‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 73 sur 226 · LA RELNE-MLRE · texte numérisé non relu

LA RELNE-MLRE

Dijon, 29 mai 1563.

Madame, j'ay veu sce qu'il vous a pieu m't^scribrc de vostre mein et ne sçay guières bien que vous y respondre, d'aultant que cella t^st tant esloigné de la raison qu'il n'y a homme sy hors du sens qui deust pencer que voullussicz ruigner vostre propre sang et ceste coronne qui vous honore tant : s'il vous plait me dire ceulx qui vous onsl dit que j'aye pai'l-

lez de vous, je m'essayeray de leur fermer la bouche de sorte qu'ilz ne mentiront jametz d'unf,^ sy homme de bien que je suys, ny plus aiïectiogné à vostre servisse. Je ne vous en feray point d'aultre escuze, sinon de vous suplier très humblemant pencer que je ne suys point chanf^é despuis le temps que vous me congnoissez vostre serviteur, et debmeureray en ceste opignion tant que ma vie pourra durer. Je ne puis pensser d'où vient cella, synon de quelc'ung marry de sce que je ne me veulx lesser tretter à la guondrine, ouz de sce que je m'eflbrce de guarderl'auctorité duroy, mes je y mettrai tousjours le tout en toutte les fassons et tant qu'il vous plaira le me commander. Au debmeurant, madame, vous voirez sce que j'escriptz à Sa Mnjesté pour le fait de sce peïs : sce que je me pleins le plus est de savoir quelle gens je doibs tegnir pour enemys de Saditte Majesté, et à qui je doibs faire la guerre résoUumant. Madame, je prie à Dieu vous donner en sautez très bonne et longue vie.

De Dijon, ce xxix^ de may 15G2.

Pour l'onheur de Dieu, Madame, escribvez moy franchemant sce que Ton vous dira de moy, car par là je congnoistray que vous m'aymerez et que me tiendrez tousjours en bonne opignion et vostre serviteur.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ma. 463j, f. oo. — Minute,

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