XX
Monsieur,
J'ai receu vostre lettre du sieur de Lespinay qui m'escrit que si on logeoit les officiers de vostre régiment dans le chasteau de ( iuignes ', ils y seraient avec plus de seureté et de commodité. Je
VOUS prie d'examiner ce qui en est et de me mander ce que vous désire/ qu'on t.i^se en cela, car outre que c'est un corps qui est / bon pour m'obliger a en prendre soin, j'en aur.iv tOUsioun un pareil de toutes les choses qui VOUS regardent. Si le Roj lait taire quelques nouvelles levées de cavalerie au commencement de la campagne, je trouveroy peut estre moyen de taire augmenter ledit régiment et vous reconnoistrez en toutes rencontres que je
lieu Je canton Je l'arronjisscmcnt Je Boulogne (l'as-Je-Calais), île Je l'ancien comte Ju même nom.
suis véritablement, Monsieur, vostre très affné et très véritable
serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
De Paris, le 3 fév. i656.
M. le Mareschal d'Aumont.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Minute aux archives des affaires étrangères, Pays-Bas, t. 3y, non pag. — (Cf. Lettres du Cardinal Ma^arin, t. VII, p. 6o5; analyse).
Je ne suis pas surpris des nouvelles asseurances de vostre amitié que vous avez pris la peine de me donner dans ces conjonctures, je vous en rends grâces et me persuade que vous n'aurez pas esté fasché d'apprendre que nostre perte1 est assés peu de chose et que nos ennemis n'ont pas trouvé la facilité qu'ils s'imaginoientà en tirer de grands avantages, nostre armée n'ayant pas fait un pas en arrière et estant encore en estât avec les assistances que Ton prépare de donner delà besogne aux ennemis avant la fin de la campagne. Cependant je serois bien aise de scavoir ce que vous pourriez faire en cas que le Roy vous mandast de venir à l'armée avec la noblesse du Boulonnois, j'en rendray compte à Sa Majesté aussitost que j'auray vostre réponse, et je seray tousjours, Monsieur, vostre très affné et très véritable
serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
De La Fère, le 24 juillet 1 656.
Minute, archives des affaires étrangères, Pays-Bas, t. 38, fol. 83.
1 L'échec des troupes de La Ferté de- cette affaire son régiment de cavalerie, vant Valenciennes. Roncherolles, dont il y fut blessé et fait prisonnier, il vient d'être question, commandait à
Monsieur,
J'ay receu vos lettres. Il ne faut pas que vous vous mettiez en peine de ce que font les sieurs de Campaigno ', car le Roy prendra la dessus de telles resolutions que vous aurez sujet d'en estre satisfait. Il est juste que l'on vous rende ce qui vous est deub et ces messieurs la ne trouvent point d'autre porte pour rentrer dans les bonnes grâces de Sa Magesté, qu'en témoignant qu'ils sont vos serviteurs2. Nous avons des nouvelles asseurées que les ennemis marchent en diligence vers La Lys et apparemment c'est pour attaquer Bethune OU La Bassce. Mais s; royez qu'ils
eussent quelques pensées pour Ardres, je vous prie J'y jetter le plus de monde que vous pourrez et J'en prendre le mesme soin que vous pourriez faire de Boulogne ou du Montliulin. Je me remets du surplus .1 l,i vive \ oi\ de ce gentilhomme et je demeure, Monsieur. VOStre très aff" et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazakimi.
A La 1-i.rc, le 29 juin 16
M. le Mareschal d'Aumont.
Arcl d'Aumont.— Minute à la bibliothèque national i
fr., Mil. Colbert, t 5i«, fol. 77), analysée dans les Lettres du Cardinal .\/jf.jrm, t VII, p,
1 Françoil de i'atras, sieur de Campai- « Monsieur,
gn"'. chai du Boulon- • J'a\ ttre que vous avez
nais, depuii le 21 novcmbi ■ t» rri' '-1 rcine de m'eacrire et cumme
remplacement de Antoine, de- • j'ay entretenu fort au long ce Rcnlil-
mnaire du 1 du même h « homn. tenoit je n'ay
3 Maxarun naitd'écri >rs • presque rien à y adjouster Je \
plus ' neme affaire • diray teul( la lettre .(ne voici au marq'iis 0TH1
quincourt : • fu Ul a faicl terminées en
Monsieur,
J'ay receu ' vostre lettre et j'ay été bien ayse dé voir que on ne pouvoit rien faire dé mieux ny plus diligenment que ce que vous et monsieur de Charot2 avez fait pour jetter du monde dans Ardres et comme les 800 hommes des gardes et toute la cavallerie que on a fait avenser vous auront joint peu de temps appres que vous avez escrit la dicte lettre, je m'asseure que vous vous seres bien gardé de retirer les hommes que vous et mondit sieur de Charot avez fait entrer dans Ardres 3, car vous voyez bien que pour Calais les ennemis ne peuvent pas avoir eu seulement la pensée, et les 4 mil chevaux que vous mé mandes être fixés sur la chaussée de Calais, n'a été à autre fin que pour empêcher que M. de Charot n'envoyast les truppes à Ardres, enfin comme il ne faut pas croire que les ennemis ayent perdu l'esprit, il ne faut pas croire aussy qu'ils ayent la moindre envie d'entreprendre sur une place qui a la mer pour elle et une grande flotte toutté preste a y jetter le secours que nous voudrons sans que les ennemis luy
« que Sa Magesté n'en eust plus la teste « tesmoigner la considération que je fais
« rompue, on y travaille de ce costé cy, a de ce que vous recommandez ».
