AU II
Dijon, 11 scptonibro l.%68.
Sire, j'ay rcceu voz lectrcs ce jour d'imy xT de co moys pour faire trouviM* la gendnrmerye conlenuo en vostre ordonnance au w' à Orléans, et feray |»;u lir incontinent pour l'envoyer publier par tous los bailliages. Vostre Majesté considérera K* bMups qu'ilz pourront estre advertiz et le cliemin qu'il y a
à aller d'icy là, affin (Ven faire estât selon qu'elle advisera. De ma part, je partiray dcans quatre ou cinq jours après avoir donné ordre en ce pays pour m'y en aller le plus dilligemmant qu'il me sera possible. Sire, la pluspart de ceulx de ce pays qui estoient allez avec Monsieur le Prince s'en sont revenuz. Depuis le port où il passa la rivière de Loyre, j'ay commandé de leur courir sus par tout où l'on les trouvera. Au demeurant ceulx de Noyers besoignent tousjours à leur chasteau, et toutesfoys il n'y a pas plus de cent cinquante hommes dedans. Il seroit facille à les prendre qui les assauldra de bonne heure. C'est ung passage pour les Allemantz, si d'avanture il en vient, ou bien une retraicte pour ledict sieur Prince, aussi ung passage pour chacun de leur religion. Il semble, sauf toutesfoys vostre advis, que Monsieur de Barbezieux avec l'artillerye qu'il a à Troye et les sieurs de Venteux et de Prye feroientbien cette exécution, lequel sieur de Ventoux je laisse icy pour commander en mon absence, ainsi qu'il a faict du passé, encoyres que ne m'en ayés rien mandé par vostre dernière dépesche. Sire, il a passé audict Noyers depuis six jours en çà ung gentilhomme nommé Cormaillon, homme de menée, qui estcelluy qui faisoit semblant de vouloir achapter la terre de Montfort du prince d'Orange, lequel portoyt une malle en croppe, servant devallet àungaultre, et venoit d'Allemaigne ; s'est descouvert à ung de ceulx de sa religion, et dict que le duc Casimyr a promis de marcher pour ledict Prince et de servir six moys sans argent, pourveu que la Royne d'Angleterre responde de deux cens mil escuz. Vostre-
dicte Majesté a peult estre de plus seurs adverlisscrriantz.
Sire, je prie à Nostre Seigneur vous donner en santé très longue et très heureuse vie.
De Dijon, ce xi" septembre 1568.
Vostre très humble et très hobéissant subject et serviteur,
TAVANES
Bibl, Nat. — Fonds fiançais, — Ms. looiS, f. 37. — Original.