‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 28 sur 70 · LXVII · texte numérisé non relu

LXVII

Monsieur.

Je De doute point que sur ce que M. de Roncherolles1 vous a .i escrit du poste que les ennemis ont pri- . VOUS ne luv .< renvoyé la cavalerie extraordinaire que vous aves. Mais en cas que vous ne l'eussiez pas encore fait je vous conjure de n'y perdre pas un moment de temps puisqu'ils n'ont autre dessein que de QOUS couper les vivres. Et en effet scaches que nous sommes desja maîtres de l'otn rage à corne a Landrecye1 et que le

e est bien advancé. Il n'y a point d'apparence qu'ils songent à en commencer un, outre que M. de Roncherolles avec cette cavalerie se peut poster en sorte qu'il sera tousjours en estât d'arriver plustosl qu'eux du costé ou il verra qu'ils voudront tourner, et d'empescher par ce moyen le SUCCes de leur dessein. J'en escris en cette conformité aux gouverneurs d'Arras, Bcthune

' Claude de . marquis du poste de Vadcncourt-sur-l'< '

l'ont Saint-Père, baron d'Ecouis, liai- cinq kilomètres au nord-ouest de Guise

chai héréditaire du Ponthicu, s'était dis- ' Landl U sur la Sambrc,

tingué au secours d'Arras comme capi- chef-lieu de canton de l'arrondissement

taine de chcvau-légcrs et venait d'être d'Avesnes, a dix-sept kilomètres a l'ouest

. ans, mestre de de cette dernière ville, camp d'un régiment de cavalerie.

et La Bassée, qui n'ont plus aussi rien a craindre et je demeure, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A Soissons, le 2e juillet 1 655 '.

Minute, archives des affaires étrangères, Pays-Bas, t. 34, fol. 418.

Monsieur,

Quoyque les nouvelles asseurances de fidélité et d'obéissance que vostre gentilhomme ordinaire est venu donner icy de vostre part soient superflues et ne puissent rien adjouster à la confiance entière que l'on y a tousjours eue avec très grande raison, elles n'ont pas laissé d'estre parfaitement bien receues du Roy, et j'ay esté ravy en mon particulier d'avoir cette occasion de faire valoir

1 Mazarin écrivait à la même date à Roncherolles (Archives des affaires étrangères, Pays-Bas, t. 34, fol. 422), la lettre suivante :

« Je m'asseure que les lettres que vous « avez escrite à M. le mareschal d'Au- « mont et aux gouverneurs d'Arras, Bé- « thune, et La Bassée auront produict « leur effect, et qu'il vous auront ren- « voyé la cavallerie qu'ils ont, mais n en cas qu'ils ne l'eussent pas encore « faict, je leur mande qu'ils n'y doivent « pas perdre un moment de temps puis- « que les ennemis ayant pris le poste de « Vadancourt, se sont asses déclaré qu'ils « n'ont autre desseing que de nous couper « les vivres; outre qu'il n'y a point d'ap- « parence qu'ils veuillent commencer un « siège présentement qu'ils voyent que « nous sommes desja maistres de l'ou-

0 vrage a corne de Landrecyes, et que

« c'est une affaire fort advancée , et

« d'ailleurs vous advançant avec cette

« cavallerie vers Sainct Quentin vous

a couvrires ce costé là et si vous appre-

« niez qu'ils voulussent tourner de celluy

« d'Abbeville vous seres en estât d'y

« arriver plustost qu'eux et empescher

« l'effect de leurs desseings.

« Je vous prie de prendre le soing

« d'envoyer en diligence les lettres cy-

« jointes et de ne pas perdre un moment

« de temps a assembler toute la caval-

« lerie que M. d'Aumont et les gouver-

n neurs vous doibvent envoyer avec le

« régiment d'Herbouville retirant aussy

« de Bapaume ce que vous y aures mis

« pour marcher ensuite droict à Sainct

« Quentin ou vous recevres les ordres de

« ce que vous aures a faire. »

82 I.II i ki;s i»i: MAZARIN

de plus en plus auprez de Sa Magesté vostre zèle pour le bien de l'Esiat.

Vous pouvez bien juger vous mesme que ce n'est pas le temps a présent d'augmenter le nombre des compagnies dans les régimens. Mais quand la campagne aprochera si le Roy levé Je nouvelles troupes, je me souviendray de vous; et au surplus je vous serviray autant qu'il me sera possible en ce qui regarde le soulagement du Boulonnois. Mais nous considère/ s'il vous plaist que Sa Magesté a beaucoup de gens de guerre et fort peu de lieux pour les mettre.

Cependant je demeure, Monsieur, vostre très atï"11' et tics véritable serviteur,

De Compiègnc, le i8* Novembre i655.

Minute, archives dei affaires étrangères, Pays-Bas, t. 37, fol. 184.

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