PREMIERE PARTIE
LETTRES DE MAZARIÏS Aï 1 HAL D'AUMONT
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courage, vostrt au . - - . tek pour - si
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vous avez désiré. J'espère que ce sera en d'autres ocasions que vous recevrez encore d'autres preuves de cette vérité et il ne s'en présentera point où je ne vous fasse paroistre par effet que je suis véritablement, Monsieur, vostre très affn' serviteur,
A Paris, ce 3o juillet 1643.
Le Cardinal Ma/arini.
Adresse :
A Monsieur,
Monsieur de Villequier, capitaine des gardes du corps de Sa Majesté et gouverneur de Boulogne. — A Boulogne.
Cachet cire noire, aux armes du cardinal ; lac rouge.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — I 1 bibliothèque Ma/arin M
n° 1214, fol. 83 v«i, publiée par Chéruel {Lettres du Cardinal A/jjarni. t.I.pp
Monsieur,
veu par celle que VOUS avez pris la peine Je m'escrirc. le devoir que vous avez Fait de mener un renfort considérable au corps de M. le Grand Maistre1. Cela n'est point nouveau pour vous, et ce n'est pas la première ocasion où vous axl/ tait voir que vous aviez du zèle et Jcs amis pour servir le Roy. .le ne doute point que pouvant estre tort utile aux desseins qu'a Son A. H. VOUS ne soyez obligé à taire quelque séjour dans SOO
armée1! C'est pourquoy je tais envoyer l'ordre a M. l'abbé
' Charles Armand Je La Porte, m.irquis, puis duc i! I 1 M .
Cardinal d. une nièce,
Horti ' Utérin.
Il avili; ..rand maître d
tillcric, en i633, a l'âge de trente et un an.
Il devint maréchal de France i 3? ans I9), et il est mort en 1664, «près IDC* bien d'autres emplois.
3 l 1 Meilleraye qu'Antoine J'Aumoni nmanjait devant Gravclmcs sous le duc d'Orléans.
d'Aumont1 de commander en vostre absence aux lieux de vostre gouvernement, conformément à ce que vous avez désiré2. Je rends grâce des nouvelles que vous m'avez mandées et vous conjure de croire que je seray toujours avec une véritable passion, Monsieur, vostre très an0"1' serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Paris, ce xxxe mars 1644.
La copie de la bibliothèque Mazarine (Ms. n° 2214, fol. 184), porte la date du 27 mai. Chéruel l'a analysée sous cette date à la fin de son premier volume. {Lettr., etc., t. I, p. 894).
' Roger d'Aumont, abbé d'Uzerches, Bauzilles, Beaulieu et Longvilliers était le troisième des fils de Jacques d'Aumont, baron de Chappes, et de Charlotte-Catherine de Villequier. Il avait dû à Richelieu, qui le qualifiait de « très honneste gentilhomme » et de « bon ecclésiastique », l'abbaye de Longvilliers, vacante par la mort de M. de Toiras, évêque de Nîmes (Lettres, instructions et papiers d'Etat du Cardinal de Richelieu, recueillies et publiées par M. Avenel, t. VII, p. 3o5.Doc. inéd. 1874). Plus tard il fut nommé évêque d'Avranches (1645). Son neveu, Charles d'Aumont, second fils d'Antoine, lui succéda dans ses quatre abbayes; il avait en outre le titre d'aumosnier du Roy.
2 La lettre écrite à ce sujet existe en triple expédition dans les registres qui portent les numéros 22 14 (fol. 1 85 et 788), et 2216 (fol. 337 v°), de la collection des manuscrits de la bibliothèque Mazarine.
Elle figure aux analyses de Chéruel (t. I, p. 394). En voici le texte :
« A Monsieur l'abbé d'Aumont.
