I XXII
« officiers espagnols qu'ils avoient vus euxmcmcs en prison et qu'ils « l'attcndoicnt pour le recevoir dans la ville. Il descendit des vaisseaux « sur cette nouvelle et marcha droit à Ostende, mais quant il fut « près et qu'il ne vit personne venu au-devant de lui, il eut quelque •< soupçon et avec raison, car aussitôt toute l'artillerie de la ville « déchargea sur lui et quantité de troupes sortirent qui coupèrent >< le chemin qui étoit entre lui et la mer pour l'empêcher de regagner « ses vaisseaux. Se voyant ainsi investi de tous costés il n'eut y •• d'autre parti à prendre que de se rendre prisonnier de guerre avec « troupes '. Le- L-pagnols jouèrent bien leurs personnages, car ils tirent . :ivcmcnt aux François qui allèrent le-* reconnoistre des » officiers prisonniers qui s'y estoient mis exprès pour se moquer ■ et faire tomber le maréchal d'Aumont dans le piège, comme il lit - » .
L'intendant Talon, Du Ranché et Yicuxbourg, capitaines aux gardes et plusieurs autres officiers avaient ete pris avec vingt ou trente mousquetaire 1 l gnols en i mal, écrit Mademoisel « ils avoient des casaques d Roy et m les renvoyer; au lieu de « cela on les mit en prison . . . ce qui fâcha fort le R(
La Cour apprit la nouvelle à Amiens; le- uns prenant la chose au sérieux disaient « que c'estoit la faute du Marescbal, qui SVoit fait cette « entre; fantaisie contre l'ordre de la Cour*»; les autres
tournaient au contraire en dérision cette trop confiante expédition, le Maréchal et l'Intendant qui lavaient conduite, le Cardinal qui ne l'avait pas empêchée .
M 'arin qui appréciait fort exactement l'entreprise1 et cependant l'avait laissée librement se poursuivre7, lorsque d'un mot il poi.
iviron cent cinquante hommes, suivant la GaftUt.
» .Unii. de Montgtat \f lvtitot, t. Ll,
3 Mil ' ■ iemohellede Sfonty,
<np. Pethot, t. XI. ni, p
■ nu
1 Guy Patin notamment est l'echo malicieui Je ces critiques.
Urtt .1» Cardinal A/jyjn'n. t. VIII,
7 C'est seulement
chai, il en convient luii Imiu ttid., i
qu'il lui dcpïchc • un gentilhomme avec « ordre du Roy pn .
t quti >iue fut l'entreprise
malheur a voulu, continue- 1- il, que « quel-
• que diligence qu'on ayt pu (air
• ordre ne s<it arriré que cinq heures
• après la chose faite », deux semaine}
> départ et Celai* I II avait leurs, toujours pour se couvrir, mai* beaucoup)' écrit le u mai, deux
sur le même Dans la seconde de ces lettres, il exprimait l.i crainte que fordre du Roi n'jr-
ET LE CARDINAL MAZARIN lxxiii
tout arrêter, se re'pandait en protestations re'pétées auprès de Lockart, de Bordeaux, d'Ormesson, etc., affirmant qu'il n'avait pas été en sa puissance de rien empêcher, qu'il n'avait rien négligé pour décider le Maréchal à prendre auparavant des sûretés réelles et des ostages considérables. Mais on sent au milieu de tous ces beaux discours que l'affaire d'Ostende n'est pas bien désagréable au Cardinal; il répète volontiers qu'il n'en faut plus parler et songer seulement à prendre la revanche de ce petit malheur à force ouverte1; et dans l'intimité de la Reine il est même prêt à rire de la mésaventure de son ancien ami. « Rouché vous contera en détail le fameux succez d'Ostende et pourveu « que vous ayez le tems de l'entendre, il vous entretiendra tant que « vous voudrez, car il sçait beaucoup de choses et n'est pas fâché de « les dire. Vous n'ave\ jamais entendît une plus belle farce. Les Espa- « gnols ne cessent pas de s'en moquer, mais il faut tascher qu'ils ne « rient pas les derniers, etc. 2 »
