‹ Correspondance diplomatique de m. de BismarckChapitre 14 sur 25 · Rapports sur la crise du Zollverein · texte numérisé non relu

Rapports sur la crise du Zollverein

2 septembre 1852. — « En réponse au reserit de Votre Excellence, daté du 30 août, j'ai l'honneur de vous informer que j'ai pris des mesures pour que la déclaration ' remise par notre plénipotentiaire à la conférence du Zollverein, tenue le 30 août, soit aussitôt analysée par les journaux de l'Allemagne du Sud dans un sens conforme à nos intérêts.

A ce propos, je ne puis m'empécher d'envoyer à Votre Excellence le numéro 208 de la Meittelrheinische Zeitung , dans lequel se trouve une correspondance — officieuse, je suppose — signée B. de Berlin, 30 août, où il est question de la susdite déclaration. Si cet article dit que les négociations n'ont pas été rompues, parce que nous en profitons surtout, et s'il fait ressortir l'importance que présente pour la Prusse le maintien du Zollverein, je ne puis m'empécher de craindre que ce procédé de la presse prussophile n'encourage les gouvernements de la coalition à persévérer dans leur opposition et à susciter de nouvelles difficultés. Je laisse à Votre Excellence le soin d'y veiller. »

6 septembre. — « J'informe Votre Excellence, en réponse au reserit qu'elle m'a fait l'honneur de m'adresser le 1er de ce mois, que j'ai pris les mesures nécessaires pour faire combattre énergiquement, par les journaux de l'Allemagne du Sud, l'idée propagée par les feuilles de la Saxe du maintien du Zollverein avec exclusion de la Prusse 2.

le Journal du peuple et mît enfin un terme à l'impudente polémique de cette feuille. (Lettre du 20 octobre 1852.)

1 Pour se conformer au vœu de la Bavière, de la Saxe, du Wurtemberg, de Bade, de la Hesse électorale, du grand-duché de Hesse et de Nassau, le gouvernement prussien avait remis à la Diète une déclaration dans laquelle il exposait son accord avec ces Etats dans la question du traité de douane et de commerce à conclure avec l'Autriche.

2 Les feuilles en question prétendaient que le traité du Zollverein, du 8 mai 1841, ayant été dénoncé par la Prusse seule, les autres membres qui ne l'avaient pas dénoncé devaient être tenus de prolonger la durée de l'union douanière pendant une nouvelle période de douze années, à partir du 3L décembre 1853; idée, combattue et réfutée dans un article de la Spenersche Zeitung

J'ai fait envoyer au Journal de Francfort ainsi qu'au Mercure de Souabe une correspondance particulière qui reproduit les arguments contenus dans un article de fond de la Spenersche Zeltung , et j'ai fait adresser par des voies sûres une correspondance métallographiée à sept autres journaux paraissant à Hesse-Dannstadt, à Xassau, à Bade, en Bavière et dans le Wurtemberg. Si la presse de l'AUemagnedu Sud publiait des répliques, j'y ferais répondre aussitôt d'après le point de vue auquel nous nous sommes placés »

54. Rapport sur le démantèlement de la place forte de Rendsburg,

21 septembre 1852. — «Les feuilles publiques demandent l'interrention de l'assemblée fédérale dans la question du démantèlement de la place forte de Rendsburg. Je n'examinerai pas si, dans le cas où la majorité des gouvernements confédérés en aurait la ferme volonté, la Diète ne pourrait pas s'y opposer, parce que la sécurité extérieure de l'Allemagne serait compromise parle démantèlement d'une place forte située sur la frontière du territoire de la Confédération, bien qu'elle ne soit pas une place fédérale. Voici mon humble avis, fondé sur l'opinion de hauts fonctionnaires de l'armée : Indépendamment du fait qu'un très-petit nombre de gouvernements confédérés combattrait la prise en considération du projet, il ne serait peut-être guère de l'intérêt de la Prusse de s'opposer au démantèlement d'une place qui, occupée par des troupes sûres et défendue avec vigueur par le Danemark, formerait un excellent point d'appui pour agir contre l'Allemagne et, suivant les circonstances , contre la Prusse. L'occasion de gagner cette place aussi facilement qu'elle l'a été en 1848, ne se représentera pas de sitôt, et je ne puis en conscience voir dans son démantèlement qu'une faute politique du Danemark, qui a pour origine l'aveuglement de la passion. »

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