« Monsieur,
« Les offres que vous me faites de vos- « tre affection venant d'une personne de
0 vostre mérite ne me peuvent estre que « furt chères; aussy je vous supplie de n croire que je les ay receùes avec « beaucoup de ressentiment et un grand « désir de m'en revancher. Je vous re- « mercie des nouvelles que vous m'avez « mandées et vous coniure de continuer « les mesmes soins qui ne nous peuvent « estre qu'agréables et utiles. Je ne « m'étonnerois du beau renfort que Mr.
0 vostre frère mené a l'armée et du peu de « temps auquel il l'a assemblé, si cestoit « la pre-mière occasion ou il eust fait « voir qu'il a du zèle et des amis pour « servir le Roy. Et d'autant que pouvant « estre fort utile a l'armée il y pourroit « aussi faire du séjour vous recevrez des « ordres pour commander en son absence 0 aux lieux de son gouvernement. Je g sçais que Sa Majesté n'y pourroit point << avoir une personne mieux intentionnée « que vous, n'y plus capable d'y maince tenir le service. Croyez aussy s'il vous « plaist qu'il n'y aura jamais qui soit plus 0 véritablement que moy, etc.
« 27 may 1644 ».
4 LETTRES DE MAZAHIN
Monsieur,
J'ay ordre de la Reyne de vous faire scavoir la satisfaction
qu'EIle a des services que vous rendez à l'acheminement de l'entreprise la plus importante qui soit aujourd'huy dans ['Estât. Hlle s'y estoit bien attendue et je l'ay tousjours assurée qu'on pouvait faire un estât certain, pour ce sujet, de tout ce qui dépendroit de vous. Je croirois vous faire tort de vous exhorter à continuer. Je me resjouis seulement de ce que dans la véritable inclination que j'ay de VOUS servir, vous m'en donnerez matière me donnant de quoy faire valoir auprès de Sa Majesté ce que vous faites è fairez. Vous m'obligerez de me mander les nouvelle^ qui mériteront destre . et sur tout de croire qu'il est impossible que personne soit plus que mi y, Monsieur, VOStK
alf"' serviteur.
Le Cardinal Mazaium.
A Taris, le io« juin 1644.
.\/. le Marquis de Vilîequier,
Archives de Monaco, fonds d'Aumont.— Copie dans le manuscrit de la bibliothèque Mazannc, D*asi6, fol. 335 v\— Cf. Lettres du Çtrinuit Mâfërin, t. II, paoa.
Monsieur,
■..un par vos lettres et par les relations qui nous viennent de devant Gravelines, les soins avec lesquels vous continue/ d'en favoriser le siège, je ne puis que continuer a les faire valoir
auprès de la Reyne.
père que le succès sera en cela tel que nous le désir au moins s'il n'arrive point d'accident extraordinaire et inopiné
qui l'empesche ; et alors certes vous aurez vostre part à la gloire
d'une si importante conqueste, ayant servy si utilement et tant
contribué à ce qui estoit nécessaire pour le faire. Cependant,
croyez que personne ne sera jamais plus que moy, Monsieur,
vostre très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Paris, ce 12e juin 1644.
Copie à la bibliothèque Mazarine (Ms. n°22i4, fol. 194 v°), publiée par Chéruel (t. I, pp. 748-749)-
Monsieur,
Les soins que vous avez pris et la facilité que vous avez
apportée pour tout ce qui regarde le siège de Grauelines méritent
bien que je vous tesmoigne le ressentiment particulier que j'en
ay eu. Vous pouvez croire que je n'ay pas manqué d'en informer
la Reyne de temps en temps et que Sa Majesté est trop juste
pour ne vous scavoir pas le gré qu'elle doit de ce que vous avez
fait en cette occasion. Mais d'autant que j'ay donné ordre à
M. l'abbé Bentivoglio1 que j'envoye vers S. A. R. de vous voir
en passant et de vous entretenir plus particulièrement2, je me
remets a ce qu'il vous en dira, de vive voix, pour vous asseurer
que personne ne sera jamais plus que moy, Monsieur, vostre
très affné et véritable serviteur,
Paris, ce 3e aoust 1644.