Les Espagnols, en effet, tiraient de la mésaventure du Maréchal « des comédies perpétuelles », suivant l'expression de Grammont3, et la Galette répondait de bonne encre à leurs bravades4
On laissa le Maréchal se morfondre jusqu'en janvier suivant dans les prisons de Caracène; au bout de huit longs mois il était enfin échangé contre Sevalbe, le gouverneur d'Anvers, Montmorency-Boute-
1 Lettres du Cardinal Ma^arin, pp. 36o, « quelques François ayant esté attirez 364. 369. « par la supercherie de leurs ennemis
2 Ibid., p. 384. « qui n'en sçauroyent venir à bout par
3 Ibid., p. 385. « les voyes honorables, ont eu environ 1 « Les Espagnols, bien éloignez de « i5o des leurs tuez ou faits prisonniers
« ceux qui se contentent, pour tout bruit 0 avec d'autant de plus de facilité qu'ils
« de leurs plus grandes victoires, de celui 0 estoient attenduz dans le piège qu'on
« qu'ont fait leur coups d'espées pour les « leur avoit dressé, par autant de troupes
« gangner, estans accoustumez de publier 0 que s'il eust esté question de donner
« par des relations fastueuses jusques « bataille à une armée, ce qui est toutefois
« au bonheur qu'ils ont quelquefois de 0 au dire des Espagnols un merveilleux
« s'empescher de perdre une place ou 0 exploit et qui ne mérite pas moins
« d'en acquérir quelqu'autre, sans en « qu'on en parle aussi solennellement
« estre redevables à leur valeur, a qui il « que d'un fameux combat ou d'une
« n'arrive guère d'en emporter ni d'en « célèbre conqueste ». (Ga%., i658, n°6o,
« bien défendre, n'entretiennent ici le p. 462). « Peuple, par des récits entièrement
« fabuleux, que de ce qui s'est passé à » Bruxelles, le 18 may i658. ..
« Ostende le 14 du courant (14 mai) ou
teville, le futur maréchal du Luxembourg et Coligny-Saligny, qui dent fait prendre aux Dunes1.
Le Cardinal lui avait écrit dans sa captivité une lettre destinée à lui donner le change sur lui-même et sur Turennc. En lisant cette missive perfide-, le prisonnier d'Ostende put vraiment se demander si ce n'était pas à l'hostilité de ce dernier qu'il devait une mésaventure qui l'avait écarté de l'armée, juste à l'entrée d'une campagne où il aurait eu quelque gloire nouvelle a acquérir!
En sortant de captivité, Antoine d'Aumont trouvait en effet les choses bien changées sur la frontière. Si la trahison de La Rivière avait momentanément livré Hesdin aux Espagnols, la victoire Dunes 4 juin; avait assuré la prise de Dunkerque (23 juin) de Berguescq (a juillet , de Fumes (3 juillet), de Dixmude (7 juillet , Je Gravelines (3o août, de Menin (17 septembre) et enfin dTprea J4 septembre
D'autres nouvelles moins heureuses attendaient le maréchal en Boulonnois où le baron de Colcmbert, lieutenant de roi, avait dû prendre en mains le gouvernement de la province, a la place du marquis de Villequier exilé momentanément en Hollande.
d'interrègne avait coûté fort cher à la province !
lonnaisc. 'tandis que l'attention du commandement se concentrait tout
entière du côté de Dunkerque, une partie de cavalerie ennemie de
nts chevaux s'était promené fort, suivant l'expression de
I tarin, au coeur du pays'-, l'n peu plus t propres défenseurs,
iliers de Villequier-Allemand avaient fait la moisson pour leur
compte et dépouillé si bien les paysans qu'il n'y avait plus d'espéru
ta tait tristement le Chapitre de Notre-Dame, de recueillir -la.
