 · AU HOI · texte numérisé non relu

AU HOI

Arc-sur-Tillo, 1 juillol 1568.

Sire, j'ay receu les momoires et instructions que m'avez envoiées par le conscillier Bégat venant de la court (1). Je mectray peyne de les faire mectre à exécution. Au demeurant, Sire, je vous ay escript infinies fois pour la ville de ^fascon, dont le sieur de La Guiche estoit premièrement bailly et cappitaine avec six vingt livres de gaiges, et depuis l'auriez mis en ordinaire, à cause des troubles, à huict cens avecques dix soldatz dedans le petit chasteaul qui y estoit, qui, estaiitz trop peu et poinct commandez, s'est trouvé perdu à ceste dernière fois. Je y ay tousjours entretenu le sieur de Tremon gentilhomme de maison et qui a bonne part dedans le pais. Il y a heu durant les troubles quatre compaignies que j'ay depuis réduictz à deux cens hommes qui y sont encores. Ledict sieur de Trémon se ruvne en despence et crye après moy d'heure à aultre pour laisser la place; par quoy, sy vous délibérés de retenir ledict sieur de La Guiche auprès de vous, ainsy que m'avez escrit, il y a quelque temps, il fault se délibérer de pourveoir à ceste place là d'un chef qui soit d'auctorité et qui ait beaucoup d'amis dans le

(1) Jean Déir.it, conseiller au Parlement de Dijon, mort en 1572, connu comme j'irisconsulte par srs comaientaires sur la Coutume de Bonrî?o£îne, et comme homme d'État par ses remontrances de 1562 et de 15G3 sur Ioa i' lit.s do pacification. Il fut un des principaux organisaleurs de la Lij^jue en Bourgogne. (V. les lellrei 124 et 174.)

pais. Et est une mocquerie d'avoir des gouvernemens et cappitainerie sans y faire résidence et d'y mectre ung petit compaignon en son absence; il sera tousjours sur mes bras à cryer à Taide. Par quoy je vous suplie très humblement y pourveoir promptement. Je y fay commancer une citadelle qui pourra estre en dcffence de bataille de main et bien flanquée cest esté, et ne coustera que six ou sept mil livres. L'on pourra puis après y adjouster les boullevartz pour en faire une des belle citadelle de France, et, cella faict, lever une partie de la despence qui ne peult aultrement estre diminuée pour l'importance do la place. Le sieur de Venteux s'en ira bientost vous trouver, qui vous en portera le pourtraict.

Sire, je prie à Nostre Seigneur vous donner en très bonne santé* heureuse et longue vye.

D'Arc-s>ir-Thille près Dijon, ce premier jour de juillet ioCS.

Vostre très humble et très hobéissant subjoct et

serviteur,

TAVANES

Dibl. do riiHliliit. — Coll. Godofrov. — Ms. TM. f. Il'. —Original.

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