LE PORTUGAL
L'influence de l'Angleterre sur le Portugal date de plus d'un siècle : elle tient principalement à ceci, que la
d'une manière ostensible dans celle guerre conlinenlale, elle pourrait devenir 1res à charge au inomenl de la pacidcalion, et que ce ou'il en coûtera,! à la République pour maintenir ses domaines et sa cons,deral.on surpasserait peut-être de beaucoup les faibles services qu elle en aurait obtenus.
" Quant aux intentions de la Cour de Madrid à l'égard de la République et du traité d'alliance, si l'on en juge daprfs tous les renseignements et les apparences extérieures, loul annonce que l'Espagne est ires bien disposée pour les intérêts de son alliée, et qu'elle a tout ce qu. dépendra d'elle pour concourir aux succè del opé! rations du Gouvernement français. Nous ne pouvons nous dissimul r que ses agents ne soient très zélés pour tout ce qui intéresse la République dans toutes les Cours; ils nous ont rendu les services les pîus .gnales C'est du ministre d'Kspagne à Vienne que l'on est parvenu à connaître le plan de campagne de la nouvelle coalition nou-ë ambassadeur à Berlin a souvent recouru au ministre espagnol aup^ de cette Cour pour lui servir d'intermédiaire, et il se loue bealup de son ,ele et de son attachement au Gouvernement français. Ce qu Ces pZ! ::„'^7,'-:'"0P'« f "' encore à l'appui de to.'.s ces faUs.
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« Si le D. E. jugeait à propos d'entraîner celle puissance dans «ne guerre contre l'Autricbe, la réunion des forces combina d deux alliées ne pourrai, guère avoir lieu qu'en Italie; mat " cam!
îuTrlteÎr '' "-r "' ''"' ^^"^ -"'- P-veront loueurs cel es d-pT. "T '""'' "" ""''' '•'^ ""-^ françaises avec
d leîi e'iîet; ^^ fp"^"" **" '"'''^ "' '"^ -'<''"« est'totalement dilte enl, et celle différence serait encore plus grande aujourd'hui que les gouvernements des deux États sont diamflralemen oppoÎé de forme et par conséquent de manière d'agir dans beaucoup dTcir-
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Maison deBragance, ayant besoin d'un appui continuel contre la puissance espagnole habituée à ne la considérer que comme une Maison sujette et révoltée, et ne pouvant le trouver dans la France presque toujours unie depuis la paix d'Utrecht à la Cour de Madrid, a dû le chercher dans le gouvernement qui, par sa force
constances. D'ailleurs, pour que les troupes espagnol<,s pussent rendre le service qu'on pourrait attendre, il faudrait qu elles se rendissent sur-le-champ à leur destination, mais il faut déjà tro.s mo>s de délai après la notification. Ajoutez à cela le temps de la faire parvenir à Madrid, les lenteurs apportées dans le développement des movens et des préparatifs indispensables. Ces secours d hommes une fois accordés, par quelle voie parviendraient-ils en Italie ou dans toute autre contrée convenue entre les deux gouvernements? La route de terre serait bien longue et bien dispendieuse. Les aire parvenir par mer? la chose serait d'autant plus difficile que les flottes combinées des Russes, des Turcs et des Anglais interceptent tous les passages de la Méditerranée. , .■ . • „^..,,
■ Mais la plus grande difficulté est encore dans le depenssement ou plutôt la nullité des forces réelles et disponibles de la Cour de
Madrid. ' . i. . • „.«„
a Je n'ai à cet égard que des renseignements mdirects, mais assez
fidèles pour v ajouter foi. , i r •
. L'ambassadeur de la République à Madrid est charge de faire parvenir le plus promptement possible l'état exact tant de la cavalerie que de l'infanterie espagnoles. En attendant des renseignements sûrs et directs, il est certain que les forces de terre disponibles de cette puissance s'élèvent ù peine à vingt-quatre mille hommes d infanterie et dix-huit mille hommes de cavalerie. Ce nombre est à peine suffisant pour maintenir sa tranquillité intérieure et pour Larder la vaste étendue de ses eôles contre l'agression des Anglais; et dans l'hypothèse d'une rupture avec l'Autriche, il est très probable que les Russes commettraient aussi contre l'Espagne les mêmes
hostilités que les Anglais.
