‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 93 sur 226 · AU MARÉCHAL DE SAINT-ANDRE · texte numérisé non relu

AU MARÉCHAL DE SAINT-ANDRE

Dijon, 31 octobre lo62.

Monsieur, j'ay receu voz lectres (1) par lesquelles me mandés avoir envoyé une partye de vostre compaignie pour conduyre les Suisses jusques vers vous, comme aussi ung homme pour leur faire distribuer vivres aux lieux qui leur seront nécessaires. J'ay ordonné au commissaire les faire marcher à bonnes journées puisque les ennemys sont passez, nous asseurant qu'ilz n'ont point esté en hazart; car ayant entendu que nosdicts ennemys estoyent si fort

(1) Datées ôp Troyes, 27 octobre. (Ms. 4641, f. G.) Voir au même ms., f. 8, une autre lettre du môuie, datée de Sens, 31 octobre. Saint- André , n'ayant pu arrêter les Allemands, s'était retiré dans celle dernière ville.

avancez, je les ay faict secourir deux jours et prendre le chemin à main droicte, comme vous comptera le susdict commissaire. Lesdicts Suisses n'eussent sceu estre assés tost avec voz forces pour favoriser vostre entreprise, car la dernière enseigne n'arryva seullement que sabmedy dernier que les ennemys estoyent déjà près Chastillon. Quant à ce qu'il vous plaict me mander que la rivière est gayable et qu'il eust esté malaisé de les garder de passer, je n'en doubte point, car les eaues sont fort basses en ce pays. Il me semble que n'eussiés sceu faire aultre chose que de pourveoir aux villes, ainsi que me mandez, puisque voz forces n'estoient encoires ensemble. Et pour ce, Monsieur, que je ne voy pas que vous soyez pour vous mectre en campaigne et qu'il est bien nécessaire que la pluspart des forces de la France s'y trouvent, puisqu'ilz seront joinctz avec ceulx d'Orléans, il m'a semblé que, veu les affaires qui sont en ce pays icy, ne le devoir si facillement désamparer; car je vous puis asseurer que je suis en ung merveilleux soupson de toutes les villes, d'aultant que tous ceulx de la nouvelle religion lievent fort les oreilles, et ne croy pas, si je les avoys esloignez, qu'ilz ne feissent quelque entreprinse qui cousteroit beaucop avant iiue la pouvoir rabiller. Je suys d'opignion, sauf toutesfoys l'advis des plus sages, (lue vous avez esté dépesché fort tard, veu le long temps qu'il y a que l'on est adverty des Allemans, et qu'il eust esté bien nécessaire de laisser quelc'une des aultres entreprinses pour cestecy, qui importe tant. Au demeurant, Monsieur, je nie tiendray tousjours bien eureulx de vous pouvoir

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faire très liumblo service, car je n'y espargneray niavye ny tout ce que j'ay en ce monde. Priant, etc.

De Dijûu, ce derrouier jour d'oclubre 1502. Bibl. Nul. — Fonds françiii'i. — Ms. 403*, f. IJ2. — Minute.

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