‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 176 sur 226 · A LA REINE-MERE · texte numérisé non relu

A LA REINE-MERE

[4 septembre 1568].

I\Iadame, j'ay receu voz lettres parla Montaigne et ne falloit qu'il ait peur de failly à la monstre, car l'argent du Roy ne vient pas sy à point nommé (jue l'on vouldroit bien, qui est une grande importance pour Testât de Sa Majesté, lequel ne peult estre maintenu sans l'entretenement des gendarmes. Au demeurant, Madame, depuis le partemant de Monsieur le prince de Condey dont j'avertis le Roy de bonne heure, je suis tousjours atendant ce qui lui plaira me commander : plusieurs, qui avoient suivi

(1) Lo minute de cette lettre est au ms. 4633, f. 38, 40 et 41.

ledict sieur Prince, pour n'estre party assez a temps s'en reviennent; il y en a qui se sont assemblez sur le bort de la Bourgongne et de Borbonnoys en une petite ville nommé Pressy le Secjusques au nombre de III ouiiii'. L'on ne cest guières bien les desseins dudit sieur, sy esse que Ton estime que le plus fort de l'affaire sera du cousté de la Jaulme (?). Plusieurs parlent aussy des intelligences d'Angleterre et d'Allemaigne, tant y a que nous somes à recommencer. Quoy qu'il en soit, j'estime que sy Sa Majesté est bien servie auprès d'elle que tout yra bien, ayant la plus grant force des gens de bien à sa dévotion; aussy s'il y a de la connivence ou dissimulacion, il n'en fault atendre rien qui vaille; nous n'avons nouvelles par deçà qui mérite vous estre mandée, occasion que je ne vous en diray d'avantaige, sinon que j'obéyray tousjours très bumblement à tout ce qui vous plaira me commander."

Bihl. N'at. — Fonds français. — Ma. i63o, f. 75, — Minute.

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