■i,-c les .îrticlfi capitulation tlhid . n- 76, p. S85).— HrLiite Fermée SI 1 ■■ de lent' ' mkerque
\iareschal de Ture<. /., n» 76. p. 601). — l.a prit
;jr le maréchal de — Particula- Turenne (Ibii., n» 8o, '
.7- '..'.irjrin.t. \'lll, ie Dunkerque ;
maniement du -h capital., citée pu D. Haigncré
Jbii . tfl Stat. et Arch du l
Dunkerque j arrondissement de Bouhgna, t. II, p >
ET LE CARDINAL MAZARIN
L'exil de Louis-Marie-Victor d'Aumont avait eu pour cause une affaire d'honneur de ce jeune et bouillant officier avec le duc d'Elbeuf, gouverneur de Picardie. Ce triste personnage était depuis longtemps en mauvais termes avec le maréchal d'Aumont. Leurs pouvoirs étaient mal limités et dès i652 des différends avaient surgi entre eux1. Plus tard le duc avait pris ouvertement le parti des Campaigno dans les démêlés de ces derniers avec le gouverneur de Boulogne.
Les relations de commandement entre le Duc et le Maréchal avaient été fort tendues pendant le cours de l'hiver 1 65y- 1 658 et s'il n'y avait pas eu de nouvel éclat, c'était parce que d'Aumont se trouvait éloigné du côté de Mardick2. Le fils du maréchal, Louis-Marie-Victor, marquis de Villequier, était fort monté contre l'adversaire de son père et une rixe des plus graves éclata pendant le voyage du Roi à la frontière (avril i658).
Lorsqu'on arriva à Boulogne, écrit Mademoiselle, c'est-à-dire le « 22 de ce mois « on avoit marqué un logis à M. de Villequier3, préfé- « rablement à tout autre, parce que le Roi étoit dans le sien4 et que « c'est l'ordre d'en user ainsi. M. d'Elbceuf le voulut prendre comme « gouverneur de la province5, M. de Villequier le disputa et l'affaire « ne passa pas plus avant pour ce jour là. Le lendemain c M. d'Elbceuf « l'attaqua à la campagne; assez proche du lieu où étoit le Roi" à la tête « de quelques troupes qu'escortoient Sa Majesté. Villequier n'étoit « point le plus fort, ils ne se battirent point; l'affaire fut sue, elle n'étoit « pas secrète, on les empêcha de se battre et on commanda à Villequier « de s'en retourner à son gouvernement et à M. d'Elbceuf de s'en aller à
1 Lettres du Cardinal Ma^arin, t. V, p. 38, etc.
2 « On envoyé ordre à M. le mareschal « Daumont de se jeter dans Mardik avec « le plus de monde qu'il pourra de sorte « qu'étant encore plus éloigné par ce o moyen du duc d'Elbeuf, ils auront i moins de matière de démêlés et de « plus je lui escris en termes que je ne o doute point qu'il ne fasse ce que dé- « pendra de luy pour demeurer en bonne « intelligence avec monseigneur d'El- " beuf, mais les soings que vous pren-
« drez auprès de celuy-ci pour le main- « tenir dans les sentiments ou il est y « seront sans doute fort utiles. C'est « pourquoi je vous prie de ne le quitter
« point » [Lettre de Ma^arin au comte
de Moret (Mél. Colbert, t. 52, fol. 88 v°).
3 Louis-Marie-Victor d'Aumont.
i Le roi était descendu à l'hôtel d'Aumont.
5 II était en réalité gouverneur de Picardie.
« 23 Avril.
7 En tirant vers Calais.
,xxvi LE MARÉCHAL D'AUMONT
Paris1. Le Roi lui fit donner un enseigne de ses gardes, pour le
-< garder jusqu'à ce qu'on eut accommodé l'affaire »
Le jeune marquis de Villequier, gouverneur de Boulogne en l'absence du Maréchal, rentra momentanément dans sa résidence où il ava
ciller notamment les réquisitions que lui adressait Le Tcllier pour le siège de Dunkcrque-. Il eut a s'occuper ensuite des prisonniers principaux de la bataille des Dunes, Scvalbe, le gouverneur d'Anvers, Montmoren .ville, le futur maréchal du Luxembourg, Romain-
ville des Roches, capitaine des gardes de Condé et quelques autres1, enfermes au château de Boulogne, jusqu'à leur transfert à Soissons. Il lui fallut encore recevoir à Boulogne le régiment d'Alsace4 et l'en faire repartir pour Calais avec les Anglais et les Ecossais des régim de Cook, Landsford et Thomson.