M. le Marquis de Villequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Analysée par Chéruel (t. II, p. 616), d'après la copie de la bibliothèque Mazarine (Ms. n° 2214, fol. 225 v°).
1 L'abbé Bentivoglio était frère du 2 C'est d'ailleurs un procédé très habi-
nonce « Monsignor Bentivoglio », comme tuel à Mazarin d'envoyer ainsi des émis-
l'appelle Mazarin; il est fréquemment saires chargés d'instructions verbales. On
question de ce personnage dans la corres- en rencontre nombre d'autres annoncés
pondance du Cardinal. dans toute cette suite de lettres.
LETTRES DE MAXARIN
Monsieur,
Vous avez servy si utilement et vostre présence dans vostre gouvernement est si avantageuse aux affaires du Roy en ces quartiers là; qu'a moins que de vous substituer M. l'abbé d'Aumont, la Revue auroit bien eu de la peine de VOUS acorder la permission de vous en absenter pour quelque temps; mais puisque l'interest de vostre santé exige que vous changiez d'air et que le service de S M geste ne peut rien souffrir sous une per-
nesi intelligente et si zélée que M. vostre frère: je suis bien aise de VOUS avoir procure cette dispense et de vous avoir I moigné en cette petite occasion que vostre bien et vostre contentement me sont fort chers. Croyez s'il vous plaist que je n'en perdroy jamais ou je vous pourras- faire paroistre que personne au monde n'est plus véritablement que moy, Monsieur, vostre
.iil serviteur,
Le Cardinal Mazammi.
Paris, ce 8e septembre 1644.
I uisvous avoir escrit celle cy, M. vostre frère m'a dit que VOUS deviez demeurer le reste de ce mois dans vostK gouvernement. Je m'en suis resjouy scachant l'assistance que voua
pouvez contribuer dans la résolution qu'on a prise îcv de lortitier Ouaten '.
M. le Marquis de Villequier.
Archive- nds d'Aumonl. — Analyste par Chcruel il. Il, p. 6ïi),
d'après ! de la bibliothèque Maiarinc iMs. ^2214, fol. 3oi v» et n* 3216,
fol. 346 v»|. — l.c post-scriptum autographe manque dans ces deux copies.
1 Watun (Ouaten, L'vatc, dans les me- Pas-de-Calais, dans une position stratemoirct du tempsi, bourg sur l'Aa, a la pique importante. Les Espagnols avaient limite des départements du Nord et du fortifie l'abbaye, qui fut emportée par
Monsieur.
Je connois trop l'importance de la perte que vous venez de faire en la mort de M. d'Aumont1, pour douter que la douleur que vous en aurez receûe ne soit extrême. Aussi toute la consolation que je prétends vous donner contre un si fascheux acident est de vous dire que vous n'en n'êtes pas affligé tout seul, et qu'en la mesme personne que vous pleurez un frère de grand mérite, je regrette un amy fort véritable et un serviteur fort utile à Sa Magesté2. Après cette déclaration j'ay encore a vous dire que, scachant l'estroite union et la parfaite amitié avec laquelle vous viviez, cela m'obligera de rassembler en un mesme sujet, ce qui estoit partagé à deux et d'ajouter l'affection que j'avois pour luy à celle que j'ay tousjours eue pour vous. Je vous supplie de vous en asseurer et de croire que je ne perdray jamais d'ocasion de vous rendre des preuves de cette vérité, et de vous tesmoigner que
Gassion, après la reddition de Gravelines, et confiée à la garde de Manicamp.
« Le progrès des armées françaises « rendant le fort d'Uvate inutile », écrit Montglat dans sa Douzième campagne (1644), « il fut résolu de le raser; pour « cet effet le canon qui étoit dedans « ayant été mené à Calais, il fut entière- (i ment démoli ». Mémoires de Montglat, Petitot, t. L, p. 36.
