‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 26 sur 70 · I XII · texte numérisé non relu

I XII

Monsieur,

Je ne vous sçaurois exprimer avec quel aplaudissement ladvantage signalé que VOUS venez de remporter sur les ennemis dans [e BolonOÎS a esté receu de leurs Majestés et généralement

1 Lettre autographe. une lieue de Boulogne, le 34 novembre 1 Ce passage fait allusion à la défaite, li relaté cet événement en détail

par le mont, du corps de cava- dans la préface de ce volume.

lerie qui était venu brûler Wimillc, à

de toute la Cour. Vous aviez bien raison de nous garder cette nouvelle pour la bonne bouche, car ie ne pense pas quil fust possible de couronner la campagne par une action plus esclatante ny plus extraordinaire. En mon particulier je vous advoue que, soit que ie considère vostre gloire, soit que ie fasse réflexion sur le service du Roy, je n'ay pas moins de joye de ce succez que de la prise de Sainte Menehoude '. Je suis fort trompé si les ennemis s'hazardent si facilement a vous visiter désormais, puisque sans estre préparé vous leur faites un traitement si complet. Et a dire le vray il faudroit qu'ils fussent bien aveugles s'ils s'imaginoient encore après cela vous pouvoir prendre au depourveu et ne s'apercevoyent que la principale force de vostre gouvernement consiste en vostre personne. Au reste vous ne trouverez pas mauvais que dans le soin que je veux avoir de vostre régiment estranger je vous fasse souvenir qu'en ce rencontre vous avez bien de quoy l'assister de quelques chevaux2. Quant aux prisonniers 3 vous sçavez l'entention du Roy là dessus à nostre arrivée à Paris et je n'ay rien a adjouster icy que pour vous asseurer de la passion avec laquelle je suis toujours, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A Meaux, le 7 décembre 1 653.

Archives de Monaco, fonds d'Aumont.

1 Sainte-Menehoulde, assiégée par le 3 Les prisonniers dont il est ici parlé jeune roi en personne, avait ouvert ses étaient au nombre de trois cents, parmi portes le 27 novembre. (Montglat, ap. lesquels un lieutenant-colonel, un major Petitot, t. L, pp. 419-120). et six capitaines.

2 On en avait pris quatre cents à l'ennemi dans le second combat qui avait suivi l'incendie de Wimille.

LETTRES DE MAXARIN

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