‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 96 sur 226 · AU DUC D'AUMALE · texte numérisé non relu

AU DUC D'AUMALE

Dijon, 17 novembre io&2.

Monseigneur, j'ay esté adverty que Monsieur de Nemours poursuyt tousjours à la court pour avoir la grosse artillerye de ce pays, dont je vous ay bien ^oulu advertir pour la conséquence et grand danger où l'on mectroyt vostre gouvernement, le des- )Ourvoyant de ladicte grosse artillerye et muniions, mesmes que j'ay faict mener grand partye en a ville de Chàlon, laquelle ne se peult delTendre en açon quelcon(iue sans cela, et ne vouldroys entrejrendre la garder aultremant; et davantage la plus- )urt de ladicte artillerye est à ceulx dudict pays qui 'ont faict faire à leurs fraiz pour la garde d'icelluy; a(iuelle diflicillement ilz permectront tirer dehors, c vous supplie très humblement en parler et conlidérer l'importance de vostredit g(nivernementpour out le royaulme. Si ladicte artillerye est enlevée ludict Chàlon, il fault nécessairement qu'il soyt )erdu, s'il estassailly. Il y a six canons et quoli|ues ongues coullevrynes, aus(iuelles pièces j'ay faict aire troys ou quatre places pour les loger et en li-

rer en batlerye de qLUihjue cousté que l'on me sceut assaillir, de sorte qu'il est impossible de loger artilleryo pour Tassaillir-tant que cela y sera. Sans cela tout ny vault guiùre, et si ladicle ville de Gliàlon estoyt perdue, la Uourgongne seroyt bien esbranlée. Monseigneur, je vous supplie très liumblement encoires une foys, d'aultant (]ue vous aymattes jamais vostre gouvernement, y vouloir tenir la main le plus que vous pourrés. Et quant et quant il n'y a pouldre que ce qu'il y en fault. L'on m'a dict qu'ilz encoyres à poursuivre pour avoir des municions de vivres de ce pays, qui a déjà tant supporté durant que l'armée y a esté. Si cela estoyt, ce seroyt le ruyner du tout. Je vous supplie aussi très bumblement y voulloir entendre. Mondict sieur de Nemours emmena les chevaulx de l'artillerye, qui avoient esté levez en cedict pays, et ne les a pas renvoyez. Hz ont moyen d'avoir assés vivres et entretenir leur armée au Beaujtjlloys, Bombes, Foreslz et Auvergne, sans en prendre par deçà.

De Dijon, ce xviF novembre 136:2.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ma. 463-4, f. o3, — Minute.

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