A LA REhNE-MERE
Dijon, 14 décembre 1560.
Madame, j'estoyedebmeuré, au partir d'Orléans, en ugne miegne maison, à cause de la malladie que j'ay eue, et là, ayant entendu le triste inconvegniant qui nous estoit préparé du roy, me suys retiré en dilligensse en sce peys pour vous y faire cervisse et rendre le debvoir de ma charge tel que je doibs, auquel j'ay treuvé mon frère qui pour cest efTect avoyt jà fort bien préparé les choses. Et sce jourd'uy sont arrivées les lettres que luy escribviez, qui nous onst confirmé nostre malheur. Suyvant lesquelles j'espère auveques l'ayde de Dieu, Madame, que vous et la majesté du roy serez sorviz à vostre conttanttcinant, et fault louer Dieu de tout, mesmes
(1) An mémo ms., f. 49, estime loUre adressée épalcmenl au duc d'Auin.ile, et datée du 14 décembre 1560, qui est la répélitiou exacte de rrlle-ri.
(2) Catherine de Médicid.
Ml) COnUESPONDANCE
qu'il nous a donnez par vostrc moyen rebmède à tant de fortunes ; de sortie que nous retrouvons prompt souUa<3^emant à naus mysères en voiant soudein renaistre le sang et la vie de naus maistres par vostre bonheur. Madame, je ne voy synon entière obéissance par dessa, et ne sauriez commander chose qui n'y soit diligemment exécutée de ma part. ]\Iadame, vous ne m'espargnerez, s'il vous plaist, à cause de ma malladie, car je m'en suys guéri et prest à portier tel travail qu'il vous plaira commander. Ma vie et toutte ma puissance n'y sera jametz espargnée.
Madame, je prie à Dieu, etc.
De Dijon, ce xiii» décembre 1560.
Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 463.'), f. 50. — Minute.