‹ Correspondance diplomatique de TalleyrandChapitre 13 sur 22 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

TALLEYRAND AU COMTE SÉBASTIAi\I

Londres, le 30 décembre 1830.

Monsieur le Comte,

Dans ma dernière dépêche, portant par erreur le n° 58, et qui doit avoir le n° 59, j ai eu l'honneur de vous entretenir du résultat de ma dernière conférence sur les affaires de la Grèce avec lord Palmerston et le prince Lieven. Les conversations que j'ai eues depuis sur ce sujet avec les ministres anglais m'ont démontré

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que le choix de leur Gouvernement, comme souverain du nouvel Etat grec, était fixé sur le prince Othon de Bavière. Ce n'est donc plus comme un projet, mais comme un point à peu près arrêté, que nous devons considérer cette résolution du Cabinet de Londres : mon prédécesseur avait été, du reste, autorisé à y donner son adhésion. Dans une correspondance qui avait eu lieu avec le roi de Bavière, on en était venu jusqu'à demander quel revenu personnel il ferait à son fils, pour qu'à son début en Grèce il ne se trouvât pas à charge au pays.

M. Van de Weyer n'est pas encore ici ; il est probable que c'est le temps qui aura retardé son arrivée. Je vous écrirai dès que je l'aurai vu. On dit qu'il vient avec un M. Behr, sur lequel je n'ai aucun renseignement. M. de Celles, qui doit être à Paris, vous dira qui il est.

Je viens de parler de nouveau, avec lord Palmerston, du souverain de la Belgique; je lui ai dit qu'il paraissait que la Russie ferait quelques difficultés au choix du prince Léopold. Il m'a répondu que, d'après les renseignements qu'il avait, il pensait que la Russie n'était point particulièrement opposée au choix du prince Léopold, mais qu'elle n'était point tout à fait décidée à l'abandon du prince d'Orange. Elle est entretenue dans ses espérances, à cet égard, par quelques pétitions d'Anvers, de Gand et de Liège, favorables à la Maison de Nassau. Je suis fondé à croire que l'Angleterre préfère à toute autre combinaison celle du prince Léopold, marié à une princesse de France; et, si vous

n'avez pas d'objections, c'est dans celte direction que je resterai.

La levée de la milice dans les trois royaumes, que vous avez vue annoncée dans les journaux anglais, a pour objet le rétablissement de l'ordre. On dit que si toute cette milice était réunie, ce qui probablement n'arrivera jamais , elle formerait environ quarante mille hommes.

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