* Charles, marquis d'Aumont, quatrième fils de Jacques d'Aumont, baron de Chappes, et de Charlotte-Catherine de Villequier, venait de mourir à Spire d'une blessure reçue au siège de Landau. Il était arrivé devant la place le 23 septembre : « le jour même il ouvrit la tranchée « et mit le canon en batterie ; mais le
« lendemain, donnant ses ordres dans « l'attaque, il reçut une mousquetade « dans la hanche qui lui cassa le gros « os, dont il mourut peu de jours après, « au grand regret de toute l'armée, dans « laquelle il était fort aimé. » (Mémoires de Montglat, Petitot, t. XLIX, p. 444. — Cf. Merc. fr., 1644, t. XXV, 2° part., p. l32.
2 Dans une lettre au lieutenant général Toubatel, du 19 mai précédent, Mazarin dit du marquis d'Aumont « que c'est un « cavalier qui, outre sa naissance, qui est « illustre, a de fort bonnes qualités en sa « personne » ; il se promet que son correspondant sera bien aise de servir avec lui. {Lettres du Cardinal Mazarin, t. I, p. 696).
8 LETTRES DE MAZAJUN
personne au monde n'est plus que moy, Monsieur, vostre très affn< et vcritable serviteur.
Le Cardinal Ma/arini.
Fontainebleau, ce 17* octobre 1644.
Adresse :
A Monsieur,
Monsieur le Marquis de Villequier, chevalier des Ordres du Roy, capitaine de ses gardes du corps et gouverneur de Boulogne. — A Boulogne.
Double cachet noir, aux armes du cardinal ; lac bleu-noir.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Analysée par Chéruel It. II. p. 628), d'après les copies de la bibliothèque Mazarine iMs. n° 1114, fol. 3 16 et n» iîi6, fol. 31
Monsieur.
Je n'ay pas este trompe dans l'opinion que j'ay eue, que vostre présence sur la frontière de Picardie seroil très utile au service de Sa Majesté, les clfects ont confirmé la vérité de cette croyance et il nous en vient des relations si avantageuses que dans la passion que j'ay pour vostre personne et pour tout ce qui vous regarde je n'en puis recevoir une petite joye. Je ne VOUS exhorte point de continuer à bien faire, je ferois tort à vostre Aleet vostre courage. Je VOUS diray seulement que la Revue considérant la despense que vous êtes obligé de faire au lieu ou VOUS estes, vous envoyé véritablement une petite aittto de cos!j\ mais qui procède d'une grande estime qu'elle fait de vous et de la satisfaction qu'elle a de VOS services : pour tBOJ vous ne doute/ point
' Aiuto de costa, gratification.
que je ne suis plus que personne du monde, Monsieur, vostre
très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
[Paris], i3 mars 1645.
Copie à la bibliothèque Mazarine (Ms. n° 2214, fol. 353 v° et n° 2216, fol. 38o), analysée par Chéruel (t. II. p. 644).
Monsieur,
J'ay reçeu la lettre que vous m'avez escrite du 18e du courant et veu ce que vous desiriez de moy pour le service de Monsieur vostre fils : au commencement du quartier d'octobre qui vient vous pouvez estre asseuré que je m'employerai de tout mon cœur à vous faire donner la satisfaction que vous souhaitez en ce rencontre et que vous tenant pour un de mes meilleurs amis et vous estimant autant qu'il se peut, je seray tousjours ravy d'avoir occasion de vous faire paroistre de plus en plus que je suis cordiallement, Monsieur, vostre très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Fontainebleau, 29 septembre 1645.
Copie à la bibliothèque Mazarine (Ms. n° 2214, fol. 45o), analysée par Chéruel, (t. II, p. 685).
Monsieur,
J'ay receu vos lettres du i3 du courant, vous avez eu grand suiet de croire que ie prendrois part à la perte que M. de Liancourt et M. le comte De Lanoy ont faite du pauvre comte de
io LETTRES DE MAZARIN
La Kocheguion '. Je vous proteste que j'en suis inconsolable et pour l'inclination particulière que j'avois pour sa personne et pour la considération de ceux à qui il appartenoit qui sont des meilleurs amis que j'aye au monde, pleut à Dieu que ie pusse de mon sang soulager leur douleur ie le ferais avec grande satisfaction. Cependant ie vous suis bien obligé des tesraoignages continuels que vous me donné/ de vostre amitié, je vous prie de croire que j'y correspons avec entière cordialité et que ie suis bien véritablement, Monsieur, vo*tre très affn' serviteur.
