AU DUC D'AUMALE
Dijon , 31 octobre 1562.
Monseigneur, ayant dépesché ce porteur à la cour pour les aiïayres de ce pays, selon les mémoyres qu'il vous communicquera et credance que j'avoye remise sur luy, vous suppliant de le croyre de ce qu'il vous dira de ma part, m'a esté apporté un pacquet contenant lectres aux baillis pour publier un pardon général que le Roy faict à ceulx de la nou-
(1) Les Riceys (Aube), cbeMieu de canton, à 14 kil. de Bar-siir- Selne.
(2) Le 3 novembre suivant, son agent Anne Péiissier lui écrit de Rouen à peu prèé en ces termes : Hier j'ai fait entendre bien au long à la reine ce que vous m'aviez mandé de lui dire. Elle trouve bon que vous reslioz dans votre pouvernenicnt et comprend les inconvénients qui pourraient ré&ulter de votre absence. (Ms. 4630, f. 97.) Cf. la lettre d.> la reine-mère à Tavanes, en date du môme jour. (Ms. 4C32, f. 103.)
DE GASPARD DE SAULX-TAVANES i23
vellc religion, pourveu qu'ilz apportent certiffication qu'ilz auront servy en l'armée de Sa Majesté; qui est chose de si grande conséquence que les éleuz dudict pays disent qu'ilz la veuillent empescher, pour ce que c'est tout confondre par deçà et remettre ez villes, qui jà sont peu asseurées et de bien difficile garde, l'ennemy que nous en avons chassé. Dont j'ay estimé vous devoyr advertir, affm qu'y faciez donner ordre, sy bon vous semble. J'en ay escrit à la Royne, selon que cedict porteur vous fera entendre, et vous prie y vouloyr tenir la main, comme à la chose qui plus concerne la seurté de vostre gouvernement, où tout le monde est fort troublé desdictes lectres; car c'est à se coupper lez gorges les uns aux aultres. Je vous en envoyé un double. Monseigneur, etc.
De Dijon, ce derrenier octobre 15G2.
Bibl. Nat. — Fonds français. Ms. 4634, f. 54. — Minute.