‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 9 sur 70 · LXXXIII. treuil, le 22 à Boulogne, le i3 à Calais · texte numérisé non relu

LXXXIII. treuil, le 22 à Boulogne, le i3 à Calais

ET LE CARDINAL MAZARIN lxxi

Rominhac1, est un homme de Mazarin, entourent d'Aumont, ils savent que la tâche de pourvoyeur et de nettoyeur de Mardick qu'il vient d'accomplir, lui a été fort à charge, qu'il sent bien qu'on le dessert à la Cour depuis quelques années, et n'a d'autre désir que de faire quelque coup d'éclat qui ramène vers lui l'attention et la faveur du jeune Roi. Quoique quinquagénaire, il a gardé la fougue de ses premières années et son bouillant courage est prêt à toutes les aventures.

On arrive à le persuader qu'il lui suffira de paraître devant Ostende avec Talon et qu'on remettra, sans coup férir, cette place importante entre leurs mains. Il n'ignore pourtant pas les trahisons du même ordre qui ont piteusement avorté à Nieuport et à Ostende même, en 1648 et en i65o2, et cependant il est sans défiance et ne songe pas à prendre des gages, avant de se lancer dans une imprudente aventure.

Le projet cependant était si bien ébruité dans Paris que, s'il l'on

en croit Montglat, « qui vouloit sçavoir n'avoit qu'à aller dans

« les boutiques chez des marchands où on apprenoit tout le secret « de l'entreprise3 ».

Le maréchal s'embarquait à Calais le 28 avril avec un certain nombre de soldats empruntés aux mousquetaires du Roi, au régiment des gardes du Cardinal et aux débris de deux régiments lorrains qu'on avait conservés. Plusieurs petits vaisseaux étaient chargés de cette troupe que commandait le sieur de Creil4. « Etant arrivé à la rade « d'Ostende, il ne put mettre pied à terre à cause du vent contraire qui « le tint huit jours5 sans pouvoir descendre, mais enfin le beau temps « étant revenu, il envoya une chaloupe avec des gens pour recon- « noistre l'état de la ville. Ils lui rapportèrent que ceux de son intel- « ligence s'etoient saisis des portes et du gouverneur et des principaux

' « Ny vous ny vos amis », écrivait Laroque, t. II, p. 57, 96, Paris r 883

mystérieusement Mazarin à Talon, dont in-12.

le rôle me paraît louche dans cette affaire, 3 Montglat (ap. Petitot, t. LI, pp. 49-

« vous n'aurez jamais sujet de regretter le 5o). — 0 Comme ce qui lui était nécessaire

« soin que vous apporterez à faire réussir ne fut pas prêt à point nommé, on disait

« l'affaire que vous savez et dont j'ay dans les rues que son voyage était différé

a chargé ledit sieur de Rominhac de vous de quelques jours, etc. »

« entretenir de vive voix » (Mél. '' Ga$., i658, n° 5i, pp. 396-397.

Colb., t. 5i a, fol. 624 v°). r> Treize jours suivant Mazarin (Lettres

2 Cf. Mém. de Jacques de Chastenet, du Cardinal Mazarin, t. VIII, p. 365). Ce

seigneur de Puységur, Ed. Tamizey de dernier chiffre est le plus vraisemblable.

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