Bref il fut retenu à Boulogne jusqu'au commencement du mois
d'août. Libre alors de quitter un instant sa résidence, et tandis que le
jeune Roi se remettait àCompiégnc de la maladie Je Calait, il rejoignait
le duc d'Elbœuf dans la capitale et en tirait vengeance de son mieux.
( >n me mande de Paris », écrit toujours Mademoiselle, « que l'affaire
de M. d'Elbœuf et de Villequier avuit fait du bruit; que Villequier
« avi.;i attaqué M. d'Elbœuf dans la rue; que Salins qui etoit l'en-
« seigne du Roy qui gardoit M. d'Elbœuf, voulut représenter à
Vi'i. juicr qu'il ne le devoit pas attaquer en sa présence, lui qui
•voit donner l'exemple pour faire respecter les personnes qui étoient
immisça de la part du Roi pour empêcher les gens de se battre;
Villequier s'en étoit moqué ; que M. d'Elhccuf avoit été contraint
de mettre l'épée a la main et avoit été un peu blessé, que MM. d'EI-
bœuf et Villequier s'étoient battus et que sur la lin on les avoit
M. d'Elbœuf fit informer de ce procédé, le traita comme un
sinat et non comme un combat, parce que Villequier avoit avec
■ lui quatre ou cinq hommes à cheval. Ils ne mireOI p.is pied à terre
et ila tl'étoient que pour sa suieté et de crainte qu'on ne le pril
' Dan* une lettre à la Reine du 6 août, ttf* CXLVII.
ire t qu'il eust esté boa de Wll.
« ne pas permettre à M if d'aller CLXVI1I.
• èP 1 1 «r une fascheusc affaire ' ! M.
■.nera Je la peine » {Lettres
irdinal hlafarin. t. VIII. p.
ET LE CARDINAL MAZARIN lxxvii
Cette rencontre fit beaucoup de bruit à la ville et à la Cour où les deux adversaires comptaient des défenseurs. Le Roi n'était pas autrement fâché estant bien ayse, dit Mazarin, d'avoir de braves gens près de lui. Il fit même défendre au duc d'Elbœuf de paraître en sa présence. Mais le Cardinal n'envisageait pas la question au même point de vue que le jeune monarque, et il écrivait' de Calais le 10 août à l'évêque de Fréjus : « Je cognois le Roi trop délicat sur le point du respect qui luy « est deub, pour croire que Sa Majesté puisse avoir de la joye dans
« son cœur de ce que M. de Villequier a faict ses meilleurs amis
« peuvent bien compatir à son malheur d'avoir faict une action par « laquelle il a encouru V indignation du Roy, mais ils ne peuvent pas « soutenir que Sa Majesté n'ait été offensée ». Et après avoir insisté de nouveau auprès de la Reine, dans une lettre du même jour2, sur cette question du respect de l'autorité royale, il priait le Roi lui-même « de « se bien comporter en cette affaire et de tesmoigner qu'il est fort « indigné de la manière dont on en a usé». Sans cela, ajoutait-il, « les « édict sont à vau l'eau et son authorité dans le mépris3 ». C'est cette indignation supposée du jeune roi, c'est ce manque de respect de Villequier pour les ordres de son maître, qui font les frais de la réponse adressée à l'infortunée maréchale, qui séparée ainsi tout à la fois de son époux et de son fils, l'a supplié d'intervenir en faveur de ce dernier. Mazarin est loin de laCour et il ne peut rien pour l'instant, il verra à son retour « en quelle disposition seront les choses. » Et pendant qu'il rédige ce petit chef-d'œuvre de duplicité, les Maréchaux délibèrent et le Parlement, qu'il a saisi de l'affaire, condamne Villequier, qui est contraint de passer en Hollande pour y attendre sa grâce.