Le Cardinal Ma/.arini.
Fontainebleau, du 17 aousi 1646).
Copie dans le Recueil des lettres françaises de Mafarin de 1646 ' :~ \rchives du ministère des affaires étrangères, France, t. 261, fol. 17S \r»); mentionnée aux analyses de Cherucl it. II. p. ;
Monsieur.
Leurs Maiestez ont telle satisfaction du bon estât et de la force de vostre régiment de cavallerie qu'elles ont crû le devoir et-,
menter de deux compagnies, afin qu'il puisse agir plus
utilement pour leur service, .le vous prie de cbercher deux
pitaines qui puissenl les taire bonnes et de les envoyer au
plus tost icy ou l'argent de la levée est tout près) afin qu'ils ne
perdent pas un moment de temps a y travailler, et que s'il est
• Anne d'Aumont. secur cadette d'An- notre personnage. Le comte de La Rochetoinc d'Aumont. veuve d'Antoine Potlicr, guyon, dont la mort est ici déplorée, était
iScth de Lan tvail nite do l.annoy, tille du -et par suite, le heau-
rncur de Montrcuil-s " \ ne d'Aumont.
était par conséquent le beau-frère I
AU MARECHAL DAUMONT u
possible nous les ayons en quinze jours. Je ne vous dis rien des autres affaires ny de la satisfaction que la Reyne a de vous parceque vous devez la juger de la manière avec laquelle vous servez le Roy et l'Estat, et du zèle et de la capacité que vous faites paroistre en toutes rencontres. Sur ce je demeure, Monsieur,
vostre très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Du deuxiesme juillet (1647).
Copie dans le Recueil des lettres françaises de Majarin de 1646-1647 (Archives du ministère des affaires étrangères, France, t. 261, fol. 407), analysée par Chéruel (t. II, p. 916).
Monsieur,
Sa Maiesté voulant estre informée des prises qui se sont faites depuis quelque temps en ces costes affin de remédier aux plaintes de quelques alliez de cette couronne qui s'y intéressent beaucoup, envoyé exprès de delà le sieur Le Roux, lieutenant gênerai de robe longue en la grande prevosté de France; je ne puis, dans la cognoissance que j'ay de l'importance de sa commission, que je ne vous prie en mon particulier de l'y favoriser en tout ce qui dépendra de vostre authorité, vous asseurant que comme vous rendrez en cela a Sa Maiesté un service fort utile elle vous en saura tout le gré que vous pouvez souhaitter, et je m'en sentiray obligé en mon particulier à embrasser encore plus ardemmeut les occasions de paroistre, Monsieur, vostre très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
A Amiens, le 16e juillet 1647.
M. de Villequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont.
M LETTRES DE MAZAHIN
Monsieur.
Il est vray que je vous avois escrit pour augmenter de deux compagnies votre régiment de cavalerie. Et je suis estonné que ma lettre ne vous ayt pas esté rendue, me souvenant bien que C'est un des miens qui en a este chargé quoyquc je ne puisse pas présentement me remettre son nom en mémoire; j'avois este bien ayse de vous en escrire, croyant que vous le seriez de mesme de cette augmentation. Si cela est donc, en eftect, au mesme que vous désiriez faire encore quelqu'autre levée, l'on donnera icy les commissions et l'argent à qui aura charge de vous, mais il faudroit que lesdites levées fussent sur pied dans quinze jours api l'expédition Je celuy qui viendra icy de vostre part. j"attendray vostre responce et les occasions de vous taire paroistre que je suis tousiours avec autant d'estime et d'amitié que vous pouvez souhaitter, Monsieur, vostre très aff01 serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
A Amiens, le 19 juillet 1647.