t mais il fault que MM. de Campagno ALa Fère,le2i>juin i657.
« considèrent la différence qu'il y a
., .„ . . . ... Archives des affaires étrangères, Pays-Bas, t. 41,
« deux a M. le mareschal dAumont fo] ,
« qui est un gouverneur du pays et
« mareschal de France, car il est certain ' Cette lettre est tout entière de la
« que depuis l'accommodement qui fut main de Mazarin.
« fait à Paris, pour lequel vous scavez 2 Louis de Béthune, comte puis duc
« que je pris tant de peine, il y a eu beau- de Charost, gouverneur de Calais. Son
« coup de choses dans la conduite des nom est écrit dans la correspondance
« dits sieurs de Campagno qu'on ne Charot, Charost et même Charaut.
« sçauroit approuver. Je souhaitte qu'ils 3 Mazarin se trompait malheureuse-
« se mettent à la raison pour me donner ment à cet égard. Le premier danger
« lieu de leur rendre encore de bons passé, les milices avaient été rappelées de
t offices auprès de Sa Magesté et vous l'Ardrésis.
86 LETTRES DE MAZARJH
puissent faire le moindre obtacle et dautant plus que les étas d'Olandé ayant donné au Roy toutte la satisfaction que Sa Magesté pouvoit délirer. l'accomodement est conclu. Kntîn mettez-vous l'esprit en repos de Calais et ne desamparés pas Ardres, quoyque à présent il me semble qu'il y a aussy peu à craindre de cette place que des autres, puisque vous et M. dé Charaut y ave/ donné bon ordre et je ne me suis pas endormy de mon costé, ayant envoyé touttes les truppes que j'ay pu avec / de diligence outre que M. dé Turaine estoit déjà arrive et l'armée devoit être à demain auprès de Peronne aussv belle et forte qu'elle ay tousiours été. les ennemis ne viendront pas commencer une circonvallation et nous donner le temps d'aller au secours, lesdicts ennemis azardant dy recevoir unescheq. Je vous prie donner avis de tout ce que je vous escris à M. de Charaut et me croire. Monsieur. VOStre très ail ■ et très véritable serviteur,
Le Cardinal Ma/.arini.
Saint-Quentin, le 3 juillet i653, à 4 h. après-midy (La Fère).
Je viens de recevoir des nouvelles du siège de Montmedv qui portent que la nuit du 39 au 3o nous étions mètres de tous les dch<
Archive* de Monaco, fonds d'Aumont. — Minute «ux archives du ministère des affaires clram .,,, fol. 147. [Ltttm du Cardinal A/j;jrni, t Mil.
p. Sgo; analyse).
Monsieur,
J'ay receu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire et entretenu le gentilhomme que vous m'avez despesché pour me faivre scavoir le détail de ce qui s'est passé dans la retraite des ennemis, de laquelle M. le prince d'Harcourt nous avoit donné la nouvele des hyer au soir l'ayant aprise du mesme gentiehomme. Leurs Magestés l'ont receue avec beaucoup de joye et vous ont donné les louanges que vous méritez en ce rencontre pour toutes les diligences que vous avez faites pour empescher les ennemis de tirer aucun advantage des desseins qu'ils avoyent formez1. Il y a aparence qu'ils nous laisseront en repos de ce costé là pour le reste de cette campagne2. Néanmoins ie ne croy pas qu'il faille renvoyer les troupes ny négliger rien tant qu'ils seront en vostre voysinage en estât d'y pouvoir entreprendre.
J'escris seulement au sieur de Baas3 de s'en revenir avec les mousquetaires du Roy et mes gardes, si ce n'est que vous croyiez absolument nécessaire qu'ilz demeurent encore de delà.