Le père, prisonnier des Espagnols de mai à décembre, le fils en exil pendant une année presque entière ; les rancunes du Cardinal sont largement satisfaites4 et il se confond de nouveau en protestations
* Lettres du Cardinal Mazarin, t. VIII, le récit de ses relations avec le Cardinal
p. 774. (Ed. cit., t. II, p. 170). « Je me racom-
2 Lettres du Cardinal Mazarin, t. VIII, « modai avec Son Eminence, mais elle p. 557. 0 s'en est fort bien souvenue et m'a traité
3 lbid. t. VIII, p. 56g. « de la façon que font ceux de sa nation
4 Puységur qui, avant le maréchal « qui n'oublient jamais rien quand ils d'Aumont avait, lui aussi, encouru la 0 croient avoir été offensés. » défaveur de Mazarin, disait, en terminant
lxxviii LE MARÉCHAL D'AUMONT
amicales pour l'un et pour l'autre. « Je ne sçay pas sur quel fondement .
écrit-il un jour au maréchal encore captif, « l'on croiroit que je n'ay
[ as pour vous toute l'amitié et la considération que vous méritez
« quoique je me sois toujours déclaré ouvertement et que je n'ay perdu
• aucune occasion de vous en donner des marques comme je conti- « nuerai de faire à l'advenir. .Mais il faut que vous me rendiez la " justice J'en estre bien persuadé et que vous ne soyez point susceptible « de toutes les impressions contraires qu'on veut vous donnei
Et un autre jour, après son retour : « Je suis ravy •, dit-il, « que vous soyez à présent en estât de continuer au Roy les sci- <• vices que vous lui avez toujours rendus si utilement, j'ay beaucoup
• d'impatience de vous en pouvoir féliciter de vive voix et vous pro-
ter que personne ne s'intéresse plus sensiblement aux choses « qui vous touchent !
A Villcquier, qui a repris ses fonctions de capitaine des ganta
octobre i65g , il ose certifier que dans le nombre des amis qu'il possède
a la Cour il n'y en a point sur qui il puisse faire un fondement plus
xri et il se déclare très certain que sa victime d'hier lui rendra
la même jusliee. "11 a été si aise de l'embrasser à son retour cette
bsence a augmenté la joye de le recevoir '
1. 1 correspondance de Ma/ai in avec les d'Aumont se termine sur ces belles protestati'
l'ne seule lettre est postérieure à [65Q1 ; elle esi adressée à M d'Aumont et lui porte les condoléances d'un goût médiocre que Mazarin a dictées à Bon intention. Le pauvre maréchal, après toutes ses épreuves, était tombe1 gravement malade et le cardinal Ma/ai in s'en déclarait fort J'asehe. Il espérait pieusement que Dieu rendrait la santé à son ami et qu'ainsi il ne serait pas obligé d'interposer ses sen-iees en faveur de la .Maréchale afin t]Uê le Rojr considère ses intérêts.'.' Il
' Je ne trouve l'intéressant a men- Mas en Espagne, ayant demandé un
tionncr, en ce qui concerne le Maréchal, passeport pour traverser la France, le
entre son retour et sa maladie, que la Hoi lui envoya le maréchal d'Aumont à
ion de courtoisie qui lui fut donnée la frontière pour le recevoir et l'amener
par le Roi auprès de Don Juan d'Autriche à Paris, en mars 1659. Celui-ci, rappelé des Pays-
ET LE CARDINAL MAZARIN lxxix
la suppliait d'ailleurs de faire en tout cas estât de son service (20 mars 1660) ! !
Ce fut lui, Mazarin, qui s'en alla le premier (9 mai 1661) et tout aussitôt la fortune des d'Aumont, dont il avait tout net arrête' l'essor, reprit plus brillante que jamais.
Au départ de Bournonville, le maréchal était nommé pour trois ans gouverneur et lieutenant général pour le Roy de la ville, prévosté et vicomte de Paris (2 mai 1662) * et par deux fois (en juin i665 et 1668) il recevait de nouvelles provisions triennales de cette charge de premier ordre.
