ArU DUC D'ANJOU OU D'AUMALE
[Août 1568.]
Monseigneur, quant à la maison que m'avez mandé que Ton fortiffie, je y passay, il y a quelque temps, où il y avoit jà commancement de bastir et mesme de faire de beaux foussez, d'autant que la rivière y passe. Depuis ces jours passez ung de mes gens y a passé, qui dict qu'ilz besongnent tousjours ausdicts fossez, à y faire quelques douhes et mesmes à accommoder une basse court ; car dans le chasteau n'y a nulles estableryes. Telles maisons que cela se peuvent facillemant fortiffier, pourveu qui ne soyt nouvelle d'artillerye . Geste là est toute tornoyée de montaignes. L'on m'a dit que la moitez de la terre est hors sce peys. Quant à leur voyage, je ne croy pas qu'ilz allent à Lyon, car le jeu seroyt trop descouvert; mais il est à croyre que estant fort accompaigné, il change quelque foys de place pour manger les vivres; aussi se remuant, ilz peuvent tousjours gaigner gens et entendre nouvelle de ce qui leur pcult nuyre. Par quoy il me semble que d'y envoyer,
c'est tousjours hazard de descouvrir les affections. Le meilleur est de faire bonne garde. Aussi n'y a moyen d'icy d'y envoyer homme d'esperit, et fault que cela vienne du cousté de delà, soyt par les voysins ou aultre, où je n'ay nulle congnoissance.
Bib!. Nal. — Fonds français. — Ma. 463», f. 6». — Minute.