Je vous despeschay hier un gentilhomme, craignant qu'on ne dégarnist Ardres sur Tallarme que l'on avoit de Calais et que pour sauver cette place qui ne pouvoit courir aucun risque, on n'exposast l'autre qui ne se pouvoit garantir que par un grand
1 L'opération à laquelle Condé avait - Moins de deux mois après corallien-
donné un commencement d'exécution, çait le siège d'Ardres, comme on le verra
consistait à enlever Ardres d'un coup de plus loin.
main, pendant que don Juan d'Autriche 3 Jean de Castelmore de Baas (Cf.
attaquerait Calais avec des troupes tirées Lettres du Cardinal Ma^arin, t. III,
de Dunkerque et des autres forteresses p. 767, t. VIII, pp. 229, 233, etc.), était
voisines. La courageuse résistance de gouverneur de Philippe Mancini, le neveu
Gaspard Mollien, mayeur de Calais, fit du Caidinal, et servait dans les mous-
échouer cette tentative, et Condé se replia quetaires de ce dernier avec son frère
sans menacer Ardres. cadet, Charles, le célèbre d'Artagnan.
nombre de troupes. Mais Dieu mercy tout s'est si bien passé que je n'ay qu'à m'en réjouyr avec vous et vous remercier du zèle et du soin avec leqnel vous avez agy. Je SUIS, Monsieur, vostre très affn' et très véritable serviteur,
A La Fère, le 4 juillet 1657.
M. le Mareschal d'Aumont.
Le Cardinal Mazarini.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Minute à la bibliothèque nationale, (A/W. Colbert, t. 5i •, fol. 106 r*).— (Cf. Lettres du Cardinal A/jfjnn. t. VIII, p. ioi;
analyse).
Monsieur,
I es nouvelles que nous avons eues que les ennemis ont descampe du Montbernenson ' nous donnent lieu de croire qu'abandonnant Saint-Venant* ils pourraient bien avoir la resolution de se rabattre mit Axdres '. Je nous fais cette lettre* pour vous prier d'en advertir M. de Rou ville1 alin qu'il se tienne sur ses gardes et qu'il fasse entrer dans la place le plus de milices qu'il pourra, et je m'asseure que vous ne manquerez pas aussy de luy donner
' Mont Berncnchon, village a huit kilomètres, est-nord-. 1 ilcrs, sur le canal d'Aire à La Bassée.
nt- Venant, bu il kilomètres,
nord-n<>rd-cM de Lillcrs, sur la I
> Matai ■ ment ron-
KÎgné. I I la, n'ayant pas pu
empêcher un convoi da cinq cents char:
de ravitaille! de Turcnnc
assiégeait Saint-Venant, paraissaient à l'im; A la veille du
jour ou le Cardinal prévenait le duc d'Aumont.
* Le duc d'Aumont n'avait pu recevoir la lettre de Mazarin que le 28 au plus tôt, et le 39 à midi il arrivait devant Ardret iclqucs troupes b"ulonnaises. Le était levé; l'ennemi l'était enfui en desordre en apprenant la capitulalion de Saint-Venant (27 OOÛtJ M la venue de Turcnnc.
1 Hercule-Louis, marquis de Rouville, sieur de Mcui. etc., lieutenant gênerai,
-cur de I. liment dans le £■ nement d'Ardrcs.
toutes les assistances qui pourront dépendre de vous pour sa conservation. Pour ce que vous m'avez escrit sur vos interests particuliers, je vous feray repondre par une autre voye et je vous conjure cependant d'estre bien persuadé qu'on ne peut estre plus que je suis, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
A La Fère, le 27 aoust 1657.
Je croyois vous escrire de ma main sur ce qui vous regarde en particulier mais les douleurs de la goutte dont je suis très fort tourmenté m'en empeschans je me remets à la vive voix du porteur, et je vous prie seulement de ne vous inquiéter point car on donnera bon ordre et bon but que vous soyez reconnu comme vous le devez.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Minute à la bibliothèque nationale, Mél. Colbert, t. 5i a, fol. 265. — Lettres du Cardinal Mayarin, t. VIII, p. 616.
Monsieur,
Je ne repondray a présent que trois mots aux lettres que vous avez pris la peine de m'escrire pour vous dire que je comprends assez de quelle importance il est de pourvoir aux choses que vous me marquez, que l'on y prendra une prompte résolution et que vous en verrez bientost l'effect. Je demeure, Monsieur, vostre très affn0 et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
A [Péronne], le 7 septembre 1657.
Vous verres bien tost que le Roy veut estre obéy et que Sa Majesté est persuadée que son service ne se fait pas dans
9o LETTRES DE MAZARIN
le Boulenois, cependant je vous conjure d'assister le Gouverneur d'Ardres' d'un peu de plomb et de ce qui peut être nécessaire, vous entendant pour cela avec M. le comte de Charaut et j'asseure par celle cy l'un et l'autre que je ferai remplacer a l'instant tout ce que vous ave/ fourn] .
M. le Mareschal d'Aumont.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Copie à la bibliothèque nationale, [Mil. Colberl, t. ?t •, fol. 3 1 3 v«| et aux archives des affaires étrangères {Hollande, t. 1., lui. J41'. —Ci. Lettres du Cardinal A/jjjrin, t. VIII, p. ''i3; analyse.