‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 44 sur 70 · LETTRES DE MAZARIN A MM. DE BOURNONVILLE, DE LAMOIGNON ET DE COLEMBERT · texte numérisé non relu

LETTRES DE MAZARIN A MM. DE BOURNONVILLE, DE LAMOIGNON ET DE COLEMBERT

Monsieur,

Le mouvement où nous avons esté quelque tems m'a empesché de faire plus tost response aux lettres que vous avez pris la peine

de m'escrire Je suis fasché que M. le mareschal d'Aumont

ayt faict loger des gens de guerre dans vos maisons. C'est peutestre une mesprise et j'ay peur qu'on ne vous ayt trop exagéré la chose. En tout cas je luy en escris afin que cela n'arrive plus.

Pour ce qui est de la noblesse du Boulonois, il y a quelques uns d'entre eux qui donnent presque le bransle au reste, dont je sçai que la conduite ne se peut soustenir et je vous conseille de ne l'entreprendre pas, car, en un mot, il y va de l'autorité du Roy de soustenir celle d'un gouverneur de province et mareschal de France, avec lequel des particuliers de son gouvernement veulent traiter du pair et il faut absolument qu'ils luy rendent ce qu'ils luy doivent s'ils veulent conserver les bonnes grâces de Sa Majesté

Cependant je vous prie de faire un fondement asseuré sur

l'estime et la cordialité avec lequel je suis, Monsieur, vostre très

affné et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

Sedan, i5 août 1657.

M. le Duc de Bournonville.

Minute. Archives des affaires étrangères, Mém. et Docum., France, t. 274, fol. 446 v°.

i32 LETTRES DE MAZARIN

J'ay receu vostre lettre et veu ce qui s'est passé dans vostre commission du Boulonois, dont on n'est pas moins satisfait que l'on a acoustumé d'estre de toutes les choses dont on se repose sur vous. Le Roy s'en retourne à Paris où vous pourrez luy faire vostre relation plus particulièrement de vive VOÎZ, et après Sa Majesté prendra les résolutions convenables. Cependant je vous prie de croire que je suis tousjours avec la même estime, Monsieur, vostre très atfn< et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazvkim.

A Metz, le 25 octobre 1657.

\/ de Lamoignon.

Minute. Archives des affaires étrangères, Mm. et Docum., France, t. 275, M 91 '.

Monsieur,

Je vous remercie des boulets que vous avez envoyez et quoiqu'ils ne se soient pas trouves du calibre d mme vous

ave/ cru. je n'.iv pas laissé de reconnoistre qu'il ne se peut rien ajOUSter au zèle e1 a la passîOO que vous avei pour les choses qui

• Cette minute porte au v. s- qui donne à penser qu'elle a été cn\

cription : • Monsieur, Monsieur Rote, audit secrétaire pour être ensuite expé- • secrétaire du Cabinet, en Cour », ce dicc par lui.

A MONSIEUR DE COLEMBERT i33

peuvent regarder le service du Roy. J'ay entretenu M. Le Tellier sur les assemblées que vous me mandez avoir esté faites dans le Bolonois et il vous fera scavoir mes sentimens la dessus ; plusieurs personnes soutiennent que cela n'est pas et au contraire Mme de Grandmoulin1 est venue icy pour demander justice des menaces qu'on luy avoit faites de brusler sa maison avec des termes très injurieux pour elle et pour son mary. On taschera de scavoir la vérité de loin pour y donner bon ordre, estant important au service du Roy et au particulier de tous les intéressez que les choses ne s'aigrissent pas davantage, a quoy je vous prie de tenir la main autant qu'il pourra dépendre de vous, vous assurant que le service de M. le mareschal d'Aumont le requiert ainsy. Je suis, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

[Calais], ce 24 aoust 1 658.

M. de Colemberg.

Minute. Mel. Colbert, t. 52 », fol. 2o3 r°.

1 La femme du héros de Lens. (Voyez Pré/ace, p. xxxv)

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