‹ Correspondance diplomatique de talleyrand (volume 2)Chapitre 29 sur 74 · DE LA PAIX AVEC L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DE LA PAIX AVEC L'ANGLETERRE

16 vendémiaire an VI (7 octobre 1797).

J'ai reçu, Citoyens commissaires, la lettre en date du 2 octobre 1797 (vieux style) que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.

Si je n'avais à répondre qu'à la question de fait

^ K Paris, le 8 \/endëmiaire de l'an VI de la République française

(29 septembre 1797).

" Le Directoire exécutif, après avoir entendu le rapport du ministre des relations extérieures,

u Arrête que les citoyens Treilhard et Bonnier, ministres plénipotentiaires chargés de négocier la paix avec l'Angleterre, feront con-

que vous adressez au nom du Gouvernement, je crois qu'il me suffirait de vous faire observer que le Directoire exécutif, donnant à ses plénipotentiaires l'ordre de rester à Lille, après le départ du lord Malmesbury, a suffisamment prouvé qu'il ne regardait point encore la négociation comme absolument rompue, et que dans ce cas les commissaires de la République batave ne pouvaient envisager leur mission comme terminée.

Mais la manière dont vous témoignez le désir d'être instruits du véritable état d'une négociation au succès | de laquelle votre Gouvernement a déjà fait, dites-vous, à l'invitation formelle du Directoire exécutif, des avances

naître au lord Malmesbury, par une note officielle qu'ils lui expédieront par un courrier extraordinaire :

« Que le Directoire exécutif n'a point cessé de vouloir la paix; qu'il en a donné une preuve non équivoque par son arrêté du 25 fructidor dernier, qui, en réclamant une explication catégorique sur les pouvoirs donnés par le Gouvernement anglais à son ministre plénipotentiaire, n'avait pour objet que de marcher enfin à ce but;

« Que l'ordre donné aux plénipotentiaires de rester à Lille après le départ du lord Malmesbury en est une preuve nouvelle;

« Que cet ordre manifeste le désir qu'a le Directoire que lôrd Malmesbury obtienne des pouvoirs dont la limitation ne soit plus un prétexte pour retarder la conclusion de la paix.

« Le Directoire exécutif arrête de plus que si le ministre plénipotentiaire anglais n'est point rendu à Lille le 25 vendémiaire courant (16 octobre, vieux style), le Directoire ne pouvant plus douter que l'intention de Sa Majesté Britannique ne soit de rompre toute négociation, il rappelle les plénipotentiaires avec le vif regret qu'un rapprochement déjà entamé deux fois n'ait pu être consommé et que l'obstination du Gouvernement anglais fasse peser de nouveau le fléau de la guerre sur les deux nations.

« Pour expédition conforme :

« Le président du Directoire exécutifs

« P^EVEILLÈRE-LÉPEAUX. »

assez considérables par la proposition de plusieurs sacrifices, me met dans la nécessité de m'expliquer avec vous sur cette assertion qui n'est nullement exacte.

Bien loin que le Directoire exécutif ait jamais invité formellement la République batave à faire des sacrifices, si la négociation est un moment suspendue, peut-être rompue, c'est que le Directoire n'a point voulu séparer des intérêts de la République ceux de ses alliés.

Si le lord Malmesbury est parti, c'est qu'il n'a pas cru pouvoir convenir que ses pouvoirs l'autorisassent à consentir à toutes les restitutions qui pouvaient être jugées indispensables; et certes, il ne s'agit point de celles qui intéressent directement la République française, puisque, dès les premiers jours de la négociation, cet article avait été convenu.

Si dans le cours des conférences qui ont eu lieu entre vous et moi, si dans la lettre que je vous adressai le 6 fructidor dernier, je vous ai fait sentir qu'il était nécessaire, indispensable, que vous obtinsssiez de vos commettants avec les pouvoirs les plus amples les instructions les moins limitées , c'est parce que le Directoire exécutif, convaincu que la négociation avec l'Angleterre ne peut être conduite à fin qu'autant que ceux qui en sont chargés seront investis de la confiance la plus absolue, a cru pouvoir attendre de ses alliés l'emploi d'une mesure qu'il s'est imposée à lui-même et qu'il exige de ses ennemis. Car il est positif que la négociation, qui a été suspendue par le défaut des pouvoirs du plénipotentiaire anglais, ne sera vraiment

reprise et continuée que s'il en rapporte qui soient de nature à rendre une conclusion possible, et j'ajoute que le Directoire exécutif a marqué le 25 vendémiaire (16 octobre, vieux style) pour le terme fatal auquel, si le négociateur anglais n'est point de retour à Lille, il rappellera les citoyens Treilhard et Bonnier'.

TALLEYRAXD

AUX com:iîissairi:s de la IîÉPLRLIQUE batave

POUR LES NÉGOCIAïIONS DE LA PAIX AVEC L'ANGLETERRE

7 brumaire an VI (28 octobre 1797).

J'avais pensé, Citoyens commissaires, que mes précédentes lettres ne vous auraient laissé aucune explication ultérieure à désirer sur l'état actuel des négociations avec l'Angleterre.

Ayant eu soin de vous en communiquer toutes les pièces et de vous instruire de l'ordre donné à nos plé-

* u Celle ruplure, écrivait Sandoz-Rollin, qui, il y a un mois, aurait produit à Paris la plus forte sensation, a été reçue dans les circonstances présentes avec la plus grande indifférence. Les Parisiens sont devenus insensibles aux révolutions, à la paix, à la guerre...

t CVst un sot que ce lord Aîalmesbury, me disait hier le sieur Merlin; c'est un tartuffe, disait à son tour le sieur llewbell ; c'est un profond menteur, disait le ministre des relations extérieures. «

De son côté, Treilhard écrivait à Talleyrand, le 22 vendémiaire : u Lord Malmesbury a de l'esprit, mais moins que son secrétaire. »

sous LE DIRECTOIRE. 5T

nipotentiaires de quitter Lille , si celui de l'Angleterre n'y était point revenu avant le 25 vendémiaire, je supposais que le retour des citoyens Treilhard et Bonnier avait été pour vous un indice suffisamment explicatif et dont l'évidence s'accroît encore aujourd'hui par le rassemblement sur les côtes de l'Océan d'une armée qui portera le nom d'armée d'Angleterre, et qui sera commandée par le général Bonaparte.

Il me paraît impossible que votre Gouvernement n'ait point parfaitement apprécié notre commune situation vis-à-vis de la Grande-Bretagne, et c'est à lui à vous transmettre les instructions et les ordres qu'il jugera nécessaires.

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