‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 27 sur 70 · I.XI1I · texte numérisé non relu

I.XI1I

Monsieur, '

Je m'asseure que vous n'aurez pas une joye médiocre d'apprendre la prise de Stenay*, qui se rendit hyer et les armes du Roy y sont entrées ce matin. Sa Majesté part demain pour estre dimanche a La Fcre ou elle prendra ses dernier lutions

pour le secours d'Arras, M. Le Tellier m'a mandé ce qui s'est passé entre vous touchant ce secours et que vous n'aviez pu vous résoudre à aller prendre le poste que l'on proposoit parce que vous ne croyez pas avoir assez de cavalerie pour cela, je n'entreray point icy dans le détail, mais vous voulez bien que je VOUS die que jusqu'vcy vous avez tesmoigné trop de zèle pour le service du Roy pour ne le pas signaler de nouveau dans une occasion si importante à ['Estât et «m Sa Majesté se trouve engagée en personne passant par dessus les difficultés qui vous en pourraient empescher je vous conjure donc d'assembler en diligence tout ce que vous pourrez et si outre les troupes qui vous ont esté offertes par MM. de Turenne et de 1 i 1 erté il faut vous en envoyer encore quelques autres je trouvera? bien le moyen de le îaire. Le Roy VOUS scaura beaucoup de gré de l'effort que vous ferez en cette rencontre et je vous en auray une

' Il est fait allusion à cette lettre dans « et d'autres gens qu'il pourra de son

celle que le Cardinal écrivait le même • gouvernement pour le si \-ras.

jour à Le Tellier et nù on lit le passade « Il *er.i bon q M ledit *ieur mareschal

suivant : « nous assiste aussr de son costé de tout

« Je vous adresse la lettre cy-joincte « ce qu'il pourra tirer du Boulonne

« pour M. lemareschald'Aumont, croyant i Lettres du Cardinal tiafarim, t. VI

• que, dans le mesme temps que vous p. K

« avez m.i . i .1 M c je luy ' >. avait

■ escri aussy, que l'on sera bien ayse capitulé le S août. ap.

« qu'il se rende en Picardie afin d'av- PetitOt, t I-, pp. +40-.4 .

• sembler le plus Je n le milice

particulière obligation. Au reste vous scaurez que nous amenons plus de sept mil hommes effectifs bien armez et bien lestes sans compter les officiers et un fort bon équipage d'artillerie et espérant de vous embrasser bien tost, je demeure de tout mon cœur, Monsieur, vostre très aff"é et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A Sedan, le 6e aoust 1654.

M. le Mareschal d'Aumont

Archives de Monaco, fodds d'Aumont. — Minute à la bibliothèque nationale (Mél. Colbert, t. 41, fol. 238), analysée par Chéruel (t. VI, p. 6o5)

Monsieur,

J'ay veu avec beaucoup de joyé l'offre que vous faites par lettre du xie de ce mois de venir en personne au secours d'Arras et en ay rendu compte au Roy qui a fort estimé vostre zèle. Mais comme tous les ordres sont donnes pour ce que l'on peut avoir a faire à l'esgard de cette place et que la chose se doit exécuter demain1 ou après-demain, vous n'y pourriez estre à temps. Ainsy il ne sera pas besoin que vous vous donniez cette peine. Je suis mary de n'avoir pas eu plus tost vostre lettre sur le sujet de laquelle je n'ay rien à adjouter, sinon que je suis tousjours avec la mesme passion, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,

De Péonne, le 14 aoust 1654.

M. le Mareschal d'Aumont.

Minute (Mél. Colbert, t. 41, fol. 244 v°). Analysée dans les Lettres du Cardinal Ma^arin (t. VI, p. 610).

' C'est-à-dire le i5 ou le 16 août. Mazarin avançait ainsi l'entreprise de 10 jours, puisqu'elle n'a eu lieu que le 25.

7N LETTRES Dl MA/AKIX

l.XV

Monsieur,

Je scaj assez quel est vostre zèle pour le service du Roy et pour le bien de L'Estat pour ne douter pas que vous ne soyez, un de ceux qui aura appris avec plus de joye le secours d Arras1, mais outre ce premier motif vous avez encore celuy de la gloire qu*y a acquise Monsieur vostre fil/., quy sans exagération y a tait des merveilles. Outre son inclination il a en vous un exemple qui ne doibt rien faire attendre de luy de médiocre. Je seray ravy quand j'auray matière de servir l'un et l'autre et de vous tesmoigner que je suis parfaitement. Monsieur, vostre très aïT"' et très véritable serviteur.

Le Cardinal Mazarini.

l'eronne, i" septembre il

.1 .\/. le Mareschal d'Aumont.

te. Archives des affaires étrangères, France, vol. 893, fi lires

ardinel Afaqarin, t VI, | 6*5 ; analysei.

LXV1 Monsieur, Quoyque je m expliqué de mes sentimens a M. vostre

lii/, je nous dira y encore pour response à la lettre que VOUS avez pris la peine de m'e-crirc que j'ay beaucoup de desplaisir qu'avant

lié en toutes rencontres de tesmoignerel a vous et a \u\ avec

1 Arras avait la suite d'un canon, tous leurs bagages, une partie de

brili.i .it le jour di ùs leur infanterie {Muntgljt , ap. Pclitot,

(»S août). I 1 pagnols perdirent en t. L, p. i~ cette a de

quelque succès la passion que j'avois de vous donner des marques de mon estime et de mon amitié, je naye pu vous en rendre persuadez et qu'au lieu d'en recevoir de la vostre j'aprenne de tous costéz que vous ne cessez l'un et l'autre de faire partout des plaintes de moy. Il ne seroit donc pas de la prudence que je continuasse a me mesler des choses qui vous regardent, d'autant plus que j'éviteray par ce moyen la mortification de voir que vous respondriez peu à ma bonne volonté et aux soins que je prendrois de vous servir et que d'ailleurs vous estes dans une assez grande considération auprès du Roy pour obtenir de Sa Majesté les grâces que vous désirerez sans avoir besoin des offices, Monsieur, de vostre très aff né et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A Paris, le 28 octobre 1654.

M. le Mareschal d'Aumont.

Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Deux minutes de cette lettre datées du 3o et du 3i et non du 28 se trouvent dans le volume 893, fol. 254 et 256 des archives des affaires étrangères, France. — (Cf. Lettres du Cardinal Ma^arin, t. VI. p. 649; analyse).

Monsieur,

Ce m'est beaucoup de soulagement dans la douleur que m'a causée la mort de mon père * de voir que tous mes amis y prennent part et principalement une personne que j'estime comme vous. Je vous remercie de ce que vous avez pris la peine de

1 Pietro Mazarini, père du cardinal : était mort à Rome en novembre 1654.

n un padre di tanta bontà e merito e che (Cf. Lettres du Cardinal Ma^arin, t. VI,

« vivendo ha meritato le commune appro- p. 400). « bazione » [Lettre à Elpidio Benedetti),

m'escrire la dessus et je vous prie de croire que je suis toujours, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A l'aris, le 6 janvier 1 65 5.

.\/. le Mareschal d'Aumont.

Archives de Monaco, fonds d'Auraont.

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