‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 97 sur 226 · AU DUC DE NEMOURS (I · texte numérisé non relu

AU DUC DE NEMOURS (I

I Novembre loG2.]

Monseigneur, j'ay receu les lectres qui vous a pieu m'escripre parlant de l'artilerye de ce peys,

(1) Jacques de Savoie, duc de Nemours (1531-1585), colonel-général de la cavalerie légère. En septembre 15G2, il avait été substitué à

dont je vous baillys ung mémoire à vostre arrivé au camp de Ilansse près Lion, qui est celle avec laquelle je faisoys estât d'assaillir ledict Lion, s'il eust pieu au Roy le me commender; et pour ce, monseigneur, que à présent vous estes passez du cousté de Vienne pour, à ce que j'entens, prendre vostre chemin devers le peys bas, ceste sera pour vous suplier très humblement treuver bon advertir Sa Majesté pour le délivrement de la susdicte artilerye ; d'aultant qu'elle ne peult pas estre tant eslongnée, comme de passer Lion, sans mectre sce peys de Bourgongne en dangier, et sur toul la ville deChàlon, où est la plus part de ladicte artilerye; laquelle ville ne se peult dc^ITendre sans cela. Cependant j'advertirezles cappitaines de tenir ladicte artillerye preste, mais vous savezque je vous dysdernièrement, d'aultantqu'ilz ont les places en garde du Roy, que à grant peine laisseront y sorlii* hi dicte artilerye, sans commendement expiés de sa Majesté, d'aultant que cela importe entièrement Testât de leurdictes places. Par ainsy sera bon que par ung mesme moyen vous leur eu fasiez depesché ung commandeineiil. 11 y a

Gaiïpnrd do S.uilx dans le coniinaiiilt'nitMil de ranuéc dirigée contre Ii'H ()role-lanl8 de l.yon el du l)aii[)liiiit'>.

Le 23 nov»Mnl)re, il Iransincl /i son prédét^esspur un onlro du roi par Ifiiiu'l il »sl aiilorisô ii jiroiidre, en Hourj;»)!»!!»', rarlillrrio cl les iiiunilioiH (|iii lui sonl u«S'ossair»'s, avec Ofs mo[* df sa inaiu :

« Monsieur de Tavane.s, je vou.-» prie, onoore que le principal lomps Boicl paii'' , de ne voulloir diiTcrer el m'enviiirr rarlilleiio. (]u'il a fallu ([ue le roy vous aye par ses Icllrcs |>atanles conunandt"' n)e haller, vcu que m'aviôs prouniis me l'envoier du commen. ornent, ce (pii m'eul e>lé l)i<u n(^eessair«', car sela seul csl ratjse tic coy le roy n'esl poiul bigueur do Valuuco el peut cslro de Liou. » (Ms. 4G40, f. 98.)

encoires une auUre (lilficulté, que une grant partie de l'arlilerye est à ceulx du peys qui ronstfaict faire à leur despens, où il y aura touplain de dispute. Le Roy et Messieurs de son conseil en pourront commender leur volunté de ma part, ce m'est tout ung; mais que j'en soye deschargé, et que le service du Roy se fasse. Il sera nécessaire que vous envoyez quelc'ung pour faire la despence de ladicte artilerye tant pour la mectre en estât comme pour les embarquemens; car je n'ay pas ung solz. Quant à l'escorte que vous me mendez pour la mener jusques à lïause, vous savez les forces que j'ay. Il avoit esté délibéré qu'il demeureroit quatre enseignes à Hanse avec ma compagnie et deulx compagnies d'arquebusiers à cheval. Il ne vous a pieu y laisser que une enseigne qui a une partie de ses gens dans Toisé, les deulx compagnies d'arquebusiers non poyez et ma compagnie qui est harassée, comme vous savez, pour avoir esté six mois en campaigne. Je n'ay ysy que quatre enseignes, la pluspart de deulx cens liommes, desquelz je n'en puis tirer, pour estre la ville de mauvaise volunté; et encoires que je peusse tirer et mectre ensemble toutes les susdictes forces, sy ne voudroi-je pas entreprendre de conduire jusques à Hanse la susdicte artilerye, de peur de la perdre; car la prenant sur la rivière, c'est ce qui est le plus aisé pour la mener jusques audict Lion. Monseigneur, s'il vous plaict envoyer quelc'ung pour mectre en estât le tout et faire la susdicte despence, atendant la responce du Roy, je manderez aux cappitaines qui le soulîrent. Ce pendant le commendement de Sa Majesté pour tirer les susdictes pièces

DE GASPARD DE SAULX-TAVANES i33

pourra estre faict ausdicts cappitaines et peys. Je vous suplie que le commendement qui m'en sera faict soit par une lettre patente par la Roine, le Roy de Navarre et Messieurs du conseil, d'aultant que cela me touche de fort près pour le faict de ma charge. Ladicte despence ne sera petite ni si briefve que vous pensez, car il fault aller quéryr une partie des canons à Dijon, les mectre en estât, comme aussy la pluspart des boulletz et les mener par charroy jusques à Seurre ou Sainct-Jehan de Loosne, et là faire l'embarquement. Cela ne se faict pas en peu de temps Par quoy il vous plaira penser en vostre faict; les quinze cens boullelz que j'ay faict forger qui sont entre les mains du marchant sont encoires h la forge à cinq lieues de delà Dijon. Il ne veu pas baillé sa marchandise s'il n'a argent ou seure assignacion. Je luy ay baillé deulx cens francs d'arre.

Monseigneur, s'il vous plaict envoyer la présente par celuy qui yra à la court, il me semble, sauf toutesfois vostre advis, que ce ne sera que bien faict, alfin qu'il en commande ce que bon leur semblera. Monseigneur, vous considérerez, s'il vous pUiict, qu'il fauldroit bien toute la pouldre de Rourgongne pour donner à manger à toutes les grosses pièces que vous demendez, et (ju'il n'est pas raisonnable de despourvcoir ung pays de telle conséquance.

Bjbl. Niit. — Fonil» français. — M-<. '103», f. G.";. — Miiuilo.

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