M. de y'illequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Copie dans le Recueil des lettres françaises de Mjjarir., il-., France, t. XXII, p. 38o;, analysée par Chéruel t. II. p. 925».
Monsieur.
J'ayreceu vostre lettre du 24" de ce mois. Quoyque je doute
tort que l'une des deux compagnies d'augmentation pour vostre régiment puisse estre preste dans la lin du mois prochain, on n'a
AU MARÉCHAL D'AUMONT i3
pas laissé d'en donner les expéditions et l'argent à celuy qui la doit mettre sur pied. Cependant je me resjouys du bon estât de vostre santé, laissant à part vostre zèle au service du Roy et vostre application à tout ce qui concerne ce poinct la comme choses qui vous sont ordinaires et dont il est désormais superflu de vous louer. Je ne m'estends point non plus icysurles affaires, estant certain que M. le maréchal de Gassion vous donne part de ce qu'on luy mande l, ce ne seroit qu'une repétition inutile ; asseurez vous s'il vous plaist qne j'ay tousiours autant d'estime pour vostre personne que vous pouvez souhaitter et que je suis avec passion, Monsieur, vostre très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
3o juillet 1647.
M. de Villequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Copie aux archives du ministère des affaires étrangères, France, t. 261, n° 424. — L'original n'a pas de date; la copie porte : A monsieur de Villequier, du trentiesme juillet, — Analysée par Chéruel (t. II, p. 933).
Monsieur,
J'ay receu une lettre d'Arras par laquelle on me mande que M. le maréchal de Gassion a esté blessé2 et quoy qu'on y adjouste que c'estoit sans danger, je ne laisse pas de depescher ce gentilhomme pour soulager l'impatience ou je suis de scavoir au plus-
1 On trouve, en effet, dans les papiers « mousquet à la teste en défendant la
d'Antoine d'Aumont deux longues lettres « demi-lune que nous avons emportée à
originales de Mazarin à Gassion, des « Lens, dont les ennemis nous vouloient
25 et 26 septembre 1647, <Vit ce dernier « chasser. » Lettre de Mazarin au ma-
avait dû communiquer à Antoine d'Au- réchal de Ranimait. (Lettres, etc., t. II,
mont et qui seront imprimées dans un p. 495). — Cf. Mémoires de Montglat
des appendices qui suivent. (Petitot, t. L, p. 72).
a Le maréchal « avoit reçu un coup de
i4 LETTRES DE MAZARIN
tost de véritables nouvelles de l'Estat de sa santé, et pour lui □soigner le sensible desplaisir que j'ay receu de ce fascheux accident. On me marque en même temps que les dehors de Lens estoient pris. De sorte que la place ne pouvant plus guères tenir après cela, ce malheur n'empochera pas que nous ne venions à bout de l'entreprise, et n'aura point, s'il plait à Dieu, d'autres mauvaises suites, Leurs Maiestés prenans une entière confiance en vos soings, en vostre valeur et en vostre prudente direction et en tant de braves maréchaux de camp et autres officiers qui vous >nderont, je vous prie surtout de prendre garde que tout le monde agisse dans la mesme union et la mesme obéissance qu'il faisoit auparavant et me remettant du surplus a ce gentilhomme, je demeure de tout mon cœur, Monsieur, vostre très atl0' serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Fontainebleau, 3o septembre 1647.
.\/. de Villequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont.
Monsieur,
S avons SCeû plus particulièrement par M. de Bussière ce que nous n'avions appris que confusément par le courrier de M. Fouquet1 île la blessure de M. le mareschal de Gassion: vous pOUVés penser quelle est la peine que cet accident nous donne. Par tOUtte sorte de respect je ne m'estendrav pas sur la mienne particulière, vous la jugerez asses par l'affection et la tendresse
;ncux sous-intendant des Flandre. (Cf. Lettres du C.jrdinjl .\f.if.ilinanccs, alors intendant de l'armée de rin, t. II, p. 495).
