‹ Correspondance diplomatique de talleyrand (volume 2)Chapitre 65 sur 74 · TALLEYRAND AUX MINISTRES PLÉNIPOTENTIAIRES · texte numérisé non relu

TALLEYRAND AUX MINISTRES PLÉNIPOTENTIAIRES

DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU CONGRÈS DE RASTADT

7 pluviôse an VII (26 janvier 1799).

Citoyens, le Directoire exécutif, toujours occupé de Texamen approfondi du plan de sécularisation que vous avez proposé, se disposait à vous faire connaître ses dernières déterminations ; mais la réponse insignifiante delà Diète de Ratisbonne à la communication qui lui avait été donnée de votre déclaration relative à la marche des Russes, et le silence absolu de l'Empereur sur le même objet, sont des motifs pour qu'on ne se presse point d'entamer, à Rastadt, une discussion qui ne peut avoir aucun bon résultat, si les deux pays ne sont pas animés d'un même et unique désir pour la conclusion de la paix.

L'intention du Directoire est donc, Citoyens, que vous remettiez à la députation de l'Empire un nouvel office, dans lequel vous lui déclarerez que vous avez

ordre de ne remettre ni recevoir aucune note sur aucun des points de la négociation , aussi longtemps qu'il n'aura point été répondu d'une manière catégorique et satisfaisante à celle du 13 nivôse dernier.

Vous remettrez aussi à M. de Leherbach un nouvel office, dans lequel vous ferez connaître votre étonnement de n'avoir point encore reçu de lui de réponse catégorique et satisfaisante sur la marche des Russes, qui annoncent hautement que c'est contre la République française qu'ils sont dirigés. Vous ajouterez que le Gouvernement français ne peut supporter plus longtemps une incertitude qui compromet la dignité et les intérêts de la République, et que vous avez ordre de demander, par son organe, à S. M. l'Empereur, une assurance positive que les troupes russes évacueront les territoires de S. M. l'Empereur et Roi, et que des ordres sont donnés en conséquence. Vous demanderez que dans l'espace de quinze jours, à compter de celui où votre office aura été remis, cette assurance vous soit donnée.

Le défaut de cette déclaration, ou le silence, étant une preuve manifeste de l'accession de l'Empereur aux entreprises de la Russie, serait regardé forcément par le Gouvernement français pour une agression. Le Directoire accueillerait avec le plus grand plaisir, et de l'Empire et de l'Empereur, toute preuve d'évacuation du territoire d'Autriche par les Russes, qui seule annoncerait la franche et ferme disposition soit d'observer les traités conclus, soit de hâter et assurer la

sous LE DIRECTOIRE. 419

conclusion de celui qui est en négociation à Rastadt. Les expressions de cette lettre sont celles que vous emploierez dans votre note.

Vous donnerez connaissance de votre note au gênérai Jourdan, et vous le tiendrez au courant de tout ce que vous observerez qui puisse y être relatif.

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