I.I.I I RES DE MAZARIN
.M'insreur,
Je n'ay pas eu grand peine à croire la joye que vous avez ressentie de la levée du siège de Guise ', outre l'advantage que ce succez aporte aux affaires du Roy. Il est bien juste que ceux qui y ont contribué par leurs bons advis et par leurs soings à couper les vivres aux ennemis : s'en rejouissent encore pour l'honneur qui leur en esl deub, j'espère que ce ne sera pas la le seul sujet de resjouissance que nous aurons cette campagne. Mlle a trop bien commencé pour ne pas finir de mesme et me fournir matière dans
Liiie de l'aire valoir vos services de plus en plus a Sa Magesté comme je leray de tout mon cœur estant avec l'estime et la passion que je suis. Monsieur, vostre très ail" serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Fontainebleau, le 7 juillet i63o.
M. de l'illequicr.
.hivcj de Monaco, fonds d'Aumont.
1 Cette petite place investie par les
espagnols le il Lettres du
(..irdm.il .U.ifjrin, t. 111, p. 56ol, n'avait
pas pu être secouru ; en temps utile, ilbid..
le 26 du même
'•'. M . [dieu, le ^'uverneur,
retiré dan teau avec la gar-
, et l'ennemi presse
par les troupes du maréchal Du IMessis dû se retirer le 4 juillet. Louis de Bridien qui avait montre le plus grand courage dans la défense de la ville, fut nommé peu après, lieutenant gém :
1 Villcquicr avait contribue à enlever le convoi des ennemis vers Landrecies Lettres, etc. t. III, p. 579).
Monsieur,
Sa Majesté me l'ayant ainsi commandé et S. A. R. l'ayant
voulu, je fais estât de partir dimanche prochain1 pour vous aller
voir et ayder, en ce que je pourray, a chasserlesennemisdeRethel2
et de Chasteau Porcien 3. Je me promets de vostre zèle pour le
service du Roy et de vostre amitié envers moy en mon particulier,
que vous ne serez pas marry de cette nouvelle et n'aurez pas de
peine a vous disposer a faire tous vos effortz pour le bon succez
de cette entreprise. Il seroit superflu de m'estendre icy davantage
estant si près d'avoir le bien de vous entretenir de vive voix, c'est
pourquoy je me contente de vous asseurer seulement que je
suis toujours avec la mesme passion, Monsieur, vostre très
affné serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
Paris, le 17 novembre i65o.
M. de Villequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont.
XXXV l
Je vous remercie du soin que vous avez bien voulu prendre de me despecher ce gentilhomme pour me donner advis certain de la marche que fait l'armée. J'avais desjà sceu en gros ce que
1 C'est seulement le 12 décembre que tement des Ardennes, à trente-huit kilo-
Mazarin arriva à Rethel, au moment où mètres sud-ouest de Mézières, surl'Aisne.
les Français achevaient d'emporter les 3 Chef-lieu de canton du département
deux faubourgs du côté de Reims. (Lettres, des Ardennes, â douze kilomètres à
etc., t. III, pp. 9,32 et suiv.) l'ouest de Rethel, sur la rive droite de
1 Rethel, sous-préfecture du dépar- l'Aisne.
M. le marc>chal du Plessis avoit résolu de faire, ayant reçu deux de se-* lettres. Je vous renvoyé celle qu'il vous a escrite et comme je suis sur le point d'avoir le bien de vous voir, faisant e-tat de nie trouver a Retel a l'arrivée de l'armée, je remets alors a vous entretenir plus particulièrement et a vous asseurer mieux de vive voix qu'on ne scauroit estre avec plus de passion, Monsieur,
vostre très afFné serviteur,
Le Cardinal Mazarim.
Rheims, le 7* décembre i65o.
.\/. de Vilîequier.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont.