‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 47 sur 70 · I. LITRES DU ROI, DE LA RKINE, ETC · texte numérisé non relu

I. LITRES DU ROI, DE LA RKINE, ETC

M< insieur,

J'ay receu la vostre du ib du courant par les mains de l'un des officiers du régiment de Sal brick, qui n'advancera pas beaucoup pour les deslogemens qu'il prétend, non seulement parce qu'on ne veut point mettre de régi mens en France pendant cet hy ver, mais aussy que si nous avions de bonnes garnisons nous les donnerions à des corps en meilleur esiat que n'est celuv là.

Je vous asseure que monsieur Le Vayer1 contribuera tout ce qui dépendra de luy pour la manutention des troupes en la forme que vous l'estimerez a propos, pourveu que vous preniez la peine de vous régler sur nostre nécessite. J'ay bien secu que la recreuede Navarre s'estoit dépérie dans Arras, mais aussy ay-je esté bien informé que ce n'est pas par nécessite, mais bien par l'induction des capitaines de la garnison d Arras. qui ont tait croire aux soldat/ qu'il valloit mieux demeurer dans Arras que dans

Saint-Venant.

El cela est si vray que si vous estime/ que 1 on puisse tirer présentement de Saint-Venant le régiment de Navarre pour le mettre à Arras comme les officiers le désirent, sans preiudicier a la seurete de cette première place et sans trop charger la dernière, vous cognoistrez que les soldats se retrouveront et

ayeront de rentrer dans le régiment de Navarre, d'autant plus que pendant l'hiver on a résolu de traicter les regimens d'infanterie destine/ pour la campagne plus advantageusement que

ceux qui servent dans les ganÙSOns.

M. Le Vayer a eu raison devons dire qu'on peut réduire le ment de Saint-Simon à \ COU)] Bgnies, ainsy que vous verre/

1 La Moihc Le Vayer, intendant d'armée, l'un des frères de l'académicien.

AU MARÉCHAL D'AUMONT i5i

par les ordres du Roy que je vous adresse. Ce n'est pas que l'on n'estime fort advantageux pour le service de Sa Majesté d'augmenter de compagnies ce régiment là, mais on a esté obligé de licentier celle Dorgeru pour satisfaire au règlement qu'on a faict, de ne point souffrir de compagnies ou les capitaines ne peuvent ou ne veulent pas servir. Vous verrez aussy par les mesmes ordres comme on refforme deux compagnies du régiment de Salbrick entre lesquelles est celle de M. le marquis de Mosny qui ne s'est pu dispenser de la reigle, quoy qu'il soit un des principaux officiers de la maison de S. A. R.

Comme on a résolu de bien traicter pendant l'hyver l'infanterie en donnant par jour à chaque soldat cinq sols outre le pain de munition, nous avons besoing pour envoyer le fonds sur les lieux d'avoir un. estât exact de la force véritable des regimens lorsqu'ils sont entrez en quartier d'hyver afin de donner ordre que sur ce pied la largeur ne manque pas. Je vous suplie de faire en .sorte pour cela, que le commissaire Guimier m'envoye l'extrait de la reveue qu'il a faicte des regimens de Picardie et de Noirmoustier, lorsqu'ils sont entrez en quartier d'hiver et le sieur Gressin qui est à Béthune, celle du régiment de S. A. R.

Vous observerez, s'il vous plaist, Monsieur, qu'on ne payera que le nombre d'hommes qui est effectivement entré en quartier d'hiver, et qu'on n'admettra aucun soldat aux officiers que ceux qu'ils feront passer de recreues de France, dont ils seront tenus de raporter de bons certifficats de ceux qu'on ordonnera pour prendre soing de leur conduite.

Et vous sçavez, Monsieur, que si on vouloit payer aux officiers tous les hommes qu'ils pourroient faire passer en reveue, qu'ils ne manqueroient pas de se servir des soldats des garnisons des places pour augmenter leurs compagnies lesquelles ils auroient très facillement sans qu'on les en pust empescher. Et ainsy la despense que nous voulons faire pour avoir de bonnes troupes la campagne prochaine nous seroit inutile.

L'on est bien informé icy que la cavallerie est en mauvais

i52 LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC.

estât et on ne croit pas que, quand on donneroit présentement les recreues ;iux officiers, ils puissent remettre leur compagnie. Je vous suplie de prendre la peine de me mander parla première occasion ce que vous estimez que l'on doibve faire pour donner moyen aux officiers de remonter leurs cavalliers, afin de mettre les compagnies en estât de rendre quelque service pendant cet hiver.

Quant aux officiers du régiment de Picardie qui veulent demeurer à leur compagnie au delà du nombre qu'on avoit résolu dy laisser, la Royne le trouve bon. Ils recevront le mesme traitement que les autres de ce mesme régiment, ainsy que VOUS pouvez voir, s'il vous plaist, par le mémoire qui sera cy-joinct.

Mais je vous suplie de leur faire entendre que Sa Majesté ne désire pas que cette assiduité les empesche de laire de bonnes recreues .1 leur compagnie, desquelles ils seront responsables, Bans qu'ils se puissent servir de ce prétexte pour s'excuser de la foiblesseou pourraient estre leur- dites compagnies au commencement de la campagne.

Nous eusmes hier advis que le sieur Charucl qui estoit chargé de la levée des contributions de l.a l'.a— ee a esté pris par les ennemis. Je crois qu'il est a propos d'v envoyer le sieur PersOD qui est une personne fort intelligente et affectionnée au -en du Roy.

Je -ni- vostre très ail"' et dévoué serviteur,

Le Ii 11 ikr.

A Paris, ce 28 novembre 1047.

M. de Villeqttier.

Monsieur,

Encores que je ne doubte pas que Monsieur Levesque Davranches1 ne vousayt informé d'un différend arrivé depuis peu dans le Boulonnois, neantmoins la profession que je fais d'esîre vostre serviteur et la part que je prends a vos interests m'obligent de vous faire par ces lignes le récit de ce qui s'est passé au commencement et dans la suite de cette affaire. Vous sçavez donc, Monsieur, qu'ayant esté résolu qu'on envoyeroit à Samer nombre de soldats malades du régiment escossois de Douglas2 qui estoyent alors à Calais pour leur donner moyen de se guérir, les ordres du Roy furent adressez au commandant Rozet pour les y conduire, lequel s'estant mis en marche avec lesdits malades, ils se portèrent au lieu de Rety 3, deppendant du Boulonnois, pour y loger suivant la routte de Sa Majesté et aller le lendemain à Samer, mais ils trouvèrent un ordre signé du sieur de Colambert qui deffendait aux habittans dudit Rety de les recevoir, leur enjoingnant et à ceux des lieux voisins de prendre les armes pour empescher que lesdits soldats malades n'y entrassent. Un lieutenant du régiment fust a l'instant envoyé à Boulongne vers ledit de Colambert pour luy faire voir les ordres du Roy, mais inutilement, car il dit nettement qu'il n'y deffereroit point. La troupe se retire à Calais, et un cappitaine du régiment vient par deçà et s'adresse à moy avec une lettre du commandant. Je jugeay que si la chose esclattoist, elle feroit un mauvais eifect, et que vous n'en seriez pas bien ayse. C'est pourquoy je me

' Roger d'Aumont. (Voyez plus haut, Mazarin écrivit à l'évêque Perrochel le

p. 3). 4 janvier 1648. (Voy. plus haut let-

2 Ces Ecossais du régiment de Dou- tre CIV).

glas, établis ainsi à Boulogne, sont ceux 3 Réty, à cinq kilomètres sud-est de

dont il est question dans la lettre que Marquise (Pas-de-Calais).

ADMONT. 20.

i!>4 LETTRES DU ROI, DK LA H FINI. ETC.

contentai d'en entretenir Monsieur l'evesque d'Avranche qui me donna une lettre de madame vostre femme adressante au sieur de Colambert pour l'obliger a obéir aux. ordres du Roy. Cette lettre luy est portée, il refuse dv deîlerer et dit que quoy qui arrive, il n'en feroit rien du tout. Cependant le corps dudit régiment qu'on avoit destiné de loger durant l'hyverà Boulongne s'y achemine, mais au lieu de l'establir dans la haute et basse ville et chez Ls habittans, svivant l'intention de Sa Majesté, M. de Colambert assiste1 du mayeur le fait loger tout entier dans la basse-ville soubz de simples couverts, sans bostes nv ustancilles, Les officiers envoyèrent se plaindre de ce mauvais traictement, je rend le compte du tout dans le conseil de guerre qui se tient en présence de S. A. H. OU chacun jugea très bien que toutes ces difficultés ne fussent point arrivées si vous eussiez esté à Boulogne, et il lut ordonne qu'il scroit envoyé un officier delà maison du Roy audit Boullongne informer de tout ce qui s'est passé en cela, y establir ledit régiment tant dans la haute que dans la basse ville et enjoindre de la part de Sa Majesté aux babittans de fournir aux officiers et soldais ]Cs ustancilles suivant les règlements de Sa Majesté et parce qu'KHe n'a pas sul de satisfaction de la conduite du mayeur en cette occasion, il luy est mandé de venir rendre compte de ses actions .1 té.

L'officier qui sera chois) pour cet effeci partira des aujourd'huy et connue c'est le seul subject de ces lignes, je n'y ad|ousterai autre chose que la confirmation des asseurances de mes services très humbles en qualité. Monsieur, de VOStrc très humble et tréa

atl"' serviteur,

I ,] l'i LUI \ Paris, ce 3* jour Je décembre 1 64 7 .

M, de Villequier.

AU MARECHAL D'AUMONT i55

Monsieur,

L'on avoit crû qu'a l'exemple du Languedoc, de la Bourgogne, [de] la Lorraine et des Eveschés, ou l'on a envoyé des troupes, non seulement pour y loger, et estre entretenues durant tout l'hyver, mais encores pour y recevoir le fonds de leurs recrues, le tout aux despens desdits pays, l'on pourroit tirer le mesme secours du Boulonnois pour vostre régiment de cavallerie seulement, le pays estant exempt de tailles et autres levées, et jouissant de quantité de privilèges qui rendent la condition des peuples d'iceluy beaucoup meilleure que dans les autres provinces, et l'on avoit eu esgard en prenant cette resolution de proportionner le nombre des compagnies a la force du pays, mais S. E. ayant considéré vostre responsabilité sur ce subject et voulant en toutes choses faire tout ce qui est possible pour vostre satisfaction, Elle s'est chargée de faire trouver bon à la Royne que le Boulonnois soit deschargé de ce qu'il conviendra payer à chaque cappitaine de vostre régiment pour la recrue de sa compagnie sur le mesme pied que l'année dernière, au lieu de quoy il y sera fourny du fonds de l'épargne et que Sa Majesté se contentera que le Boulonnois pourvoye seulement a l'entretenement desdites compagnies durant l'hyver sur le mesme pied de ce qui sera ordonné aux autres troupes de mesme qualité qui est deux monstres, les fourrages et les ustanciles suivant le règlement. Qui est, Monsieur, tout ce qui peut se faire poulie soulagement du pays, et S. E. se promet que vous contribuerez d'autant plus volontiers a l'effect de cette resolution qu'il s'agist de l'interest de vostre régiment ; S. A. ayant recommandé à Monsieur le Surintendant de vous faire payer des vingt mil livres qui vous sont deubs, pourquoy j'ay expédié une ordonnance de fondz. Je ne doubte pas que vous n'en ayez une entière satisfaction; quand au retranchement que vous me marquez avoir esté

1 56 LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC

fait sur ce que vous avez accoustuméde tirer de vostre gouvernement, c'e-t chose qui n'est point venue a ma cognoissance, et n'est point de mon ministère et neantmoins si \ ous juge/, que mes solicitationsy puissentquelque chose, je lesy donneroy de très bon ceur.

J'ay veu, Monsieur, par deux de vos lettres qu'il vous a plù m'escrire vostre bon advis >ur la démoli tioa de Lens. Je ne manqueray pas d'en rendre compte.

L'on aprouve que vous reteniez à La Motte aux Bois les deux compagnies de la Capeile, tout autant que VOUS jugerez qu'elle s .seront nécessaires pour la seurete de la place. Je VOUS puis dire aussy qu'on sera bien ayse que VOUS envoyez au plus tost les Anglois qui sont à Lens et le régiment de Perrault aux garnisons qui leur ont e-té ordonnées durant l'hyver, sçavoir les premiers a Montdidier et l'autre à Guise et que VOUS mettiez a leur pluec dans Lens les troupes que vous jugerez a propos.

Si le règlement qui a este résolu pour le quartier d'hyver des troupes (eut être imprime avant que celte despesche vous soit envoyée, j'j en joindray des coppies avec une lettre du Roy par laquelle il vous sera mandé de tenir la main a l'observation d'iceluy. Je vous ay desja dit cy dessus ce qu'on doit donner ù la illerie. Sur quoy il a esté mande .1 Monsieur Le \a\er d'advancer trois cens livres a chaque compagnie en attendant que Li première demie-monstre parte, qui sera bientOSt et les autres suivront de mois en mois sans y manquer. Quant a l'inlanterie je vous a) desia lais sçavoir le traictement qu'on luyveut fair quoy i' n\\ esté a porté aucun change ment, coin me VOUS lecogn trez mieux par ledit règlement, que s'il y a des officiers d'infanterie qui veulent demeurer a la garnison au delà du nombre porte par iceluy. On trouve bon qu'ils y soient traictés comme les aunes. Je VOUS SUplie très humblement de croire que je suis sincèrement. Monsieur, VOStre très humble et trèsafif"' serviteur.

Il I 1 I 1 1ER.

A l'.iris, OC 6 dteembre i' 47.

M. dé Villequier,

AU MARÉCHAL D'AUMONT i57

Monsieur,

Jugeant que le fonds destiné pour le premier payement des troupes logées dans les places de Testendue de vostre commandement peut estre à présent arrivé à Arras, estant party d'icy il y a plusieurs jours pour y estre voicturé, j'adresse à monsieur Le Vayer Testât de la distribution d'iceluy et une lettre du Roy par laquelle Sa Majesté luy mande, comme elle lait à vous par celle qui sera cy jointe, son intention sur ce subject qui est qu'encores que dans ledit estât il soit employé six prests pour l'infanterie françoise, neantmoins Sa Majesté ne désire pas qu'ils soient tous distribuez à la fois, mais seulement pour le passé à commencer du premier jour du présent mois, et pour l'advenir à raison d'un prest de dix en dix jours ny qu'il s'arreste audit estât pour le nombre d'hommes pour lequel le fondz a esté fait, Sa Majesté entendant que la distribution s'en fasse sur les reveus qui seront faicts les plus exacts qu'il se pourra avec prêtz et effectifs seulement.

Comme les officiers de l'infanterie françoise ne manqueront pas de prétendre que leurs compagnies se seront fortiffiées, soit par le moyen des soldats qu'ils suposeront avoir laissés malades et seront revenus les joindre à la garnison, soit pour en avoir pris de nouveaux ou par quelqu'autre moyen qu'on ne peut pas prévoir, qu'il allégueront neantmoins, on n'entend pas que les prests soyent payés ny le pain fourny qu'au nombre de soldats qui se seront trouvés dans chacune compagnie lors de leur entrée dans la garnison jusques au temps que les recrues puissent arriver.

Quant à la cavallerie, Sa Majesté trouve bon qu'il soit payé à chaque compagnie tout le fonds employé pour chacune d'icelles dans Testât et ce pour donner moyen aux cappitaines de

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commencer a restablir leur compagnie, mais il vous plaira de leur faire entendre que ce n'est que pour cette fois et qu'aux autres payemens ils ne recevront que pour les présens et effectifs seulement. Qu'on ne veut pas qu'ils viennent de tout l'hvver en cette ville. Que dans le mois prochain ils recevront certainement une demi-monstre et au mesme temps le fonds des recrues qui sL-ra porte dan- chaque garnison et, pour les deux autres demies-monstres, qu'elles leur seront distribuées dans le mois de febvrier et mars ensuivant, les asseurant en outre que tout ce que leur est promis par le règlement du quartier d'hvver leur sera effectivement donné.