„ Toutes ces considérations sont peu satisfaisantes, et cependant elles sont appuyées sur des faits positifs, et tirées de la nature des
choses. , , 1 T. ' ur ,«9
« Faudrait-il conclure que l'alliance est à charge a la République.'
318 LE MIiVlSTÈRE DE TALLEYRAMD
marilime, ses besoins réels et son industrie, lui pouvait procurer à la fois une garantie suffisante contre les projets de l'Espagne, un débouché certain pour ses denrées, un marché avantageux pour ses importations. Voilà l'origine et les motifs de leur union, en voici l'abus : c'est que l'Angleterre, toujours habile à tirer parti des moindres circonstances, s'est attribué le monopole exclusif du commerce des Portugais, et que
Celle conséquence fût-elle .raie, il n'en faudrait pas moins la soutenir et la continuer, et attendre des événements et du temps un résultat qu. repondra tôt ou tard aux efforts que la République est obhgee de faire pour le maintien de l'alliance. Un des résultats les plus avantageux, les plus réels, sera relatif au commerce, et cette considération seule doit l'emporter sur toutes les autres : ce doit être, en effet, I unique motif de maintenir l'alliance arec l'Espaane « Pour attendre quelque chose d'utile des forces espagnoles, il faul auparavant que la Cour de Madrid ait changé son s stLe politique et militaire ; cet heureux changement doit s'effectuer par l'influence active et bienfaisante du gouvernement français. Le premier pas à faire vers cet heureux résultat, c'est d'inspirer à la Cour de Madrid une confiance qu elle n'a point euejiisqu'i ce jour; c'est de ramener son système politique à des principes d'intérêts plus réels de considération et de puissance dont cette Cour semble s'éloigner de jour en jour. ^ J
« Le D. E. ne peut pas non plus espérer de remplacer les vinqt mille hommes stipulés dans l'article 5 du traité, par un secours
noZuT "'ulr'* """"' '■ "' ''""3^ d»- 1- "ansactions politiques semblables.
« Les finances de l'Espagne sont tellement obérées, que pour faire face au serv.ce le plus indispensable et le plus pressant, il a fallu créer des effets pour 240 millions.
son'tr';.!! *"P^.'"';<'"%«'-<«"ai'-es d'argent fournies par ses colonies sont retenues a Vera Cruz ou dans les autres ports d'Amérique.
.. te défaut de numéraire vient encore à l'appui des raisons qui pe vent engager le D. E. à ne point faire sortir l'Espagne de s'on état de neutrahte contmentale. Cependant, si cette puissance se trouve hors d'état d'être utile à la Re'publiqu'e, soit par ZTZIZ
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Lisbonne n'est plus depuis longtemps qu'un comptoir
de Londres.
Cette usurpation lente, mais continue, est arrivée à ce point que le joug en est à peine supportable pour le Gouvernement portugais. Aussi, quand il conçut la pensée d'entrer en négociation avec la République, ce fut moins par la crainte d'une invasion sur laquelle il devait être rassuré, si l'on en juge par le peu de chaleur avec laquelle l'Espagne a toujours accueilli cette proposition, que dans un moment de dépit et d'impatience contre la domination anglaise. Mais le parti de ce gouvernement, toujours puissant, toujours actif, vint à bout d'empêcher la ratification du traité qui avait été conclu à Paris le 23 thermidor an V, époque où le
lion formelle contre l'Autriche, soit par des forces effectives ou par des subsides équivalents, il faut recourir à un autre moyen plus facile pour la Cour de Madrid et non moins avantageux pour la Republique dans les circonstances actuelles.