En novembre 1 665 le Roi signait les lettres si longtemps attendues qui érigeaient le marquisat d'Isles en duché et pairie d'Aumont. Enfin lorsqu'éclata, en 1667, la guerre dite des Droits de la Reine, on confia au Maréchal-Duc les pouvoirs de commander la cavalerie et l'infanterie réunies à Doullens, c'est-à-dire l'aile gauche de l'armée, dont le Roi conduisait en personne avec Turenne la portion centrale.
Le Maréchal-Duc, rajeuni par le succès, enlève cette rapide campagne comme au temps de sa vaillante jeunesse, et l'on a conservé dans ses archives de famille les capitulations d'Armentières (28 mai), de Bergues (5 juin), du fort Saint-François (1 1 juin), de Furnes (12 juin), pris en quelques jours par le corps d'armée de 6000 fantassins et de 2000 chevaux qu'il mène au combat. Le Maréchal rejoignait le Roi à Tournai, qui se rendait le 24 juin, et Douai pris à son tour (6 juillet), il attaquait Courtrai qui ouvrait ses portes le quatrième jour (14- 18 juillet). Pendant ce temps sa cavalerie, commandée par le comte de Lorges, contribuait à investir Lille2 dont le Roi commençait le siège.
Les relations du temps3, et notamment le Journal du Siège1*, et la correspondance de Louvois5 nous montrent le maréchal-duc d'Aumont
1 Archives de Monaco, fonds d'Aumont. '' Journal du Siège de la ville de Lille,
2 Extr. de la Relation française, publiés imprimé par ordre du magistrat, 1667. — sous le titre de la Campagne royale, etc., Brun-Lavaine et Elie Brun (op. cit., p. 212 Paris, 1668. (ap. Brun-Lavaine et Elie et suiv.), ont reproduit Te seul exemplaire Brun, Les Sept Sièges de Lille, Paris, connu de cette rarissime plaquette). i838, in-80, p. 244). 3 Lettres CLX, CLXL
:i Ibid., pp. 262-263.
lxix LE MARÉCHAL D'AUMONT
couvrant les lignes françaises et surveillant l'ennemi vers Tournay et vers Vprcs. Lille ouvrait ses portes au Roi le 28 août.
Au retour de cette courte et brillante campagne, le Maréchal-Duc, qui n'avait pas suffisamment ménage ses forces, fut repris du mal qui avait failli l'emporter huit ans plus tôt et après avoir lutté de longs mois, il finit par succomber dans les premiers jours de l'année 1669' laissant à Louis-Marie-Victor, son fils aîné, la meilleure part de ses honneurs et de ses charges.
Celui-ci, devenu le gendre de Le Tellier et le beau -frère de Louvois, par son mariage avec Magdeleine-Pharc Le Tellier (dimanche 21 novembre 1660 , avait conquis avec une rapide aisance une haute situation. Mcstre de camp, lieutenant d'un régiment de cuirassiers du Roi et capitaine-lieutenant de la première compagnie (a décembre i665), un peu plus tard, brigadier de cavalerie 5 mai 1667), il avait été chargé d'une mission près de Kuvtcr, qui commandait la Hotte des Provinccs- I , puis il avait obtenu une Commission pour commander dans
l'année de Monsieur, frère du Roi 1668 .
I":i arrêt du Parlement du 14 février 1669 le reçut, à la place de son père, ^en la dignité de duc et pair de France? ». Le 10 mars .suivant, il retirait des provisions di 1 premier gentilhomme de la Chambre di. I que Louis lui avait données, sur la démission du
duc de Montemart *, et le iz du même mois il résignait sa charge de « capitaine des gardes du c> rpa Cl l»Tt ir du marquis de Rochcfort contre une somme de Boo,000 1.
Depuis le a6 févriti il était gouverneur en titre des <• ville et
château de Boulogne* », Cette charge c^t restée dans la famille d'Aumont jusqu'à la Révolution.
1 II fut inhume le 3i janvier de cette * Jal., loc. cil.
•nnce. (Jal., Ditt. crttiq.. * éd., p. 83). ' Archivesdc Monaco, fondsd Aumont.
2 Archives Ji. M t'.'ndid'Aumont.
pi. m.
tut