‹ Correspondance diplomatique de talleyrand (volume 2)Chapitre 9 sur 74 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

réclamer au nom du département l'ouverture de la galerie du Louvre, sans laquelle un grand nombre de tableaux n'auraient pas pu être exposés.

«A l'époque du mois d'avril 1791, voici ce qui s'est passé. On s'occupait, à Paris, de l'arrêté du directoire du département, concernant les églises paroissiales, les chapelles, etc., etc. Cet arrêté, pris le 11 avril, fut soumis par le directoire à l'Assemblée nationale, qui, le 18, le renvoya au comité de constitution, pour qu'il fît son rapport. Je fus chargé de ce petit travail \ et m'en occupai au même instant. Ce fut le lendemain ou le surlendemain que je rencontrai dans une société M. Laporte. On y parla beaucoup, comme on faisait ailleurs, des pâques du Roi, de l'arrêté du département et du bon ou mauvais succès qu'il aurait dans l'Assemblée. Je dis que j'ignorais quelle serait l'opinion d^ l'Assemblée à cet égard, mais que la mienne était bien décidée, et qu'au département et à l'Assemblée, je soutiendrais l'arrêté^. J'ajoutai que j'avais déjà rédigé dans ces principes le projet de rapport du comité de constitution. L'objet de ce rapport devant être de rendre très familières des vérités importantes à l'ordre public, j'avais le projet de consulter plusieurs personnes. Quelques-uns de mes collègues, actuellement de la Convention nationale, peuvent se rappeler que je leur ai communiqué à cette époque et que je profitai de leurs conseils en y faisant des changements considérables. M. Laporte, qui, comme tous

* « On me recommanda de lui donner à peu près la longueur d'une affiche. » 2 Depuis l'exécution de l'arrêté du Directoire, il n'y a plus eu de troubles religieux à Paris.

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les serviteurs du Roi, n'était en ce moment occupé que des inquiétudes de conscience qu'il manifestait aux approches de Pâques, paraissait s'intéresser très vivement au succès d'un arrêté qui déclarait que la liberté du citoyen dans ses opinions religieuses doit lui être garantie contre toute espèce d'atteinte. J'ai su ensuite d'une personne de la chambre dans laquelle nous étions, qui me demanda de lui prêter ce rapport, que M. Laporte en avait obtenu d'elle communication. Et c'est apparemment cette pièce qu'il se hâta de faire copier et d'envoyer au Roi, comme propre sans doute à rassurer sa conscience. Je disais en effet dans ce rapport : «Ne parlons pas ici de tolérance; cette expression dominatrice est une insulte, et ne doit plus faire partie du langage d'un peuple libre et éclairé. S'il est un culte que la nation ait voulu payer , parce qu'il tient à la croyance du plus grand nombre, il n'en est aucun hors duquel elle ail voulu, elle ait pu déclarer qu'on ne serait pas citoyen et par conséquent habile à toutes les fonctions. Portons le principe jusqu'où il peut aller j le Roi lui-même, le premier fonctionnaire de la Nation, qui, certes, et avant tout, doit faire exécuter la loi acceptée ou sanctionnée par lui et ne laissera aucun doute à cet égard sur son imperturbable résolution, pourrait, en remplissant ce premier devoir, suivre un culte différent, sans qu'on ait aucun droit de l'inquiéter; car le temps n'est plus où l'on disait, et où malheureusement on soutenait, les armes à la main, que la religion du Roi doit être nécessairement celle de la Nation. Tout est libre de part et d'autre; il en est du Roi à cet égard comme de tout autre fonctionnaire public. Voilà le prin-

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