AU MARECHAL D'AUMONT i5
que vous scavez que j'ay pour luy, et je considère encore que ce malheur pourroit bien faire prendre quelque résolution aux ennemis a laquelle ils n'eussent osé songer autrement. Mais je ne doucte pas aussy que cela ne tourne a leur confusion apprenant de tous costes le passionné désir que tous les officiers ont de faire paroistre en cette occurrance plus que jamais leur zèle et leur suffisence et scachant qu'en de semblables occasions on sort de l'ordinaire et on se surmonte soy-mesme.
Nous croyons que M. le mareschal de Ransau ' se sera rendu à l'armée en toute diligence 2 et mesme qu'il aura peu mener avec luy quelques trouppes de celles quy sont du coste de la mer pour la renforcer.
Cependant la Reyne est en grand repos d'esprit de scavoir le commandement de l'armée entre les mains d'une personne quy a autant de zèle, de prudence et de courage que vous en aves faict paroistre en touttes rencontres et s'asseure que l'union en sera aussy parfaicte, qu'il est nécessaire qu'elle le soit pour le service du Roy. Et sur ce sujet je vous advoue que j'ay esté ravy de voir dans une lettre de M. de Paluau3 que vous usiez de sorte de votre commandement qu'il n'y a personne dans l'armée quy ne vous rende de très bon cœur touttes les mesmes defferences que M. le mareschal de Gassion.
Vous aures veu par la depesche que j'escrivois a M. le mareschalde Gassion4 par le sieur de TEspine, que Leurs Magestés désirent qu'en cas que les ennemis entreprissent5 sur Dixmuide ou sur Furne ou quelque autre poste du costé de la mer on
1 Josias, comte de Rantzau, danois, cavalerie légère, maréchal de camp, depuis
passé au service de la France en i635, maréchal de France (i653).
maréchal de France depuis 1645 (Lettres * C'est l'une des deux dépêches de
du Cardinal Ma^arin, t. II, pp. 495-496). Mazarin à Gassion, retrouvées dans les
3 Rantzau n'était pas loin; les deux archives d'Antoine d'Aumont et repro-
maréchaux avaient tenu conseil à Ypres duites plus loin. Elle est datée du
quelques jours auparavant. (Mémoires 25 septsmbre.
de Montglat (Petitot, t. L, p. 52). s Les quelques lignes qui suivent sont
3 Philippe de Clérambault, comte de chiffrées; la traduction que nous donnons
Palluau, maître de camp général de la est superposée au chiffre.
LETTIŒS Di: MAZAR1N
accourra, toutes choses [laissées] la avec l'armée pour le secourir a force ouverte.
Elles persistent encore dans la mesme volonté et sy le cas arrive je vous prie de ne perdre pas un moment de temps à L'exécuter.
Je vous recommande sur toutes choses la conservation des trouppes que j'apprends avec grand desplaisir estre un peu diminuées par les longues marches et le manquement de pain. On travaille des années entières avec des soings continuels a en amasser et il n'est pas estrange après cela que l'on soit sy sensible quand on les voit dépérir sy aysément.
Je VOUS conjure aussi d'avoir une application particulière au faicl des vivres, pour en faire avoir abondemment a l'armée, afin que nous ne tombions plus dans l'inconvénient quy nous est arri\ é dans la dernière marche.
