‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 95 sur 226 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Dijon, 17 novembre lo62.

Sire, j'ay receu les lectres qu'il vous a pieu m'escripre du dernier jour d'octobre (1), par où il vous plaict me mander qu'il y a eu plusieurs requestes et plainctes de ce qui a esté levé pour l'armée qu'il a faillu souldoyer et faire vivre en ce pays, me commandant que je vous en envoyé Testât. Quant aux marchandises mentionnées en vosdictes lectres, il ne s'en est point levé, si ce n'est que les commis à recevoir les deniers pour le trésorier des guerres ayent faict faire quelque saisye de meubles pour les cmprunctz qu'il a convenu faire. Vostre ^^ajestô pcult avoir receu de ceste heure un estât abrégé de l'argent qui a esté levé et despencé jusques à présent, que je vous ay envoyé. Quant aux municions des bledz, vins, bestial, chevanlx d'artilleryeetpion-

(l) Çtltc lollre, cl mit' aiitrt» pliiii pro^^sanlc ilu 9 novembre, loulei ib'Mx (Jaléod de Koucu, soûl au uis. 4G3i,f. iS cl 29.

128 COUnESPONDANCE

nyers, lesquelz chevaulx d'artilleryo Monsieur de Nemours a emmené avec luy, (|ui ont esté levez pour la fourniture dudict camp, j'en feray dresser Testât le plus tost qu'il me sera possible, que je vousenvoiray; vous voulant bien adverlir, Sire, que le pays a beaucop souffert de ce cousté là, comme aussi ont faict quelques particuliers qui avoient leurs grains près de la rivière, devers Auxonne et Seurre, desquelz il a faillu s'ayder pour n'avoir aultre moyen, mesmes pour la grand despence qui a esté à ceulx qui sont venuz du Daulphiné avec Monsieur de Maugiron, lesquelz il a faillu delTrayer, comme aussi à d'aultres, quant l'argent venoit à manquer. Vostredicte Majesté pourra congnoistre au peu d'argent qui est porté par la susdicte despence que cela ne pourroit pas suffire et satisfaire à tant de gens de pied et de cheval. J'estoys en délibéracion de vous envoyer au plus tost le susdict estât des vivres à cause desdicts particuliers qui demandent estre satisfaictz. Vous suppliant au demeurant, Sire, si vient àvostre conseil quelque plaincte, ainsi que voz susdictes lectres le portent, leur demander s'ilz se sont adressez à moy et qu'ilz vous monstrent ce que j'auray appoincté sur leur requeste. Quant à ceulx de Chalon et de Mascon, ilz ont receu quelque mal, pour avoir esté tenuz de guerre par les soldatz, Tayantz bien mérité, puisqu'ilz l'avoyent commancée, et amené tant d'estrangiers. Si est-ce que je leur ay faict tous les plaisirs qui m'a esté possible, en toutesfoys me gardant d'eulx comme de voz plus dangereux ennemys. Incontinent que Testât sera dressé je le vous envoiray, aflin que vous congnois-

DE GASPARD DE SAULX-TAVANES i^O

;ez commant tout est passé et les grandz foulles que i porté le pays.

Sire, etc.

De Dijon, ce xvii" de novembre 1562.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 463o, f. 10. — Minute.

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