„ L'Espaane est peut-être dans ce moment le pays de 1 Europe le moins dégarni de chevaux propres pour la cavalerie, et l'exper.ence vient de prouver que celle de la République est loin d avoir le degré de perfection nécessaire et d'être égale à celle de ses ennemis Celte partie de la force militaire de la République mérite toute 1 atlenl.on et la sollicitude du D. E.; s'il est vrai que l'Espagne puisse être en état de fournir un nombre de chevaux nécessaire pour remonter une cavalerie proporlionnée à l'infanterie de la République, je propose au D E d'en faire la demande expresse et de charger le citoven Gaillemardet d'avoir avec le ministère espagnol une prompte négociation à cet égard. Cependant, celte ressource ne paraît pas encore offrir des avantages bien réels. Le général Kellermann, que j a. consulté à cet éqard, m'a observé que ces chevaux avaient un grand inconvénient; qu'ils ne sont bons que lorsqu'ils sont enfers, e qu'alors ils s'accorderaient mal avec les nôtres; que s ils sont coupés, ils sont trop mous et trop faibles. »
Directoire, contrarié dans ses plus utiles pensées par les tracasseries du Corps législatif, ne fut point maître défaire ce qui était avantageux et possible. Et quoique l'arrestation de M. d'Aranjo qui a suivi cette époque ait pu ne pas déplaire au parti anglais, il en aura tiré parti pour aigrir encore la Reine de Portugal.
Cependant, elle paraît se repentir du refus qu'elle a fait de sa ratification, et elle a réclamé de nouveau l'intervention de la Cour d'Espagne. Elle propose de ratifier le traité conclu et d'ajouter même quelques millions à l'indemnité déjà stipulée.
Mais le Directoire a senti que cette proposition n'était plus admissible, et qu'un nouveau traité avec la Cour de Lisbonne devait être négocié sur d'autres bases.
Il s'agit moins d'obtenir une contribution dont l'avantage est passager, que d'établir en faveur de notre commerce des clauses durables, comme l'importation de nos draps, etc., de frapper celui de l'Angleterre auquel le traité du 23 thermidor laissait de trop grands avantages, de fermer aux flottes anglaises les ports du Portugal, qui assurent en temps de guerre leurs communications avec Gibraltar et la Méditerranée, d'obtenir dans la Guyane des limites plus étendues et mieux définies.
C'est ici que reparaît la question de la Louisiane, car il serait possible de négocier avec le Portugal de manière que quelques possessions coloniales , qui seraient exigées de lui, pussent être rétrocédées à l'Espagne en échange de la Louisiane. M. Azzara, avec qui
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je me suis entretenu de ce double objet, a demandé à sa Cour des pouvoirs pour en traiter.
Si je n'examine pas la question de savoir si, au lieu de faire un traité avec le Portugal, il ne serait point préférable de profiter de l'état de guerre où s'est mis cette puissance nécessairement tributaire des Anglais, pour la faire disparaître et partager ses possessions, de manière que celles qui tiennent au continent européen fussent réunies à l'Espagne et que les autres devinssent notre lot, c'est qu'il est à peu près certain que la Cour de Madrid se prêterait difficilement à ce partage, d'abord parce qu'elle serait jalouse de notre accroissement en Amérique, parce que les liens de famille qui l'unissent aujourd'hui à la Maison de Bragance sont aussi forts que ceux qui l'unissent à nous, et surtout parce qu'elle craindrait de livrer passage à nos troupes pour coopérer à cette conquête, et de recevoir ainsi l'inoculation de la liberté.
LES PUISSANCES DE l'iTALIE.
L'aspect de l'Italie frappe par la diversité des intérêts et des vues politiques des puissances qu'elle renferme : le contraste de leurs systèmes de gouvernement, le peu de solidité de leurs frontières respectives, l'ambition qui se développe chez les plus nouvelles, l'inquiétude qui s'est emparée des autres, les tiennent dans un état de méfiance et de sourdes hostilités.
La liberté est aux prises avec le^ principes monar-
chiques, et tandis que les autres puissances n'ont ordinairement d'inquiétude que sur l'invasion de leurs territoires, celles d'Italie s'inspirent des craintes réciproques pour leur propre existence.
Je mettrai d'un côté les républiques, de l'autre les gouvernements monarchiques.