‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 46 sur 70 · CX · texte numérisé non relu

CX

Monsieur,

I 1 négligence, qui a este aportee durant toute la campagne et (usques après a la garde des passages par ou les soldats des trou]

de l'armée et des garnisons des places de Flandres se peuvent retirer, ayant donne lieu a la désertion d'un lies grand nombre et soldats, a causé la faib xtiémc a laquelle el

trouvent maintenant reduittes, et cette licence continuant avec d'autant plus de progrez que les officiers et s,>k|,u^ ne rencontrent aucun empeschement a passer par les villes et lieux estans sur les rivières de Somme et d'< >yse el autres qui se trouvent sur

leur chemin, Sa Majesté a résolu de réitérer les ordres quelle a cy devant envoyés à tous Messieurs les gouverneurs des places pour leur enjoindre de faire faire une garde très exacte chacun en l'estendue de sa charge, et en outre d'y envoyer comme elle a fait des officiers de la prevosté de l'hostel et du prevost général de Tlsle de France ou autres personnes pour avoir particulièrement l'œil a ce que la garde se fasse si soigneusement qu'aucun officier ou soldat ne se puissent sauver sans estre arresté. De plus Sa Majesté ordonne à MM. Gamin, de Bezontz et de Clermout, intendans, d'employer au mesme effect chacun en l'estendue de son deppartement les prevosts des maréchaux, leurs officiers et archers. Mais Sa Majes*é espère plus a l'ordre que vous donnerez dans l'estendue de vostre charge qu'à toutes ces autres précautions, et comme elle a cette affaire grandement à cœur, aussy je vous asseure que vous ne sçaurez rien faire présentement qui luy soit plus agréable, et que je suis, Monsieur, vostre très humble et très affné serviteur,

Le Tellier.

A Paris, ce xxie novembre 1647.

M. de Villequier.

Monsieur,

Pour respondre à la lettre qu'il vous a plû m'escrire par ce gentilhomme, je vous diray qu'on a bien fort aprouvé que vous ayez mis les deux compagnies de Streff qui debvoient aller loger à La Motte aux Bois et à Eterre, dans Bethune, à cause que la foiblesse du régiment de Salbris le rend tout à fait inutile au service dans cette dernière place. Les officiers dudit régiment de Streff avoyent remonstré que leurs compagnies seroyent très mal dans les garnisons qui leur avoyent este ordonnées, et demandé

LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC

qu'on n'y en mist que trois et trois de quelqu'autre régiment, atiin de ne pas tant fatiguer le leur, surquoy je leur feist donner une lettre du Roy à vous adressante par laquelle il vous a esté mandé d'y peurvoir en cette manière, si \ous le jugiez a propos; mais comme les choses ont depuis change, on se remet à vous d'y avoir tel esgard que vous adviserez pour le mieux.

On a aprouvé aussy que vous ayez envoyé les regimens d'Hcudicourt et de Francieres a La Motte aux Bois, puisque vous avez juge ce renfort nécessaire pour la seureté de la place. Mais Sa Majesté désire que VOUS les fassiez rellormcr a autant Je compagnies qu'il se trouvera d'hommes pour les composer, de cinquante chacune, suivant les ordres qui en avoyent este ad: -es a monsieur le mareschal de Rantsau qui vous les aura sans double envoyez, n'ayant point retenu ces deux régiments du costé de la mer.

Comme on a fait estât de tenir dans La Lassée et Lens durant l'hyver le régiment de S. L., ce qui reste de ceux de Razilly et de Grammont Liégeois qui ont este refformez, celuy cy a quatre compagnies et l'autre a autant qu'il s'y sera trouve de cinquante hommes avec les compagnies suisses que voib jugerez à propos d'y mettre. -, . t de celles des gardes qui ont eu ordre de demeurer en Llandn . soit de celle- de Molondin qui sont destinées pour servir dans les places de votre commandement durant l'hyver. Aussy l'on a résolu de retirer de Lens le régiment de Perrault et les Anglois, pour mettre le premier a Saint-Quentin OU Guyse, et les autre .1 Mondidier OU l'on tait assembler tous les soldats de cette nation qui sont dispersez en divers endroits dans les hospitaux, ou oui ont pris party dans d'autres corps de troupes. Que si en retirant cet deux corps de ladite place, vous jugez que monsieur de Castelnau ne puisse, avec le surplus, pourvoir a la garde et seureté d'icelle et de La Lassée, ce sci vous, monsieur, d'y envoyer des troupes, en sorte que lesdits régiments de Perrault et Anglois en puissent sortir au plustOt pour aller le premier a >aint-Oucntin, ou (iuvse. et l'autre a Mondidier.

Je parleray de la proposition que vous faites de mettre sur pied une compagnie de cent dragons et vous feray incontinent sçavoir la resolution qui sera prise sur ce subject.

Je me suis desia donné l'honneur de vous escrire que la Royne ayant résolu de faire démolir Lens avant que les troupes se mettent en campagne l'année prochaine, et voulant neantmoins que toutes les choses nécessaires pour cet effect-la soyent prestes de bonne heure, en sorte qu'aussy tost que le temps de l'exécution sera venu, ou puisse en peu de jour y mettre la dernière main, Sa Majesté donnoit les ordres nécessaires pour cet effect à monsieur de Castelnau, mais comme je n'ay point eu de response de vous et que Sa Majes^ sera bien ayse d'avoir voz bons advis sur ce subject, je vous suplie, Monsieur, de voulloir prendre la peine de me le faire sçavoir au plustost, l'intention de Sa Majesté estant que la place soit mise cependant en estât de se garantir de l'insulte et qu'en la démolissant on accommode le château en sorte qu'il puisse tenir en cas de siège deux ou trois jours. C'est en substance ce que contient la despesche que Sa Majesté vous a faicte sur ce subject, laquelle vous aurez sans doute à présent receûe, j'attendray donc, s'il vous plaist, sur cela de vos nouvelles et demeureray pour toujours très parfaictement, Monsieur, vostre très humble et très aff né serviteur.

Le Tellier.

A Paris, ce xxvne novembre 1647.

M. de Villequier.

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