Et comme yl n'y a rien quy contribue plus a conserver les soldats que l'espérance de loucher bientOSt de l'argent, je croy qu'on naura pas manqué de leur faire scavoir que la monstre s'advence*. El les derniers advis que j'ay sont qu'elle estoit à Amiens. Je m estonne mesme quelle soit encore la, et il taudra que vous envoye2 les ordres nécessaires pour la faire aller a B Lllens et de la a l'armée en sorte qu'elle ne courre point de risque ce quy est remis a votre direction et prudence. Je vous prie scullcmcnt quand on la distribuera de contribuer tout ce quy dépendra de VOUS pour faire que l'on puisse mesnager le plus qu'il se pourra les deniers revenans bons afin que l'on aye moyen de s'en servir en diverses despenses absolument nécessaires comme fortifications ou travaux a quoy la disette ou nous sommes nous empesche absolument de pouvoir fournir autant
1 Montre, en terme de guerre, se dit de solde qu'on paie aux soldais ordinai-
la revue qu'on fait des troupes, pour voir rement dans ces revues. • Les troupes
• ^impiétés et pour en régler « n'ont pas reçu d'arpent depuis I
la marche et le payement. Le mot de • mois, il leur est dû trois montres ».
montre se dit plus particulièrement de la {Dictionnaire de TrénU
qu'il en seroit besoing. Et Sa Majesté vous recommande surtout qu'aucun officier absent ne soit payé s'il ne l'est par blessure.
Vous pourres tirer1 au moing cinq cens hommes de Courtray et le régiment de cavallerie de Gassion. S'il y a quelque chose a entreprendre du costé de la mer et en cas que ce fust de costé de l'Escaut ou de la Lis on pourra mesme en tirer davantage.
Je vis hyer avec grand plaisir M. vostre frère et lay faict mettre en service ce matin, et me remettant du surplus a M. de Bussière, je demeure, Monsieur, vostre très affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Fontainebleau, le 1" octobre 1647.
Adresse :
A Monsieur,
Monsieur le Marquis de Villequier, chevalier des Ordres du Roy, capitaine des gardes du corps de Sa Majesté et lieutenant général dans ses armées.
Double cachet rouge aux armes du cardinal; lacs soie rouge. Archives de Monaco, fonds d'Aumont.
Monsieur,
Je ne dois pas laisser partir le sieur de Cominges2 que la Reyne depesche a l'armée pour le subject que Sa Majesté luy a donné charge de vous communiquer, sans me resjouir avec vous de la prise de Lens 3, ou vostre prudence et vostre courage ont eu
1 Toute cette fin de lettre est également 3 Lens s'était rendu le 3 octobre. Il s'y
chiffrée, mais le chiffre en est traduit. trouvait « quatorze cens hommes dedans,
3 Gaston-Jean Buplast, comte de Com- « et des meilleurs troupes qu'eussent les
minges, nommé maréchal de camp le « ennemis ». (Lettres du Cardinal Ma^a-
22 avril 1649. (Cf- Lettres du Cardinal rin, t. II, p. 496). Ma^arin, t. III, p. 3g3).
aumont. 3.
tant de part. Aussy ne se peut-il rien adjouster à la satisfaction que Sa Majesté en a et à son ressentiment qui a esté encores augmente depuis le tesmoingnage que M. le mareschal de Ransau a puis soin de rendre icy que la gloire vous en estoit entièrement deue et ù messieurs les officiers qui ont servy souz vous, sans qu'il y eust contribué en rien par sa présence quoy qu'il y fust arrivé avant que les armes du Roy fussent dedans.
menant je ne scaurois à beaucoup prés vous exprimer la ion extrême que la Reyne à que les ennemis ayent subject de se repentir de l'attaque qu'il/, ont faicte de Oixmuydc ' et combien il luy seroit insuportable. les forces du Roy se trouvant supérieures en nombre et commandées par de si braves chefs, que la campagne s'achevast si mal pour nous, qu'il/, remportassent un adventage de cette considération. Elle se promet que chacun fera effort pour se surmonter soy mesme en une oecurenec si importante et qui luy est si fort à cœur. Tour moy ie scay qu'il est superflu de VOUS y exciter par aucun motif, ai: me contenteray ie de vous prier d'exciter les autres et déparier aux officiers de tous les corps, et aussy de me mander après, qui se sera le plus signalé, affin que je prenne soin de taire distinguer par des recompenses ceux qui auront le zèle et le COUI se distinguer par leurs services. Cependant je demeure. Monsieur, VOStre très .itl" serviteur,