Sa Majesté mande aussi à M. Le Vayer de faire rabattre sur ce premier payement tant a la cavallerie qu'à l'infanterie tout ce qui a esté advancé depuis qu'ils sont entre/ en garnison, jusques au jour qu'ils toucheront l'argent. Il n'a point este envoyé defond/ pour le régiment de Silhars qui est en garnison à trras, d'autant que tous les cavalliers et la meilleure partie des officiers de ce régiment estans entretenus a Courtray et ce qui est .1 \rras n'estant que des officiers et équipages, il ne seroit pas juste de les payer comme les autres troupes; mais il ;i este mande à celuy qui commande ces csquipagcs devenir icv p traicter du restablissement des compagnie du régiment.

Encores que par lestât que j'ai envoyé audit sieur Le Vayer, il ne soit pas parle de trois compagnies du régiment de Bergère qui ont este depuis peu envoyées à Viras, neantmoins le commis de l'exercice charge de la voicture des autres tri mpes a aussy le fonds contenu en l'ordonnance dont j'envoye le dupplicata audit sieur l Vayer pour lesdi tes compagnies de Bergère, qui doibvent ainsy

que toutes les autres troupes de mesme qualité estre payées detout ce qui est employé pour eux.

J'oubliois à VOUS dire qu'en envoyant dans les garnisons le

tond/ de la deuxième demie-monstre du quartier d'hyver et celuy

des recrues, on y adioustera celuy des pensions desofficiers qui en ont, afin de leur oster tout prétexte de venir par d

1 Cf. Lettre^ du Cardinal àéafarin, t. II.

AU MARÉCHAL D'AUMONT i5g

Pour esvitter les longueurs qui arriveroyent au payement des troupes estant dans vostre commandement si cela se faisoit par un mesme commis, comme elles sont en assez bon nombre et dispersées en ditferens lieux assez esloignés les uns des autres, je mande à monsieur Le Vayer qu'il ne souffre pas qu'un seul commis face ces payements, mais au contraire qu'il se raporte toutes les facilitez possibles pour faire qu'il soyent faitz s'il se peut partout en mesme temps. Je suis, Monsieur, vostre très

humble et très affné serviteur,

Le Tellier.

A Paris, ce xvme décembre 1647.

M. de Villequier.

Monsieur,

La Royne désirant faire retirer des Régiments et Compagnies suisses estans à son service tous les soldats des autres Régiments estrangers qui se sont jettez dans lesdites trouppes suisses, Sa Majesté a jugé nécessaire d'envoyer deux commissaires exprès dans les places du costé de la mer et deux dans celles du costé de la rivière du Lis1 avec des officiers de chacun des Regimens estrangers pour recongnoistre les soldats de leur corps et les y ramener après qu'ils en auront esté tirez par lesdits commissaires, et parce que la Royne a cette affaire grandement à cœur pour la conséquence dont elle est à toutes les troupes, elle m'a commandé de vous convier de tenir exactement la main à ce que son intention, portée par les despesches et l'ordonnance que Sa Majesté a faict expédier à ce subject, soit au plustot et ponctuellement exécutée, donnant s'il vous plaist aux commissaires qui vous rendront cette lettre pour l'exécution de tout ce qui leur a

< La Lys.

i6o LETTRES DU ROI, DK LA REINE, ETC.

esté ordonné toute l'assumée dont ils auront besoin. El comme ils -ont très particulièrement instruits de la volonté de Sa Majesté et ont commandement de prendre vas ordres avant toutes choses je n'adjouMerav rien a cette lettre que pour VOUS supplier très humblement de me croire tousjours. Monsieur, VOfitre très humble et très afl serviteur,

1 1 hXLIER.

A Paris, le iq" décembre 1647.

A M. dt ViU^çuier,

cxwii

Monsieur,

Avant que j'eusse reçeu la lettre qu'il vous a plu m'escrire le dix-neuviesme du courant. M. Le Vayer m 'avant fait sçavoir la difficulté qui estoit entre les habillants et la garnison d'An pour raison de la fourniture du bois, je luy manday qu'il en teist donner aux officiers et soldats de eeluv quia esté imposé sur les villages deppendants de la contribution d'Arras et que. s'il ne suffi soit, il prisl les plus clair-> deniers de la contribution en argent pour en achepter en sorte que celte fourniture ne manqi point à estre faite. Je ne double pas qu'il n'avt à présent reccu ma despesche et qu'il n'y ayl satisfais. Je conviens avec v< Monsieur, que si l'on pouvoil obliger les habit tans a fournir quelque argent aux soldats au lieu de bois, ce serait un ad van: pour ceux-cy, et un soulagement pour la contribution, mais Comme On a tousiours maintenu les premiers dans leurs privi-

-, il faut essayer de continuer. Je n'ay aucune connaissance qu'on veuille obliger les eschevins de Boullongne de venir horsmis le mayeur auquel j'en ayenyoyé l'ordre; pourcelu]

il s'y peut acheminer en toute asseurance slUis avoir besoin d'autre sauf conduit que la lettre qui luy a esté esente de la

part du Roy, quand aux autres, comme ils ne sont pas de mon deppartement mais bien de celuy de M. de La Vrilliere, j'en confereray avec luy et leur rendray volontiers tout le service qu'il me sera possible à vostre considération. J'ay envoyé à M. de Clermont les ordres du Roy pour faire l'imposition de la subsistance et des fourrages de vostre régiment de cavallerie dans le Boulonnois, dont il vous a esté donné avis par une ample despesche de Sa Majesté de laquelle je vous envoyé le dupplicata; elle vous informera si pleinement de cette affaire, qu'il seroit inutil[e] que j'y adjoustasse aucune chose.

M. de La Tour ayant, il y a quelques jours, demandé permission de faire un voyage par deçà, Sa Majesté trouva bon de le luy accorder à condition que son absence ne pourroit prejudicier à la seureté de la place, estimant que comme c'est le lieu ou vous séjournes le plus, il n'y auroit rien à aprehender. Toutesfois si vous eussiez preveu de l'inconvénient au départ de M. de La Tour vous pouviez luy faire congnoistre que, comme vous estes souvent obligé de sortir pour aller visitterles autres places, il estoit bon qu'il différast son voyage, à quoy il se seroit sans doubte accommodé. A présent il n'y a pas lieu de révocquer son congé puisqu'il est en chemin, mais l'on croit que vous donnerez si bon ordre à la garde de cette place qu'il n'en arrivera point de faute.

Je vous assure qu'il n'a esté expédié aucun ordre de Sa Majesté pour faire sortir des Suisses de Saint-Venant, il vous a seulement esté fait une despesche de Sa Majesté pour vous ordonner de faire rejoindre aux compagnies estans dans les places de delà les gens commandez d'icelles qui pouvoyent estre à Saint-Venant, si vous jugiez le pouvoir faire sans intérresser la seureté de la place. Que si sans vostre ordre particulier ils ont pris la liberté de quitter cette place, surtout dans le temps qu'ils estoyent en garde, Sa Majesté désire que vous les fassiez sévèrement punir, cela estant de très grande conséquence.

Je vous asseure aussy, Monsieur, qu'il ne s'est rien fait

i62 LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC.

touchant les troupes estans dans l'estendue de vostre commandement, n'y expédié aucun ordre qu'il ne vous en ayt esté donné advis par lettres expresse-* de Sa Majesté, comme pour le deslogement du régiment de Ronette1, d'Arras et d'Hedin. la despesche de Sa Majesté pour vous ayant esté adressée au commissaire Person. Cela sera ponctuellement observé en tonnes occasions. Le fond du payement de la garnison ordinaire de Bethune a esté envoyé et celuy de la demyc-monstre des troupe-- de canine doibt estre a présent à Doullans comme je vous ay desja escrit. Il vous plaira d'en Faciliter le passage en seureté a Arras et autres places et de me faire la faveur de me croire, Monsieur, vostre très humble et très affn' serviteur,

Le Tbllibr.

A Paris, ce XXHII* décembre 1647.

M. Je Villequier.

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